Transcript · French → English
Discussion on Privilege and Family Challenges
Well, given the crazy things I hear about myself
since yesterday, I feel I owe you two or
three things. I’m absolutely not here to wallow in
self-pity.
I’m very lucky, I’m very well supported.
Truly, I’m extremely grateful.
Now, I got personal yesterday, and
I understand that
raises questions. So, I feel somewhat obliged to elaborate.
I live with my mother and my three siblings.
I hear a lot about my father.
Clearly, you have more information about him than I do
because he’s no longer
alive and hasn’t been for a few years. We often forget how
difficult it is for
single-parent families, which are by no means an exception.
A quarter of families are single-parent families.
And at eighty, ninety percent, obviously,
they are single
mothers. My mother, as I said, she is an English teacher,
she is overdrawn
every month. From the tenth or twelfth, she is overdrawn.
Once again, this is absolutely not an exception.
This is the case for thirty percent of French people.
My mother does not buy bin bags at Lidl,
she goes to Action because
it is cheaper than Lidl. And that, is one example among many others.
Then, I heard a lot of things about my
studies.
So yes, I went to study in
Manchester.
I am British, I have never lived in England,
so it mattered to me, in
fact, to go and study there.
First of all, I heard stuff about 29
thousand pounds a year, I do not know what.
Since I have citizenship, in my case, it was 9,000 pounds a year,
which is
very expensive, let's be clear. But still, there is a bit of a gap.
Also, it wasn't my mum and dad who paid for my studies.
I took out a loan.
I'm up to my neck in debt.
Not only did I take out a loan for my studies, but also to pay for my
accommodation, because I had to pay my rent.
So, I paid for my accommodation.
As many have pointed out, I worked alongside my studies.
I believe that students absolutely shouldn't
have to
work. But anyway, I gave French lessons.
I absolutely did not make 90 grand or whatever
it was
that some people claimed. I wish, I wish.
No, no, not at all. I started giving lessons,
they were free to attract students.
Then, they went up to ten euros, twelve euros,
twenty euros an hour. Keep in mind, there is the price
listed, but the
platform I'm on takes one hundred percent commission on every
first lesson, then thirty-three percent, and then it goes down depending on the
number of hours of lessons you've given.
Basically, when you work it out, I was making between fifteen and twenty euros
an hour, which
is very good, let's be clear.
This money was used to feed me, first of all, and pay for my
phone plan. Everyday things, really.
Another thing, during school holidays, I
got my BAFA qualification.
I worked at a nursery school as an activity leader.
Honestly, I find it so sad to have to
explain all this.
Then, what else was there? Oh yes, my vacations. Several things.
I was incredibly lucky, I was in a wonderful relationship,
with an incredible family,
and so on, who very often invited me on
vacation.
I have really wonderful memories of it.
Another thing, I have friends all over the world.
It’s great. So, actually, it really doesn’t cost me much.
I deleted photos from my vacations, and so on. It wasn’t out of shame at all.
It’s just that I was receiving disgusting, sexist comments about
my appearance, my body. So, I preferred to delete them.
I want to be very, very clear. I’ve been incredibly lucky.
I'm on a scholarship.
I'm on a level-seven scholarship, for those who know what that means.
So I receive financial aid. I'm Parisian, I'm bilingual.
I grew up in a family with books. I know the right codes.
It's awful to say. That's also why, today,
I'm invited onto
TV panels. Really, I've had an enormous,
absolutely enormous amount of luck and
privilege. Anyway, look into things before you speak.
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Original transcript (French)
Bon, au vu des dinguz que j'entends sur moi depuis hier, je me dois de dire deux trois trucs. Je ne suis absolument pas là pour faire du misérabilisme. Je suis très chanceuse, je suis très bien entourée.
Vraiment, je suis extrêmement reconnaissante. Maintenant, je suis rentrée dans le personnel hier et je comprends que ça interroge. Donc, je me sens un peu obligée de développer. J'habite chez ma mère avec mes trois frères et sœurs.
