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La crainte qui est là, c'est la crainte d'une pénurie de kérosène à cause de ce qui se passe dans le Détroit d'Ormuz.

Absolument. D'ici trois semaines, s'il n'y a pas de réouverture du Détroit d'Ormuz, ce sera la pénurie systémique pour l'ensemble de l'Europe.

C'est l'avertissement de l'Association des aéroports européens. Et le prix du kérosène, il a plus que doublé depuis le début du conflit.

On est passé de 750 dollars la tonne à 1 900 dollars la tonne, car c'est un carburant totalement détaxé, donc très sensible à la matière première.

On réalise qu'il y a peu de pétrole brut qui vient du Moyen-Orient chez nous, autant 50% du kérosène brûlé en Europe et notamment en France

vient du Moyen-Orient et passe par le Détroit d'Ormuz.

Autre élément inquiétant, l'Italie qui a décidé de rationner certains de ses aéroports. C'est le cas de Milan, de Trévisse, de Bologne ou encore de Venise.

Oui, ça se tend. Il y a un risque de panne sèche qui pleine au-dessus de l'aérien.

Du coup, des conséquences pour les passagers.

Bien sûr, tous les compagnons commençaient à monter les prix.

L'Air France a deux reprises à monter sa surcharge carburant.

Un aller-retour casse-écho long courrier coûte 100 euros de plus, un aller-retour court et moyen courrier coûte 10 euros de plus, un aller-retour vers l'Amérique du Nord coûte 70 euros de plus.

Le kérosène, maintenant, c'est 45% du coût d'exploitation de l'avion. Normalement, c'est 25%, donc la donne a bien changé.

Puis, il y a plein de trajets beaucoup plus longs, donc beaucoup plus chers, parce qu'il faut éviter des zones qui sont impossibles à survoler désormais.

Les espaces aériens sont fermés. Il y a même pas mal de compagnies qui ont préféré annuler des vols plutôt que de perdre de l'argent avec.

C'est le cas de S.A.S., la Scandina, Volotea, l'Espagnole ou encore Vietnam Airlines.

Il y a même des compagnies quasi menacées par cette crise. On pense à Wizz Air, la low-cost hongroise.

Alors, je rappelle, si vous avez un billet acheté avant la guerre, on ne peut pas réajuster le prix à la hausse.

Ça, c'est totalement impossible. Pour l'instant, ce n'est pas dramatique.

Le niveau de réservation à ce jour, avril 2026, n'est que 7% en dessous du niveau de réservation d'avril 2025.

Évidemment, il n'y a aucune réservation pour le Moyen-Orient, vous imaginez.

– Et donc, une nouvelle fois, tout repose sur la réouverture du détroit d'Ormosa.

– Et oui, tout repose, mais pas seulement, parce qu'encore faut-il que le trafic maritime se réorganise, redevienne fluide.

Encore faut-il que les promesses de réouverture rassurent vraiment les armateurs.

La plupart disent aujourd'hui, hop, hop, hop, c'est beaucoup trop tôt, on ne passe pas par Ormosa.

Et puis, quelle sera la capacité des pays du Golfe à produire après crise, après la guerre ?

Les 20 millions de barils qu'on avait avant, est-ce qu'il y a encore la capacité de les produire après les bombardements, les destructions ?

Ce n'est pas évident. Encore une fois, ce que nous vivons là, nous met face à nos réalités.

Notre incroyable dépendance aux énergies fossiles et le déficit criant de raffineries en France, en kérosène et en gazole aussi.

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