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Nathalie Kosciusko-Morizet, on se souvient aussi de vous incarnant une droite qui était sans aucun compromis avec le Front National à l'époque.
Vous aviez écrit un livre qui s'appelait le Front Anti-National, Rassemblement National aujourd'hui.
Quand vous entendez certains de vos anciens amis, ou peut-être actuels, je ne sais pas, parler d'union des droites,
quand vous lisez Nicolas Sarkozy qui dit « Moi Jordan Bardala, il me rappelle le RPR de Jacques Chirac ».
Est-ce que vous reconnaissez la droite qui était la vôtre ? Est-ce que c'est encore votre droite ?
Alors moi je n'ai pas changé d'avis, et je vais vous dire, j'ai une raison qui s'est rajoutée à tout celle que j'avais,
c'est que concrètement, je trouve que le Rassemblement National vient d'ailleurs,
ce n'est pas la continuité de la droite, ce n'est pas la droite en plus dure, ça a des origines différentes,
et il nous emmènerait ailleurs, c'est une destination historique différente.
Il nous emmènerait où ?
Mais alors, parlons-en. Je pense que c'est encore plus grave, ce serait encore plus grave dans le monde dans lequel on est,
parce qu'on est dans un monde dans lequel les empires sont en train de se constituer, les empires sont des hiérarchies de dépendance,
il se passe des choses au marge des empires, ce sont des sphères d'influence successives,
ces empires se constituent autour des Etats-Unis de Trump, autour de la Russie de Poutine, autour de la Chine de Xi Jinping,
et nous, on essaye de nous faire croire que le monde est dur, et parce que le monde est dur, il faudrait lui ressembler.
Mais vous savez quoi ? Dans un monde de force brute, les suiveurs et les imitateurs,
qui sont ce que voudrait le RN, voudrait faire de nous, parce qu'ils nous mettraient à la traîne de Trump et de Poutine,
les suiveurs et les imitateurs, on ne les respecte pas, on les broie.
Vous avez conscience que le discours que vous tenez là n'a pas été discriminé ?
Quand on regarde dans les sondages que Jordan Bardella ou Marine Le Pen traînent largement devant les autres,
visiblement, ce discours-là, il n'est pas tout à fait entendu.
Je ne vais pas en changer pour autant, je vais essayer de le faire entendre.
Et je pense, comprenez-moi bien, je pense qu'ils peuvent s'entendre.
Moi, je vous le disais, on essaie de nous faire croire que la force est d'un côté, tout le monde a envie d'être fort,
on n'a pas envie d'être faible dans le monde tel qu'il est aujourd'hui.
Mais se mettre à la remorque d'être plus fort, je vous le dis, ça n'est pas se faire respecter.
Aujourd'hui, notre souveraineté, elle passe par l'Europe.
Et d'ailleurs, toutes les extrêmes droites en Europe, elles aboutissent à la même chose,
elles aboutissent à l'affaiblissement de l'Europe.
Ce sont des boulets au pied de l'Europe, ce n'est pas par hasard que ce sont les candidats de Trump et de Poutine,
parce que ce sont les candidats de Trump et de Poutine, les extrêmes droites.
Ils sont associés avec Orban dont les Anglois viennent juste de se débarrasser.
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