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Version compagnie, 35e titre ce week-end. Alors plein de gens ont posé la question, mais c'est quoi ce perroquet, ce cacatoès, là ?
Ce trophée en marbre, ces statues en marbre, qui baladent tous sur le terrain.
Il avait déjà fait l'an dernier, mon cher Paulo, d'ailleurs, ça c'est l'année dernière.
— Ouais, mais c'est aussi Goretzka qui a un petit peu lancé un peu la mode là-bas, et j'ai oublié son nom, là, j'aurais dû le noter.
Ah ! Il a un nom... — Le nom du cacatoès, là ?
— Ouais, du cacatoès, oui. J'ai oublié, ça va revenir.
— Il le trouvait dans un restaurant, c'est ça ? Il l'a acheté, c'est ça ?
— C'est exactement ça, et c'est un peu devenu la mascotte du club, et bon, il n'y a pas que les personnes qui sont heureuses avec ça.
— Ah bon ? D'accord.
— Bah si on s'occupe bien de lui, ça va, c'est... Et puis l'histoire de la Bavière, quand même, c'est le lion, c'est catholique, c'est pas pareil.
Ça, c'était pas le cacatoès, mais bon, voilà, c'est ce qu'il fait régulièrement.
— Bon. Paulo, je te pose une question. La saison est-elle déjà réussie, quoi qu'il arrive ? Voilà. Allons-y comme ça.
— C'est dingue, cette question, parce que c'est une question qu'on pose en Allemagne, est-ce que la saison du FC Bayern est réussie ?
Je voudrais qu'on m'explique si, lorsque tu gagnes un championnat, lorsque tu es en demi-finale de Ligue des champions et que tu es en demi-finale d'une coupe nationale,
si on te dit que tu n'as pas réussi ta saison, quel club en Europe peut se permettre de dire « j'ai réussi ma saison » ?
C'est-à-dire qu'en fait, c'est un faux débat. Je sais pas si on se rend compte de ce que ça signifie aujourd'hui dans le foot moderne de dire « j'ai réussi ma saison ».
Parce que si le Real, si le Barça, si Manchester City, si Paris, si... En Italie, non. Si tu ne fais pas le triplé en gros européen, ça signifie que t'as raté ta saison.
Je sais pas. Enfin moi, c'est un peu ça qui me perturbe là-dedans. Et en Allemagne, on pose beaucoup cette question.
Maintenant, au-delà de ça, parce que je pense qu'évidemment, le Bayern a déjà réussi sa saison en remportant en titre national, en étant en demi-finale de Ligue des champions
et en étant en demi-finale de Coupe d'Allemagne, c'est évident que le Bayern a réussi sa finale.
Par contre, on a le droit de rêver encore d'un triplé, ça c'est autre chose, c'est un autre débat.
Mais évidemment que le Bayern a réussi sa saison. Par contre, là où moi je freine un petit peu des quatre fers lorsque j'entends ce qu'on dit en Allemagne sur le Bayern Munich,
il faut replacer ce Bayern Munich de Vincent Kompany à l'aune de l'historiographie et de l'histoire du FC Bayern.
Certains en Allemagne commencent à dire que c'est le plus grand Bayern qu'on ait vu, notamment parce qu'ils ont écrasé complètement le record de 1972 sur le nombre de buts marqués.
Ils sont à 109 là.
Mais c'est surtout la différence qui est intéressante, c'est plus 80. Donc c'est extraordinaire d'avoir une différence de but de plus 80.
Mais ça signifie non pas que tu as une attaque formidable, c'est que tu as surtout un équilibre entre la défense et l'attaque qui fonctionne.
C'est la grande réussite de Vincent Kompany, parce qu'il n'a pris que 25 buts en Bundesliga en 30 journées.
Si tu marques 4 buts par match et que tu en prends 3 à chaque fois, tu ne vas pas avoir le même résultat à la fin.
Et ça pour moi c'est la grande réussite de Vincent Kompany.
