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Film Festival Reactions and Controversies
Alors, la première de Gaza au Festival de Venise a battu, d’après les informations du moins, un record
du nombre de minutes pendant lesquelles le public a applaudi les réalisateurs debout.
Vous avez eu droit à vingt-cinq minutes d’applaudissements debout. Vous avez été surpris ?
C’était assez surprenant. J’avais entendu dire qu’il y avait cette tradition d’applaudissements
prolongés
au festival.
C’était gênant. Euh, on ne savait pas vraiment comment réagir,
euh, mais je pense que ça a suscité de l’attention, de l’attention
et de l’intérêt pour le film lui-même, alors ça a aussi, euh, aussi, aussi, aussi des avantages.
Bon, parlons du film lui-même. Comme je l’ai dit, Témoignages masqués.
C’est-à-dire que, nous n’avons pas l’identité de ces vingt-quatre personnes
du renseignement militaire, et je dois
vous dire qu’en tant que journaliste, je ne pense pas que je diffuserais ça, parce que vous n’apportez aucune
preuve à l’appui pour les choses très, très graves qu’ils racontent.
Nous n’avons ni leurs noms ni leurs unités, pour savoir s’ils ont vraiment été exposés
aux informations dont ils parlent. Nous n’avons ni les dates des événements ni les lieux,
ni qui a été touché.
En fait, nous n'avons rien pour réfuter ou confirmer le témoignage
difficile.
Je suis un peu surpris par ce que tu dis, Raviv. Je pense à plusieurs choses.
D'abord,
les entretiens eux-mêmes étaient plus spécifiques.
Euh, évidemment, quand tu vois comment on nous attaque, tu peux comprendre pourquoi.
Pour protéger les sources, il faut parfois ne pas entrer dans ce niveau de détail.
Il faut préciser que c'est un film du Guardian.
Nous l'avons fait en collaboration avec un grand média, avec une équipe de rédacteurs qui avaient
aussi accès aux rushes. L'identité des personnes qui y figurent a été vérifiée,
ainsi que les cas dont elles parlent.
Dernière chose, écoute, tu as dit que tu ne diffuserais pas ça.
Moi, moi, moi, je pense qu'une question doit aussi t'être posée,
à toi, et tu sais combien je t'estime comme journaliste,
et ce n'est surtout pas pour
te blesser, ni pour blesser d'autres journalistes d'investigation en Israël, ni
Uvda et Kan 11.
Pourquoi ne l'avez-vous pas diffusé pendant trois ans,
Euh, dans les émissions d'investigation, pas même un sujet, si je ne me trompe,
qui traite de la politique de tir de l'armée à Gaza, de la politique des dommages collatéraux,
qui enquête en profondeur sur les atteintes à la vie de Palestiniens innocents
dans la bande de Gaza. Tu dis que ce n'était pas assez complexe, ce n'était pas…
D'accord, alors pourquoi n'as-tu pas diffusé quelque chose de complexe toi-même ?
Tu es un journaliste bien mieux introduit que moi, probablement. Tu as aussi parlé de l'âge, justement.
Tu es plus âgé que moi. On te laisse entrer dans le bunker de l'armée de l'air.
Moi, on ne m'y laissera probablement pas entrer.
Je, je, je demande vraiment pourquoi.
Je vais te dire, parce que je ne suis jamais arrivé à un cas concret
sur lequel je me sentais pleinement à l'aise de faire un reportage. J'ai souvent reçu des témoignages de soldats quand je venais
les examiner, ou je n'arrivais tout simplement pas à vérifier ou à réfuter des témoignages
terribles de
soldats, ou parfois, il s'avère qu'ils n'étaient pas tout à fait exacts
dans ce qu'ils disaient.
Je, je pense que ce n'est pas… c'est, c'est, c'est aussi une question
de, de, de, de volonté, après tout. Je veux dire, je, je peux te dire…
Que beaucoup de soldats à qui j'ai parlé, euh, m'ont dit qu'ils attendaient,
Nous attendions vraiment une occasion de parler de ça.
Nous attendions qu'un journaliste, euh, vienne nous voir et nous parle
de ces sujets. Et ça— j'entends ce que tu dis. Ce n'est vraiment pas simple.
