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Thierry Breton, question assez simple, pourquoi
ça n'est pas en Europe ?
Il y a 450 millions d'Européens, il y a que
300 millions d'Américains. Logiquement, on est
sur le territoire de l'Europe, on se dit ça
devrait avoir lieu à Paris, à Berlin, peut-être
à Rome. Pourquoi est-ce que ça se passe à Mar-a-Lago
dans la résidence privée de Trump ?
Eh bien, c'est aussi peut-être, je dirais en
résumé aussi toute notre conversation que nous
avons depuis tout à l'heure, Darius Rochebin.
Et je le déplore moi-même. J'estime que nos
institutions européennes depuis maintenant un
an ou deux sont beaucoup trop faibles. Nos institutions
européennes auraient les moyens d'être beaucoup
plus fortes, elles ne les utilisent pas, on
le voit. Je déplore cette faiblesse parce que
vous savez, la faiblesse, la faiblesse, ça entraîne
quoi ?
Ça entraîne la vassalisation. Songez, songez
que la semaine dernière... On va même parler
abondamment donc du cas dont... dont je suis
frappé. Mais il y a eu beaucoup d'autres choses,
la même semaine. Vous avez eu une velléité encore
plus accrue de... ...nommer d'abord un gouverneur
pour aller s'occuper du Groenland. Donc de marquer
un point supplémentaire pour aller, j'allais
dire... — Et les Danois achètent quand même
les F-35. — J'allais dire envahir... — Ils se
font piétiner et ils s'humilient encore. — Envahir
le Groenland. Enfin en tout cas, on voit que
ces questions sont maintenant clairement posées
sur la table. Vous avez eu le vice-président
des États-Unis qui dit que, ouh là là, il va
peut-être falloir confisquer l'usage de l'arme
nucléaire... ...aux Européens parce qu'on sait
jamais dans quelles mains ça pourrait tomber.
Excusez du peu. Vous avez ensuite très modestement,
je dis bien très modestement, ce qui m'est arrivé.
Tout ça en une semaine. Donc ça va durer combien
de temps, vous pensez que ça va durer encore
quatre ans ?
Mais Thierry Breton, pourquoi y va-t-on quand
même ?
C'est ça qui est frappant, c'est on dit, regardez,
ils sont très méchants... ...ils nous humilient,
ils nous maltraitent et cetera, et on va quand
même à Mar-a-Lago... ...et tout le monde va
à Mar-a-Lago et tout ce qui se passe, ça passe
quand même par là-bas. Pas tout, c'est pas vrai,
parce que vous avez eu une réunion qui a été
très importante qui a eu lieu également à Berlin...
— Non non, il y a qu'un jour, non non... — Enfin,
personne n'ose dire à Trump : non, on n'y va
pas. Oui, mais bien sûr, mais c'est le président
des États-Unis, qu'on le veuille ou non, c'est
le pays qui est le plus puissant du monde. Mais
derrière votre question, il y a évidemment le
terme de la puissance. Et on voit bien que l'Europe
doit aujourd'hui bien sûr jouer un jeu diplomatique
tant qu'elle le peut... ...mais aussi, je dirais,
utiliser maintenant ce temps qui est devant
nous pour accroître très sensiblement sa puissance.
On ne peut plus dans le monde qui vient, qui
est un monde de rapport de force, être uniquement,
uniquement un monde qui dit... ...ben écoutez,
nous c'est l'État de droit, rien que l'État
de droit. Si on n'a pas également les attributs
de la puissance... ...dans le monde de rapport
de force, pas uniquement avec les États-Unis
bien entendu, ni avec la Russie, mais également
avec la Chine... ...on voit que désormais les
attributs de la puissance, ça passe aussi par
une puissance militaire... ...et donc il est
indispensable d'augmenter, ça a été mon combat
vous le savez, là aussi depuis 4 ans, 5 ans...
...peut-être pour ça aussi que je n'ai plus
de visa aujourd'hui, j'en sais rien. En tout
cas, c'est un combat que je mène pour les Européens
et il n'y a pas une seconde à perdre, Darius
Rochebin, je le redis.
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