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Et maintenant, je suis, eh bien, déjà bien avancé dans le siècle suivant, et maintenant je fais un peu d'exercice, mais je n'appelle pas ça du travail. Je n'appelle pas cela du travail. Voyez-vous, c'est du jeu.
Vous voyez comme c'est agréable ? Pourquoi est‑ce que je n'appelle pas exactement ça du travail ? Vous savez ce qu'est le travail. Non, vous ne le savez pas.
Voyez‑vous, le travail, c'est faire quelque chose que vous devez faire. Quand vous faites quelque chose que vous voulez faire, que vous aimez faire, c'est du jeu.
Il y a bien des années, je n'aime pas vous dire exactement combien, mais…
Avez‑vous vu beaucoup de changements au cours de votre vie ?
Oh oui, oui, oui. Nous vivons dans un monde en perpétuel changement.
Les arbres sont exactement les mêmes qu'ils étaient quand j'étais garçon, seulement plus grands. Le soleil se lève à l'est et se couche à l'ouest.
Mais quand j'étais garçon, nous n'avions pas le télégraphe, nous n'avions pas le téléphone, bien sûr, ni l'éclairage électrique, ni toutes ces autres choses qui sont venues nous déranger et nous aider.
Nous déranger ? Oh, eh bien, elles nous aident. Je suppose que c'est bien, mais bon…
Le bon vieux temps, c'était plutôt bien, vraiment. Vous ne croyez pas, les garçons, que vous vivez à la meilleure époque de l'histoire du monde ?
C'est de premier ordre, mais ce n'est pas mieux que ce que nos pères avaient, et je ne crois pas que ce soit beaucoup mieux que ce que nos grands‑pères avaient.
Et maintenant c'est lent. Maintenant le chemin de fer est lent. Lent.
À l'instant, cet après‑midi, en passant par ici, j'ai vu, je suppose, une douzaine d'avions aller et venir sans cesse.
Et d'après vous, combien de temps faudra‑t‑il avant que ça ne devienne lent ?
Tu dois rester sage et aller plus lentement que moi pendant que je déterre ces mauvaises herbes.
Si tu n'arrêtes pas de me parler, de m'embêter et de me pousser à raconter les temps d'autrefois, eh bien, je n'arriverai jamais à enlever ces mauvaises herbes.
Bon, peu importe. Peu importe. Je veux jouer demain. Ce que nous ne faisons pas aujourd'hui, nous pourrons le faire demain.
Oui, oui, c'est Hudson là-bas. Jolie petite ville. Pas beaucoup plus grande maintenant qu'elle ne l'était quand j'étais garçon.
Toutefois, trop de changements sont arrivés dans la petite ville et de ce côté de la rivière.
Eh bien, je me souviens très bien : en regardant par ma fenêtre, je voyais entre dix et vingt, presque jamais moins de dix, de voiliers descendre la rivière.
Maintenant, je n'en vois pas plus d'un tous les trois mois. Très peu de bateaux à vapeur.
Tout le monde allait à New York, et s'ils voulaient y aller à la façon de Duluth, eh bien, ils prenaient un bateau à vapeur.
S'ils voulaient économiser, ils prenaient l'un de nos sloops fluviaux.
Oui, Hudson — Hudson est à peu près le même qu'il était quand la Hudson River Railroad est passée pour la première fois.
On y voit les marques ; oui, un homme y a été tué lors d'un dynamitage, et le cratère de l'explosion est encore là — c'était il y a bien des années.
Conduisez-vous souvent en voiture, M. King ?
Moi, monter souvent en voiture ? Oh non, non, non, pas vraiment. Je suis trop vieux pour obtenir un permis.
Et je n'ai pas appris suffisamment, ni assez vite à conduire, mais je prends la voiture de temps en temps.
Et il y a eu du changement en ce qui concerne les voitures.
Quand j'étais garçon, vers quatorze ans, je n'étais pas en très bonne santé, et mon père m'a emmené à travers les montagnes, précisément les Catskill Mountains.
Nous avons parcouru 50 miles pour aller au pensionnat, un pensionnat à l'ancienne.
J'étais l'un des plus jeunes, mais nous y allions en calèche; le trajet nous prenait toute la journée.
Et quand je voulais rentrer, on revenait dans une diligence à l'ancienne tirée par quatre chevaux, ou six, voire huit, accrochés aux sangles, ballotés et secoués.
J'ai eu toute une expérience à faire ces allers-retours.
Et puis, après 50 ans, j'ai voulu revoir le vieil endroit, mon fils m'y a emmené.
Nous sommes partis de chez nous vers neuf heures; vers dix heures et demie nous y étions et avons rendu visite pendant deux heures,
puis avons pensé rentrer par Kingston, et sommes rentrés bien avant le coucher du soleil.
Voilà la différence entre hier et aujourd'hui.
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