Je pense que ce n'est pas une excuse pour ne pas aborder ce sujet en profondeur
pendant trois ans, alors que 20 000 enfants sont morts à Gaza,
alors que cet endroit
a été complètement détruit.
Mais quand tu dis que vous avez réussi à vérifier, il y a des soldats qui disent avoir tué
des centaines de personnes non impliquées dans des bombardements, peut-être même des milliers.
Comment peux-tu vérifier une telle chose ? Après tout, il ne te donne pas une rangée d'immeubles ni des cibles.
Oui.
Oui, le mot « milliers » n'y est pas, mais il y a bien des autorisations de dommages collatéraux,
ce qu'on appelle Naza,
par centaines. C'est-à-dire, il y a— nous avons déjà publié
sur des frappes précises, pas seulement nous, le New York Times aussi, avec des détails concrets,
Ibrahim Biari, avec Al-Nofal, euh, une frappe précise contre Ahmad Antor
qui n’a pas réussi, Muqdad al-Jarawi, Sam Farhat, et ainsi de suite, parce que
une autorisation de dommages collatéraux de centaines avait été accordée. Nous avions un soldat qui décrivait vraiment comment,
comment, lors de centaines de frappes de ce type sur des centaines de maisons, il écoutait vraiment
à l’intérieur des maisons et entendait des bébés pleurer, des familles parler,
puis ils bombardaient la maison, tuaient tout le monde et les comptaient comme dommages collatéraux.
Or, dans le passé, cette chose…
Comment l’as-tu vérifié, Yuval, ce cas-là, par exemple, comment l’as-tu vérifié ?
Je n’ai pas vérifié les centaines de cas qu’il a décrits, mais nous avons assurément eu plusieurs cas qu’il
a décrits avec des noms, lorsqu’il se souvenait du nom de l’agent
impliqué. Assurément.
Tu avances, par exemple, comme méthode, une méthode de Tsahal consistant à frapper les agents du Hamas chez eux
la nuit parce que cela nous arrange, parce que c’est facile, parce qu’ils rentrent dormir, et puis quelqu’un
soulève l’idée que c’est peut-être un bouclier humain, et tu rejettes l’idée
que le Hamas les utilisait comme boucliers humains. Au vu de ce que nous savons qui s’est passé à Gaza,
les quartiers généraux du Hamas dans des hôpitaux, des écoles, peut-on vraiment exclure l’utilisation de
Le Hamas utilise la population civile comme bouclier humain ?
Ce n’est pas tout à fait exact. La personne dit dans le film que le Hamas utilise
des boucliers humains, mais que la pratique consistant à attaquer des gens
chez eux, euh, euh, l-la nuit, quand ils sont avec leur famille,
ce n’est pas parce qu’ils utilisent leur famille comme bouclier.
C’est-à-dire qu’ils ne, ils ne mènent pas d’activité militaire depuis chez eux.
Ils rentrent simplement y dormir et ils le font parce que c’est facile pour nous.
Or, le point important ici, c’est qu’on tue avec eux tous ceux qui sont dans l’immeuble, des familles
entières. Il y a 2 900 familles à Gaza qui ont été effacées
complètement, comme trois
générations, le grand-père, la grand-mère, les enfants et les petits-enfants,
et personne ne parle de ça. Des gens dans le film décrivent cette méthode.
Des gens qui ont conçu cette méthode, q-q-qui, ils faisaient corps avec
le système et, à mes yeux, il est important de soumettre cela au débat public.
Un soldat dit dans le film : « J’ai vraiment aimé, c’était vraiment amusant, j’ai vraiment aimé
Un soldat dit dans le film : « J’ai vraiment aimé, c’était vraiment amusant, j’ai vraiment aimé
le travail », et cela est perçu dans son contexte. J’ai aussi entendu les murmures du public
À côté de moi lors de la projection, comme s'il aimait vraiment tuer des Gazaouis innocents
Mais j'ai compris ses propos, et tu étais dans le placard entier auquel il fait référence,
J'aimais mon travail, qui consistait à éliminer des membres du Hamas.
C'est ce que je pensais faire. Pas tuer des Gazaouis innocents.
