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Le plus grand mensonge que l’humanité se raconte,
c’est que nous avons dépassé le sacrifice humain.
Nous l’appelons maintenant par différents noms, et nous faisons nos offrandes à
différents dieux. Nous offrons de jeunes hommes que nous appelons soldats, comme
si cette désignation faisait que leurs mères pleurent moins quand ils meurent.
Nous appelons des masses d’êtres humains« dommages collatéraux» et nous détournons
le regard des images de leurs corps sans vie en sirotant notre café du matin.
Et la vérité, ce n’est pas que nous le faisons parce que nous sommes sans cœur.
Nous le faisons parce que nous croyons que
c’est nécessaire pour que le monde continue de tourner. Nous le faisons parce
que nous croyons que les dieux dont nous recherchons si désespérément la faveur—
la liberté, la sécurité,
la prospérité,
l’épanouissement— exigent le sang comme prix de leur faveur. Nous le faisons parce
que nous ne pouvons voir aucune autre option.
Et c’est peut- être pour cela que nous lisons l’Akédah, la ligature d’Isaac,
à Roch Hachana.
Parce que l’histoire de l’Akédah ne parle pas d’une obéissance inconcevable.
Quand Abraham se prépare à sacrifier Isaac,
il accepte simplement le même marché de sang que nous acceptons encore aujourd’hui:
que certains doivent mourir pour que le monde puisse prospérer.
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Original transcript (English)
The greatest lie humanity tells itself is that we have outgrown human sacrifice. We call it by different names now, We offer young men we call soldiers, as if the designation means that their mothers cry less when they die. We call masses of humanity "collateral damage," and turn our eyes away from the
pictures of their lifeless bodies as we sip our morning coffee. And the truth is, We do it because we believe that it is necessary for the world to keep running. We do it because we believe that the gods whose favor we so desperately seek— freedom, security,
prosperity, flourishing— that they demand blood as the price of their favor. We do it because we cannot see any other choice. And maybe that's why we read the Akedah, the binding of Isaac, on Rosh Hashanah. Because the story of the Akedah isn't about inconceivable obedience.
Because the story of the Akedah isn't about inconceivable obedience. When Abraham prepares to sacrifice Isaac, he is just accepting the same bargain of blood we still accept today: that some need to die for the world to flourish.