J'entends beaucoup parler de mon père. Clairement, vous avez plus d'infos que moi à son sujet parce qu'il n'est plus dans la vie depuis quelques années. On oublie souvent à quel point c'est difficile pour
les familles monoparentales qui ne sont en rien une exception. Il y a un quart des familles, ce sont des familles monoparentales. Et à quatre-vingt, quatre-vingt-dix pour cent, évidemment, ce sont des mères seules. Ma mère, comme je l'ai dit, elle est prof d'anglais,
elle est à découvert tous les mois. À partir du dix, douze, elle est à découvert. Encore une fois, c'est absolument pas une exception. C'est le cas pour trente pour cent des Français. Ma mère ne va pas acheter les sacs poubelles chez Lidl,
elle va chez Action parce que c'est moins cher que Lidl. Et ça, c'est un exemple parmi tant d'autres. Ensuite, j'ai entendu beaucoup de choses sur mes études. Donc oui, je suis allée faire mes études à
Manchester. Je suis Britannique, je n'ai jamais vécu en Angleterre, donc je j'y tenais, en fait, d'aller faire mes études là-bas. Déjà, j'ai entendu des trucs sur vingt-neuf
mille livres par an, je sais pas quoi. Vu que j'ai la nationalité, mon cas, c'était neuf mille livres par an, ce qui est très cher, qu'on soit bien clair. Mais bon, il y a quand même un petit gap. Ensuite, c'est pas maman, papa qui me payaient mes études.
J'ai fait un prêt. Je suis endettée jusqu'au cou, là. Non seulement j'ai fait un prêt pour mes études, mais aussi pour payer mon logement, parce qu'il fallait que je paye mon loyer. Du coup, c'est j'ai payé pour mon logement.
Comme beaucoup l'ont souligné, je travaillais en parallèle à mes études. Je considère, moi, que les étudiants ne devraient absolument pas avoir à travailler. Mais bon bref, je donnais des cours de français. Je ne me suis absolument pas fait quatre-vingt-dix mille balles ou je sais
pas quoi, comme certains ont pu le dire. J'aurais kiffé, j'aurais kiffé. Mais non, non, du tout. J'ai commencé à donner mes cours, ils étaient gratuits pour justement récupérer des élèves. Ensuite, ils sont passés à dix euros, douze euros,
vingt euros de l'heure. À savoir qu'il y a le prix qui est affiché, mais la plateforme sur laquelle je suis prend cent pour cent de commission sur chaque premier cours et ensuite trente-trois pour cent et ensuite ça baisse selon le nombre d'heures de cours que tu as donné.
En gros, si on divise, je touchais entre quinze et vingt euros de l'heure, ce qui est très bien, qu'on soit bien clair. Cet argent servait à me nourrir, déjà, et payer mon abonnement téléphonique. Ces choses du quotidien, en fait.
Autre truc, pendant les vacances scolaires, moi, j'ai passé le BAFA. J'ai travaillé dans une école maternelle en tant qu'animatrice. Vraiment, je trouve ça tellement désolant de devoir expliquer tout ça.
Ensuite, qu'est-ce qu'il y avait d'autre ? Ah oui, mes vacances. Plusieurs choses. J'ai eu énormément de chance, j'ai été dans une très belle relation, une famille incroyable, etc, qui m'ont très souvent invitée en vacances.
J'en garde vraiment des super souvenirs. Autre truc, j'ai des amis aux quatre coins du monde. C'est génial. Du coup, en fait, ça me coûte vraiment pas très cher. J'ai supprimé des photos de mes vacances, etc. Ce n'est absolument pas par honte. C'est juste que je recevais des commentaires sexistes, ignobles sur
mon physique, sur mon corps. Du coup, j'ai préféré supprimer. Je vais être très très claire. J'ai énormément de chance. Je suis boursière. Je suis boursière et champ sec pour ceux qui s'y connaissent. Donc, je reçois une aide. Je suis parisienne, je suis bilingue.
J'ai grandi dans une famille avec des livres. J'ai les bons codes. C'est horrible de le dire. C'est aussi pour ça qu'aujourd'hui, je suis invitée sur des plateaux télé. Vraiment, j'ai énormément, mais énormément de chance et
de privilèges. Bref, renseignez-vous avant de parler.