Alors, d'abord, comme je l'ai dit au Guardian, euh, leur équipe éditoriale
avait accès aux images brutes. Ils n'auraient pas diffusé ces images, euh, euh,
Euh,
autrement. Cet officier de l'armée qui dit avoir participé à la mort
de milliers d'êtres
humains,
euh, il dit que, sur le moment, il était concentré
sur la mission et que réussir la mission était agréable, et il n'a même pas
pensé,
selon ses dires, aux centaines de personnes qui se trouvaient dans l'immeuble qu'il bombardait.
Il y a une chose, Yuval, qui, à ma connaissance, est tout simplement fausse.
L'un des soldats affirme, et te fait même un schéma et une équation
mathématique. L'armée israélienne est allée dans les quartiers où il avait été annoncé qu'ils devaient
être évacués,
et bien qu'on estime que 25 % des habitants étaient restés chez eux
Dans le quartier, ils bombardent leurs immeubles sans le moindre indice d’un militant du Hamas
Le plus subalterne, parce qu’ils étaient censés évacuer les lieux.
Et puis il calcule qu’on a tué ainsi des centaines de personnes en bombardant des immeubles où il n’y avait pas
le moindre indice de militant du Hamas. À ma connaissance, c’est tout simplement faux.
À ma connaissance, c’est vrai. Je veux dire, ce témoignage est corroboré, euh,
par une autre personne. Elle aussi,
Euh, c-cette chose apparaît dans—
un article du Washington Post. Je peux te l’envoyer avec encore plus de sources
qui décrivent,
D-décrivent une pratique similaire. Euh, nous avons aussi un cas spécifique
dans ce contexte, dont nous avons connaissance.
Le film sera-t-il projeté en Israël ?
Je, je— c-c-c'est l'objectif. Nous le voulons vraiment.
Nous ferons tout pour qu'il soit diffusé le plus largement possible en Israël.
Pour moi, si, je veux dire, vraiment, euh, euh, nous réfléchissons actuellement
à la manière de le faire, mais pour moi, l'essentiel, c'est qu'il, qu'il arrive
en Israël. Ça aussi, nous le ferons vite. Ça ne prendra pas beaucoup de temps.
Moi, moi, c'est, c'est crucial à mes yeux.
Le film fait parfois des pauses et insère des déclarations de Netanyahou, Tel
Aviv, ils mangent dans un restaurant. Pourquoi n'as-tu pas inclus, par exemple, les vidéos des otages en captivité ?
Elles ont été un facteur très important, j'en suis sûr, aussi dans la réflexion de ces gens
du renseignement qui témoignent devant toi, qui disent : « Nos frères subissent maintenant des tortures en captivité
du Hamas. »
Il apparaît très clairement que le film traite
et présente la nature du 7 octobre, et c'est là.
Et il— présente des reportages sur le 7 octobre et sur les otages.
C'est très peu, Yuval, comparé à ce que… C'est très peu.
E-et c'est, c'est, c'est là. Encore une fois, Aviv, si— alors, alors fais un film,
enfin, tu peux aussi faire ton propre film et aborder cela
davantage.
Le fond du problème, c'est qu'il y a vingt-quatre soldats qui témoignent de
faits très graves. Ne pas écouter les soldats qui décrivent comment ils
détruisent systématiquement des quartiers et les dévastent,
et tirent sur tout Palestinien qui tente de revenir et le tuent, ce sont des choses importantes, enfin.
Ça ne peut pas continuer ainsi.
Ces soldats ont-ils vu le film avant sa diffusion ?
Euh, ces soldats n'ont pas vu le film entier avant de
parler. Il n'y avait pas de condition, euh, de ce type, euh,
qu'ils voient tout le film avant de parler. Non.
As-tu reçu des réactions de leur part après ? Aucun d'entre eux ne veut revenir
sur ses propos ?
Euh, écoute, je préfère ne pas parler de la question de savoir si
je suis en contact avec des sources ou non, étant donné qu'il y a
bien sûr une tentative ici, euh,
de, de, tu sais, hauts responsables tentant de nous attaquer,
d'attaquer les sources.
Je pense aussi qu'au final, nous devrions être des journalistes, Aviv.
Tu n'es peut-être pas entièrement d'accord avec tout dans le film.
