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Voici un bébé supposé quasiment parfait.

Dax, né il y a cinq semaines d'une mère porteuse, est sélectionné pour ses gènes prometteurs.

Les données indiquent pour lui une taille de 1m92 et prédisent un QI de 146,

ce qui est franchement pas mal et une espérance de vie supérieure de près de deux ans à la moyenne.

Cet informaticien et son mari ont choisi, sur différents critères,

celui qu'ils jugeaient comme le meilleur des embryons parmi les 12 fécondés dont les gènes ont été analysés.

Ce qui m'intéressait le plus c'était le critère de l'intelligence honnêtement.

Le truc c'est qu'on veut minimiser le facteur chance dans tout ce process.

Et quand il va grandir, vous allez vérifier que les chiffres correspondent ?

Imaginons qu'il grandisse et que finalement il ne devienne pas un génie.

Est-ce que je vais être un peu déçu ?

Oui, surpris surtout.

Forcément, mais le principal reste qu'il soit heureux, en bonne santé et utilise au mieux ses capacités.

Dans le pays de la démesure, il n'y a pas que les gratte-ciel qui repoussent sans cesse les limites du possible.

Placardés dans le métro new-yorkais, ces publicités géantes,

choisissez votre bébé, le meilleur, le plus intelligent, avec la meilleure santé,

c'est la nouvelle lubie des milliardaires de la Silicon Valley

qui investissent en masse dans des startups d'optimisation génétique

lancées dans une course effrénée au potentiel bébé du futur.

L'une de ces entreprises, Erasite, nous a ouvert ses portes.

Tout se passe dans ce laboratoire en Caroline du Nord.

Tous les embryons sont stockés ici.

Dans ce congélateur, des cellules d'embryons fécondés in vitro.

Ils arrivent comme ça dans ces petits tubes, un embryon par tube.

L'ADN est extrait, puis le génome entier de chaque embryon est séquencé, tout comme celui des parents.

Il nous faut entre 48 et 72 heures pour avoir assez de données pour chaque échantillon.

L'objectif, croiser les informations et établir ce qu'on appelle un score polygénique,

une estimation des prédispositions de chaque foetus à développer tel trait ou telle maladie.

Ce processus, en vue de sélectionner un embryon, est interdit en France.

Les Etats-Unis sont un des rares pays à l'autoriser.

Le directeur du laboratoire justifie ça au nom d'un droit supposé à tout maîtriser.

Le but est d'avoir des enfants en bonne santé, qui ont du succès,

qui ont tous les avantages dans la vie, quel que soit l'avantage.

Cette sélection, est-ce que ce n'est pas un risque ?

Une porte ouverte à beaucoup de choses, dont le génisme.

Il y a toujours un risque que le gouvernement intervienne et prenne le contrôle,

force les gens à faire des choses.

Mais ce n'est absolument pas ce qui se passe ici.

Nos clients sont des individus qui veulent avoir un choix en toute liberté.

Ce couple n'a pas de problème de fertilité.

Ils ont choisi volontairement de faire une five avec leur propre gamète

pour pouvoir sélectionner un bébé robuste, moyennant 25 000 dollars supplémentaires.

C'est désormais l'heure du choix entre 14 embryons ou plutôt entre un pourcentage et un autre.

Sur chaque embryon comme celui-ci, on peut regarder la probabilité de cancer du sein,

de glaucome, de cancer de la prostate.

Celui-là, par exemple, a pas mal de risques d'avoir du diabète de type 1.

Victoria Fritz est diabétique de type 1.

Elle ne veut pas que son enfant ait la même maladie, même si tout ce processus l'a questionné.

Peut-être que mes parents ne m'auraient pas choisi si cette technologie avait existé avant.

Je ne sais pas si j'aurais été retenue.

C'est quelque chose qui m'a fait réfléchir.

On voit les risques de maladie de chaque embryon, mais on doit se rappeler que ce ne sont que des risques.

Et ne pas avoir une santé parfaite n'empêche pas d'avoir une vie épanouissante.

J'en suis la preuve.

Je suis très contente d'être en vie, même si je n'ai pas un bulletin de santé parfait.

Mais tu sais, peut-être que tes parents n'auraient pas eu le choix.

T'aurais peut-être été le meilleur embryon.

Pour beaucoup, l'important, c'est d'avoir un enfant plutôt que pas du tout.

Et ce n'est que le début.

Ces entreprises privées comptent bientôt vendre la sélection de la couleur des yeux ou des cheveux.

Et veulent aller encore plus loin.

Des chercheurs en bioéthique tirent la sonnette d'alarme.

Il y a un terme en bioéthique qu'on appelle en français la pente glissante.

Parce qu'une fois qu'on aura vu la puissance de cette technologie,

il va y avoir des pressions pour passer à la modification de l'ADN.

Et on voit déjà des entreprises qui font des recherches en ce sens.

D'autant plus que pour l'instant,

cette technologie n'a pas encore été totalement validée par la recherche scientifique.

Et puis, les gènes ne font pas tout.

Dax, comme tous les embryons sélectionnés,

aura besoin de bien plus pour devenir un adulte presque parfait.

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