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Il y avait deux sortes d'esclaves. Il y avait le nègre de maison et le nègre des champs. Le nègre de maison, il vivait dans la maison avec le maître.
Ils s'habillaient plutôt bien. Ils mangeaient bien, car ils mangeaient sa nourriture, mais il est parti.
Ils vivaient dans le grenier ou au sous-sol, mais ils vivaient quand même près de leur maître.
Et ils aimaient leur maître plus que le maître ne s'aimait lui-même.
Ils donneraient leur vie pour sauver la maison de leur maître plus vite que le maître ne le ferait.
Le nègre de maison, si le maître disait : « Nous avons une bonne maison ici », le nègre de maison disait : « Ouais, nous avons une bonne maison ici ».
Chaque fois que le maître disait « nous », il disait « nous ». C'est à cela qu'on reconnaît un nègre de maison.
Si la maison du maître prenait feu, le nègre de maison se battrait plus durement pour éteindre l'incendie que le maître lui-même.
Si le maître tombait malade, le nègre de maison disait : « Qu'est-ce qu'il y a, patron ? On est malades, on est malades. »
Il s'identifiait à son maître plus que son maître ne s'identifiait à lui-même.
Et si vous alliez voir le nègre de maison pour lui dire : « Fuyons, évadons-nous, séparons-nous »,
ce nègre de maison vous regarderait et dirait : « Mec, tu es fou. »
« Comment ça, se séparer ? Où y a-t-il une meilleure maison que celle-ci ? »
« Où puis-je porter de meilleurs vêtements ? Où puis-je manger de la meilleure nourriture ? »
C'était ça, le nègre de maison. À l'époque, on l'appelait un nègre de maison.
Et c'est comme ça qu'on l'appelle aujourd'hui, car on a encore des nègres de maison qui courent les rues.
Ce nègre de maison moderne aime son maître. Il veut vivre près de lui.
Il paiera trois fois la valeur de la maison juste pour vivre près de son maître.
Et puis se vanter : "Je suis le seul nègre ici."
Je suis le seul à mon travail. Je suis le seul dans cette maison.
Dans cette école, tu n'es rien d'autre qu'un nègre de maison.
Et si quelqu'un vient te voir en ce moment et te dit : "Séparons-nous",
tu dis la même chose que ce que le nègre de maison disait sur la plantation.
Comment ça, se séparer ? De l'Amérique ? De ce bon Blanc ?
Où vas-tu trouver un meilleur travail que celui que tu as ici ?
Je veux dire, c'est ce que tu dis. Je n'ai rien laissé en Afrique.
C'est ce que tu dis, alors que tu as laissé ton esprit en Afrique.
Sur cette même plantation, il y avait le nègre des champs.
Le nègre des champs, c'étaient les maîtres.
Il y avait toujours plus de nègres dans les champs qu'il n'y en avait dans la maison.
Le nègre des champs vivait un enfer. Il mangeait les restes.
Dans la maison, ils mangeaient les meilleurs morceaux.
Le Noir des champs n'avait rien d'autre que les restes des entrailles du porc.
Aujourd'hui, on appelle ça des chitlins.
À l'époque, on les appelait par leur nom, des tripes.
C'est ce que vous étiez, des mangeurs de tripes.
Et certains d'entre vous en sont toujours.
Le Noir des champs était battu du matin au soir.
Il vivait dans une cabane, dans une hutte.
Il portait de vieux vêtements usés.
Et il détestait son maître.
Je dis bien qu'il détestait son maître.
Il était intelligent.
Ce Noir de maison aimait son maître.
Mais ce Noir des champs, n'oubliez pas qu'ils étaient majoritaires.
Et ils détestaient leur maître.
Quand la maison prenait feu, il n'essayait pas de l'éteindre.
Ce Noir des champs priait pour du vent.
Pour une brise.
Quand le maître tombait malade, le Noir des champs priait pour qu'il meure.
Si quelqu'un venait voir le Noir des champs et disait :
« Séparons-nous. Enfuyons-nous. »
Il n'a pas dit : « Où allons-nous ? »
Il a dit : « N'importe où vaut mieux qu'ici. »
Il y a des nègres des champs en Amérique aujourd'hui.
Je suis un nègre des champs.
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Original transcript (English)
There was two kind of slaves. There was the house negro and the field negro. The house negro, they lived in the house with master. They dressed pretty good. They ate good, because they ate his food, but he left. They lived in the attic or the basement, but still they lived near their master. And they loved their master more than the master loved himself. They would give their life to save their master's house quicker than the master would.
The house negro, if the master said, we got a good house here, the house negro would say, yeah, we got a good house here. Whenever the master said we, he said we. That's how you can tell a house negro. If the master's house caught on fire, the house negro would fight harder to put the blaze out than the master would. If the master got sick, the house negro would say, what's the matter boss, we sick, we sick. He identified himself with his master more than his master identified with himself.
And if you came to the house negro and said, let's run away, let's escape, let's separate, that house negro would look at you and say, man, you crazy. What you mean separate? Where is there a better house than this? Where can I wear better clothes than this? Where can I eat better food than this? That was that house negro. In those days he was called a house nigger.
And that's what we call him today because we still got some house niggers running around here. This modern house negro loves his master. He wants to live near him. He'll pay three times as much as the house is worth just to live near his master. And then brag about, I'm the only negro out here. I'm the only one on my job. I'm the only one in this house.
In this school, you're nothing but a house negro. And if someone come to you right now and say, let's separate, you say the same thing that the house negro said on the plantation. What you mean separate? From America? This good white man? Where are you going to get a better job than you get here?
I mean, this is what you say. I ain't left nothing in Africa. That's what you say, why you left your mind in Africa. On that same plantation, there was the field negro. The field negro, those were the masters. There was always more negroes in the field than there was negroes in the house.
The negro in the field caught hell. He ate leftovers. In the house, they ate high up on the hog. The negro in the field didn't get nothing but what was left of the insides of the hog. They call them chetlins nowadays. In those days, they called them what they were, guts.
That's what you were, a gut eater. And some of you are all still gut eaters. The field negro was beaten from morning till night. He lived in a shack, in a hut. He wore cast-off clothes.
And he hated his master. I say he hated his master. He was intelligent. That house negro loved his master. But that field negro, remember, they were in the majority.
And they hated his master. When the house caught on fire, he didn't try and put it out. That field negro prayed for a wind. For a breeze. When the master got sick, the field negro prayed that he died.
If someone come to the field negro and said, Let's separate. Let's run. He didn't say, Where are we going? He said, Any place is better than here. You got field negros in America today.
I'm a field negro.