Tu n'as pas aimé le cadrage, mais tu as dit que ça avait été difficile à regarder.
Nous sommes journalistes et j'attends de la solidarité de la part d'autres journalistes, même si
tu n'es pas d'accord avec tout. De la solidarité. Maintenant, ils nous attaquent, ils attaquent les sources,
comme si
J'ai, enfin, euh, euh, euh, c'est aussi quelque chose qu'il faut dire.
N’y avait-il pas lieu, Yuval, de comparer avec des armées étrangères et la manière dont elles
ont fait face à
une organisation terroriste au cœur d’une population civile ?
Peut-être que ça aurait pu être pertinent. Encore une fois, fais— quand tu feras un film sur les crimes de guerre à Gaza
que tu n’as pas fait depuis trois ans, tu pourras faire cette comparaison.
Désolé de réagir comme ça, c’est juste que, disons, il y a peut-être une marge
d’amélioration, selon toi, alors moi, je t’invite à le faire.
As-tu peur maintenant, avec toutes les mesures qu’on veut prendre contre vous, de ne pas pouvoir rentrer au pays ?
Oui, bien sûr que— enfin, é-évidemment. C’est, c’est…
Hier, j’ai supprimé les— enfin, les applis, les réseaux sociaux,
parce que tu es tout le temps…
tu regardes et tu vois qu’ils mettent des photos de toi, puis des photos de ta mère, puis, enfin,
qu-quand— c’est une sorte d’attaque avec ça, évidemment que c’est dur, enfin,
Et ce pays, c’est le, c’est chez moi, c’est l’endroit où je veux vivre,
qui est— un endroit qui compte tant pour moi, alors évidemment que j’ai peur de ne pas pouvoir revenir.
Genre, qu'est-ce que je vais faire ici, genre à l-l-l'étranger ? C'est évident.
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Original transcript (Hebrew)
אז הבכורה של נאזה בפסטיבל ונציה נשבר לפי הדיווחים לפחות, שיא הדקות שאנשים עשו standing ovation ליוצרים. עשרים וחמש דקות עמדו לרשותכם. הופתעתם? זה היה די מפתיע. אני שמעתי שיש את המנהג הזה של מחיאות כפיים ארוכות
בפסטיבל. זה היה מביך. אמ, לא בדיוק יודעיין איך להגיב, אמ, אבל, אה, אני חושב שזה עורר תשומת לב, תשומת לב ועניין לסרט עצמו, אז יש לזה גם, אה, גם, גם, גם יתרונות. טוב, בוא נדבר על הסרט עצמו. כאמור, עדויות מוצללות.
זאת אומרת, אין לנו זהות של אותם עשרים וארבעה אנשים מחיל המודיעין, ואני חייב להגיד לך שכעיתונאי אני לא חושב שהייתי משדר את זה, כי אתה לא מביא שום ראיה תומכת לדברים המאוד, מאוד קשים שהם מספרים. אין לנו את השמות שלהם, את היחידות שלהם, לדעת שהם באמת היו חשופים
למידע שהם מדברים עליו. אין לנו תאריכים של אירועים, מקומות, מי נפגע. אין לנו בעצם שום דבר להיאחז בו כדי להפריך או לאשר את העדות הקשה. אני קצת מופתע ממה שאתה אומר, רביב. אני חושב כמה דברים.
אחד קודם כל, בריאיונות עצמם הייתה מידה רבה יותר של ספציפיות. אמ, כמובן, כמו שאתה רואה איך תוקפים אותנו, אתה יכול להבין למה. להגנת מקורות יש צורך לפעמים לא לרדת לקונקרטיזציה הזאת. צריך להגיד, זה סרט שהוא סרט של הגרדיאן.
