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As-salamu alaykum, des étudiants de Harvard aux jeunes de la Dahiyya,

aux filles de Nabatiyeh et aux habitants de Tyr.

Woo !

Woo !

Woo !

Aujourd'hui, je reçois mon diplôme de médecin de la Harvard Medical School,

en grande partie parce que ma famille s'est sacrifiée

pour que cette possibilité me paraisse toujours imaginable.

Mais je sais aussi que cette vie a été

façonnée par les circonstances, les frontières, le timing et la chance.

Le genre de circonstances qui ont fait que je me trouvais ici en classe

pendant qu'un missile américain rasait notre maison à Arab Salim,

le village dont ma mère est originaire.

Une chance.

Malchanceux, et contrairement à moi, il y a des étudiants en médecine

au Liban et en Palestine qui osent eux aussi

imaginer un avenir dans la médecine, sauf qu'ils

sont contraints d'étudier sous le bourdonnement nauséabond des drones

au-dessus de leurs têtes.

Ils apprennent par cœur la même anatomie, perdent le sommeil pour les mêmes examens,

sauf que leurs salles de classe s'effondrent autour d'eux

et que les hôpitaux où ils se formaient autrefois sont désormais des décombres.

La seule différence entre nous, c'est la nature arbitraire

de la chance et des circonstances.

Ma présence ici ce soir n'est pas seulement une réussite,

c'est une preuve.

La preuve de ce qui survit à la frontière, à la bombe,

et à l'exil.

Ce qui devient possible quand des personnes que le monde a essayé

d'effacer sont autorisées à vivre.

Woo !

Woo !

Woo !

Woo !

Woo !

Woo !

Woo !

Woo !

Woo !

Nous ne sommes pas des abstractions.

Nous vivons parmi vous et étudions à vos côtés.

Nous devenons vos camarades de classe, vos collègues, vos médecins.

Ces dernières années ont mis à nu les plus profondes

contradictions.

Dans les salles de classe mêmes où nous avons appris

à reconnaître la déshumanisation comme un danger pour la médecine,

on nous a dit de garder le silence alors que Gaza se déroulait sous nos yeux.

Financés par l'argent de nos propres impôts, soutenus matériellement

par la dotation même de cette université,

et justifiés idéologiquement par ceux qui nous ont appris à faire mieux.

Nous avons discuté de l'équité en santé et des déterminants sociaux

de la santé, pour apprendre rapidement que ces principes

disparaissent lorsque les vies en question

deviennent politiquement gênantes.

Et pourtant, au milieu de cette désillusion,

nous avons vu quelque chose d'encore plus puissant,

un mouvement d'étudiants refusant de troquer

leur conscience contre le confort.

Alors, permettez-moi de faire de même à présent.

Alors que nous prêtons serment en tant que futurs médecins dévoués

à la protection de toute vie humaine,

restons vigilants quant à la manière dont nous pourrions hériter

de ces contradictions, ou de toutes les nouvelles exceptions

que demain nous demandera de faire.

Restons inébranlables dans notre engagement à lutter farouchement

pour ceux qui ne peuvent pas être dans la pièce avec nous,

non pas parce qu'ils le méritent moins,

mais parce que nous sommes nés du bon côté

d'une ligne imaginaire, et pas eux.

Ne sous-estimons jamais le pouvoir que nous portons,

non seulement en tant que médecins, mais en tant qu'êtres humains capables

de changer une conversation, une communauté,

et le cours d'une vie.

L'imam Ali a dit un jour :

tu penses être une entité insignifiante,

mais en toi est enveloppé l'univers tout entier.

Si chacun de nous porte un univers,

alors aucune vie n'est séparée d'une autre.

Nous sommes liés les uns aux autres de manière plus profonde que ce que nous pouvons voir.

Et c'est peut-être là la plus haute vocation de la médecine,

de soigner chaque vie devant nous

comme étant déjà connectée à la nôtre.

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Original transcript (English)

As-salamu alaykum, min tullab Harvard ila shabab al-dahiyya, abnaat nabatiya, wa ahl al-sur. Woo! Woo! Woo!

Today, I graduate as a doctor from Harvard Medical School, largely because my family sacrificed so that the possibility always felt imaginable to me. But I also know that this life was shaped by circumstance, by borders, timing, and luck.

The kind of circumstance that found me here in class while a US missile flattened our home in Arab Salim, the village where my mom hails from. Lucky. Unlucky, and unlike me, there are medical students

in Lebanon and in Palestine who also dare to imagine a future in medicine, except they are forced to study beneath the nauseating hum of drones overhead. They memorize the same anatomy, lose sleep over the same exams,

except their classrooms collapse around them and the hospitals they once trained in are now rubble. The only difference between us, the arbitrary nature of luck and circumstance. My standing here tonight is not only an achievement,

it is evidence. Evidence of what survives the border, the bomb, and the exile. What becomes possible when people the world has tried to erase are allowed to live.

Woo! Woo! Woo! Woo! Woo!

Woo! Woo! Woo! Woo! We are not abstractions.

We live among you and study beside you. We become your classmates, your colleagues, your doctors. The past few years have laid bare the most profound contradictions. In the very classrooms where we learned

to recognize dehumanization as a danger to medicine, we were told to stay silent as Gaza unfolded before us. Funded by our own tax dollars, materially supported by this university's own endowment, and ideologically justified by those who taught us better.

We discussed health equity and the social determinants of health only to learn quickly that those principles disappear when the lives in question become politically inconvenient. And yet, amidst that disillusionment,

we saw something even more powerful, a movement of students refusing to trade their conscience for comfort. And so let me do the same now. As we make our oath as future doctors devoted

to the protection of all human life, let us remain vigilant about how we might inherit these contradictions, or whatever new exceptions tomorrow ask us to make. Let us stay steadfast in our commitment to fight fiercely

for those who cannot be in the room with us, not because they deserve it any less, but because we were born on the right side of an imaginary line, and they were not. Let us never underestimate the power we carry,

not only as doctors, but as human beings capable of altering a conversation, a community, and the course of a life. Imam Ali once said, you presume you are a small entity,

but within you is enfolded the entire universe. If each of us carries a universe, then no life is separate from another. We are bound to each other in ways deeper than we can see. And perhaps that is the highest calling of medicine,

to treat every life before us as already connected to our own.

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