Maintenant, on ne va pas parler de ce qui s'est passé dans les années 70, mais comparer ce Bayern de Vincent Kompany avec celui de 2012-2013 de YouPunkers,
donc il y a juste 10-15 ans, je suis désolé, celui de 2013, il roule sur ce Bayern là.
Donc il va falloir aussi remettre les choses à leur juste place.
Et la grande réussite de Vincent Kompany, ce n'est pas d'avoir gagné ce titre avec ce style de jeu offensif, etc.
C'est que ça a été aussi un titre affectif pour l'ensemble du public et pas que le public babarois.
C'est-à-dire qu'il y a une expression en Allemagne qui date de 2001.
Alors 2001, si ma mémoire ne me fait pas défaut, avant ils n'en ont jamais parlé, c'était ce qu'on appelle le champion des cœurs.
C'est-à-dire que c'est une équipe qui n'a pas gagné le championnat, mais qui va rester dans une saison importante,
parce qu'on pensait qu'ils auraient dû être champions et qu'ils méritaient d'être champions.
2001, c'est l'année où le Bayern l'emporte lors des arrêts de jeu, lors de la dernière journée de Bundesliga,
alors que Schalke, qui n'a jamais été champion de Bundesliga, commençait à faire la fête parce que le match était fini.
Et lors des arrêts de jeu, dans un coup franc, le Bayern égalise à Hambourg alors qu'ils étaient deuxième.
Et donc c'est finalement eux qui... Il y a le... Comment ça s'appelle ? Le speech, c'est ce qu'on dit ça en français.
Le speecher, tu vois.
Qui disait à Schalke qu'ils étaient champions, quoi. C'est un truc de fou.
Et le Bayern, finalement, le match n'était pas fini et le Bayern l'emporte 2-1. Ils égalisent 1-2.
Et donc, ce qui est important en Allemagne, c'est qu'au-delà du titre et de la manière,
c'est que cette équipe du Bayern dégage quelque chose.
Ce n'est pas qu'une machine.
C'est qu'on sent qu'il y a aussi... Excusez-moi d'enfoncer des portes ouvertes.
Ce sont un peu des humains qui ont tous eu des problèmes.
Gnabry, qui rit de ne pas faire la Coupe du Monde.
Moussiala, qui revient. Un Bayern en début de saison, on ne sait pas trop ce que ça va donner, etc.
Un Bayern qui revient, qui ne lâche pas contre le Real Madrid, etc.
Alors après, évidemment, on peut être comme Vincent Compagny ou comme moi.
Je ne suis pas content de la prestation du Bayern contre le Real.
Mais il y a cette histoire de malédiction, blablabla, etc.
Et ils sont passés, finalement. Et ça a toujours été ça.
C'est-à-dire que Vincent Compagny, dans sa communication, a réussi à faire aimer cette équipe.
Qui pariait sur Goretzka ? Qui pariait sur Gnabry ?
Qui pariait même sur un Kimmich qui était au milieu de terrain ?
Qui pariait sur un Manuel Neuer en fin de carrière ?
Qui pariait sur un Luis Diaz à ces hauteurs-là en termes statistiques, par exemple ?
Exactement. Qui pouvait imaginer qu'Olizé soit stable par rapport à l'année dernière ?
Qui pouvait penser que... Regardez, Harry Kane, il ne va sûrement pas battre maintenant
parce qu'il est sur le banc lors des matchs de championnat,
ne battra pas le record de Lewandowski de but marqué,
sauf trois buts par match lors des quatre prochaines journées.
Mais qui pensait que ça ne ferait pas de vagues ?
Et ça, en fait, ce qui est très important dans cette équipe,
c'est qu'il y a un côté, on s'est battu pour arriver à ça.
On est tous derrière le coach.
Ça avance. Et ça, ça a énormément plu en Allemagne.
Et c'est pour ça qu'on dit que le Bayern n'est pas que le champion.
C'est aussi le champion des cœurs, ce qui est assez rare.
Parce qu'en général, ce titre est un petit peu donné au club
qui méritait de l'emporter et qui ne l'a pas emporté.
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