עשינו אותו בשיתוף פעולה עם גוף תקשורת מוביל, עם צוות של עורכים שהייתה להם גישה גם לחומרי הגלם. הזהויות של האנשים בו עומתו, המקרים שהם מדברים עליו, עליהם עומתו. ודבר אחרון, תראה, אמרת שלא היית משדר את זה. אני, אני, אני חושב ששאלה שצריכה להישאל גם, גם
אליך, ואתה יודע כמה אני מעריך אותך בתור עיתונאי וזה לא חלילה כדי לפגוע וגם לעיתונאים חוקרים אחרים בישראל, גם ל-לעובדה וגם לכאן אחת עשרה. למה לא שידרתם שלוש שנים,
אה, בתוכניות התחקירים אפילו לא אייטם אחד, אם אני לא טועה, שעוסק במדיניות האש של הצבא בעזה, שעוסק במדיניות הנזק האגבי, שחוקר לעומק את הפגיעה בחיים של פלסטינים חפים מפשע ברצועה. אתה אומר זה לא היה מספיק מורכב, זה לא היה. אוקיי, אז למה לא שידרת משהו מורכב משל עצמך?
אתה עיתונאי הרבה יותר מקושר כנראה ממני. אתה גם בדיוק דיברנו על הגיל. אתה גם מבוגר ממני בגיל. אותך מכניסים לבור של חיל האוויר. אותי כנראה לא יכניסו. אני, אני, אני באמת שואל למה לא? אני אגיד לך, כי אף פעם לא הגעתי לקונקרטיזציה של המקרה
שהרגשתי שלם לדווח עליו. אני לא פעם קיבלתי עדויות של חיילים כשבאתי לבדוק אותם, או שפשוט לא הצלחתי לאמת או להפריך עדויות נוראיות של חיילים, או לפעמים מסתבר שהם לא היו עד הסוף מדויקים במה שהם אמרו.
אני ל-לדעתי זה לא, זה, זה, זה גם שאלה של, של, של, של רצון הרי. זאת אומרת אני, אני יכול להגיד לך שהרבה חיילים שאני דיברתי איתם, אה, אמרו לי שהם חיכו, ממש חיכינו שתהיה הזדמנות לדבר על הדבר הזה. חיכינו שעיתונאי, אה, יגיע אלינו ו-ו-ו-ו-וידבר
איתנו על הנושאים האלו. ו-וזה-- אני שומע מה אתה אומר. זה באמת לא פשוט. אני חושב שזה לא תירוץ לא לגעת בנושא הזה בצורה מעמיקה שלוש שנים, כשיש עשרים אלף ילדים הרוגים בעזה, כשהמקום הזה הוחרב לחלוטין.
אבל כשאתה אומר הצלחתם לאמת, יש שם חיילים שאומרים הרגנו מאות אנשים בלתי מעורבים בהפצצות, כאילו אולי אלפים. איך אתה יכול לאמת דבר כזה? הוא הרי לא נותן לך שורת בניינים ומטרות. כן. כן, את המילה אלפי אין, אבל, אבל יש בהחלט אישורי נזק אגבי,
מה שמכונה נאזה, במאות. זאת אומרת, ו-ו-ויש-- אנחנו בעבר פרסמנו על תקיפות ספציפיות, לא רק אנחנו, גם הניו יורק טיימס, עם קונקרטיזציה, איברהים ביארי, עם הנופל, אה, תקיפה מסוימת של אחמד אנטור שלא הצליחה, מגדס אל ג'ראוי, סאם פרחט וכן הלאה, שכן
היה אישור נאזה, נזק אגבי של מאות. היה לנו חייל שממש תיאר איך הוא, איך הוא במשך מאות תקיפות כאלה, מאות בתים, מאזין ממש לתוך הבתים ושומע תינוקות בוכים ושומע משפחות מדברות ו-ומפציצים את הבית והורגים את כולם וסופרים אותם כנאזה. עכשיו בעבר הדבר הזה...
איך אימתת את זה, יובל, אבל את המקרה הזה, למשל, איך אימתת? אין לי לכל המאות מקרים שהוא תיאר, אבל בהחלט היה לנו מספר מקרים שהוא תיאר עם שמות, כשהבן אדם זכר את השם של הפעיל שהיה מעורב. בהחלט. אתה למשל מעלה כשיטה, שיטה של צהל לפגוע במפעילי חמאס, הבתים שלהם
בלילה כי זה נוח לנו, כי קל לנו, כי הם באים לישון, ואז מישהו מעלה את הסיפור אולי זה מגן אנושי, ואתה שולל את זה שהחמאס השתמש כמגן אנושי. האם על סמך מה שאנחנו יודעים שקרה בעזה, מפקדות חמאס שבתי חולים, בתי ספר, אפשר באמת לשלול את השימוש של חמאס באוכלוסייה אזרחית כמגן אנושי?
זה לא לגמרי מדויק. הבן אדם אומר בסרט שחמאס משתמש במגנים אנושיים, אבל שהפרקטיקה של לתקוף אנשים בבתים שלהם, אה, אה, ב-בלילה כשהם עם המשפחה שלהם היא לא כי הם משתמשים במשפחה כמגן. זאת אומרת, הם לא, הם לא מבצעים פעילות צבאית מתוך הבית.
הם פשוט חוזרים לישון שם ועושים את זה כי זה קל לנו. עכשיו הנקודה החשובה כאן זה שהורגים ביחד איתם את כל מי שבבניין, משפחות שלמות. יש אלפיים תשע מאות משפחות בעזה שנמחקו לחלוטין, כאילו שלוש דורות, הסבא והסבתא והילדים והנכדים,
ולא מדברים על הדבר הזה. ויש אנשים שבסרט הם מתארים את השיטה. אנשים שעיצבו את השיטה ש-ש-שהם, הם היו בשר מבשרה של המערכת ו-וחשוב להציף את הדבר הזה בעיניי לדיון ציבורי. חייל אומר בסרט ממש נהניתי, היה ממש כיף, ממש נהניתי
מהעבודה וזה נתפס בהקשר. אני גם שמעתי את רחשי האוויר של הצופים לידי בהקרנה, כאילו הוא ממש נהנה להרוג עז-עזתי חפים מפשע. אבל אני הבנתי את דבריו, ואתה היית בארון השלם שהוא מתכוון, אני נהניתי מהעבודה שהיא לחסל חמאסניקים. ככה חשבתי שאני עושה. לא מלהרוג עזתי חפים מפשע.
אז תראה, קודם כל כמו שאמרתי לגרדיאן, אמ, בצוות העורכים שלהם הייתה גישה לחומרי הגלם. הם לא היו משדרים את החומרים האלו, אה, אה, אמ, אחרת. אותו קצין בצבא שאומר שהוא היה מעורב בהרג של אלפי בני
אדם, אה, אמ, הוא אומר שבזמן אמת הוא היה ממוקד במשימה ושזה היה כיף להצליח במשימה, והוא לא חשב אפילו לדבריו על, על המאות אנשים שנמצאים בבניין שהוא מפציץ.
יש דבר, יובל, שלמיטב ידיעתי הוא פשוט לא נכון. אחד החיילים שם טוען וממש עושה לך איזה שרטוט ומשוואה מתמטית. הלך צה"ל בשכונות שהוכרז עליהם שהם צריכות להתפנות, ולמרות שיש הערכה שכן נשארו בבתים עשרים וחמישה אחוזים מתושבי
השכונה מפציצים את הבניינים שלהם בלי אפילו רמז לחמאסניק הכי זוטר, כי הם היו אמורים להתפנות. ואז הוא עושה לך חישוב שהרגנו ככה מאות אנשים מלהפציץ בניינים שלא היה בהם רמז לחמאסניק. למיטב ידיעתי זה פשוט לא נכון. למיטב ידיעתי זה כן נכון. זאת אומרת, העדות הזאת יש לנו אותה מאומתת, אה,
מאדם נוסף. היא גם, אה, ה, ה דבר הזה מופיע ב-- בכתבה של הוושינגטון פוסט. אני יכול לשלוח לך אותה עם עוד יותר מקורות שמתארים, מ-מתארים פרקטיקה דומה. אמ, יש לנו גם מקרה ספציפי
בהקשר הזה שאנחנו יודעים עליו. יראו את הסרט בישראל? אני, אני-- ז-ז-זאת המטרה. אנחנו ממש רוצים. אנחנו נעשה הכל כדי שהוא ישודר הכי רחב שיש בישראל. מבחינתי, אם, זאת אומרת, באמת, ב, ב, אנחנו עכשיו בתהליכים
ומחשבות איך לעשות את זה, אבל מבחינתי קודם כל חשוב שהוא, שהוא יגיע לישראל. זה גם, זה גם אנחנו נעשה את זה מהר. זה לא ייקח הרבה זמן. אני, אני, זה, זה בעיניי קריטי. הסרט עושה מדי פעם הפוגות ומכניס הצהרות של נתניהו, תל אביב, הם אוכלים במסעדה. למה לא הכנסת למשל את סרטוני השבי?
שהם היו פקטור מאוד משמעותי, אני בטוח גם בהלך המחשבה של האנשים האלה מהמודיעין שמעידים בפניך, שאומרים אחינו עכשיו עוברים עינויים בשבי חמאס. זה מופיע בצורה מאוד ברורה שהסרט הוא מתעסק ומ-ומציג את טבע השבעה באוקטובר וזה שם.
ויש-- מציג דיווחים על השבעה באוקטובר ועל, ועל החטופים. זה מאוד קטן, יובל, לעומת מה, זה מאוד קטן. ו-ו-זה, זה, זה שם. שוב, אביב, אם-- אז, אז תערוך סרט, כאילו, אתה יכול לערוך גם סרט משלך ולהתייחס לזה יותר.
ה-ה-השורה התחתונה היא שיש כאן עשרים וארבעה חיילים שמעידים על מעשים מאוד קשים. לא להקשיב לחיילים שמתארים איך הם באופן סיסטמטי הורסים שכונות ומחרבים שכונות וכל פלסטיני שמנסה לחזור יורים בו והורגים אותו זה דברים חשובים, כאילו הדברים האלה לא יכולים להימשך.
החיילים הללו ראו את הסרט לפני שידורו? אמ, החיילים האלו לא ראו את סרט המלא לפני שהם דיברו. לא היה תנאי, אה, כזה, אמ, שהם יראו את כל הסרט לפני שהם דיברו. לא. קיבלת מהם תגובות אחרי? אין כאלה מהם שרוצים לחזור
בהם? אה, תשמע, אני, אני מעדיף לא לדבר על אם אני בקשר עם מקורות, לא בקשר עם מקורות לאור העובדה שיש כמובן ניסיון פה, אמ, של, של, אתה יודע, של אנשים בכירים לתקוף אותנו,
לתקוף את המקורות. אני גם חושב שראוי שבסופו של דבר אנחנו עיתונאים, אביב. אתה אולי לא מסכים לגמרי עם כל דבר בסרט. המסגור לא מצא חן בעיניך, אבל אמרת שהיה לך קשה לצפות בו. אנחנו עיתונאים ו-ואני מצפה לסולידריות מ-מעיתונאים אחרים, גם אם
אתה לא מסכים עם הכל. סולידריות. עכשיו תוקפים אותנו, תוקפים את המקורות, כאילו יש לי, זאת אומרת, אה, אה, אה, זה גם משהו שצריך להיאמר. לא היה מקום, יובל, לעשות השוואה לצבאות זרים ולצורה בה הם התמודדו עם
ארגון טרור שנמצא בלב אוכלוסייה אזרחית? אולי, יכול להיות שהיה מקום. שוב, תעשה-- כשאתה תעשה סרט על פשעי המלחמה בעזה שלא עשית במשך שלוש שנים, אתה מוזמן לעשות את ההשוואה הזאת. סליחה שאני מגיב ככה, פשוט כאילו יכול להיות, זה, יש מקצה שיפורים אתה אומר מבחינתך, אז אני, אני מזמין אותך לעשות.
אתה חושש עכשיו מכל הצעדים שרוצים לנקוט כלפיכם מלחזור לארץ? כן, ברור ש-- כאילו, ב-ברור. זה, זה... אני מחקתי אתמול את ה-- כאילו את האפליקציות, את הרשתות החברתיות, כי אתה כזה כל הזמן אתה מסתכל, אתה רואה שמים תמונות שלך, אחר כך תמונות של אמא שלך, אחר כך, כאילו,
כש-כש-- במין מתקפה ב-בזה, ברור שזה קשה, כאילו, ו-והארץ זה ה, זה הבית שלי, זה המקום שאני רוצה לחיות בו, שאני-- מקום שכל כך חשוב לי, אז ברור שאני מפחד שאני לא אוכל לחזור. כאילו מה אני אעשה פה, כאילו ב-ב-בחו"ל? הזה ברור.