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Une canette reconnaissable au 1er coup d'oeil.
Et pourtant, en y regardant de plus près, surprise,
tout est écrit dans une langue étrangère.
-"Les infos nutritionnelles, il n'y en a pas en français.
Je le vois assez souvent maintenant, beaucoup plus qu'avant,
dans les restaurants et même dans les épiceries."
En tchèque, en danois ou en polonais,
derrière ces canettes venues de loin,
l'histoire d'une taxe qui fait pchit.
La taxe soda, aujourd'hui massivement contournée,
nous avons enquêté sur cette fraude fiscale,
estimée à plusieurs millions d'euros chaque année.
En Ile-de-France, ce grossiste vend des dizaines de marques de soda.
Sur chacune d'entre elles, il doit payer une taxe.
-"La taxe sucre, elle s'applique par rapport au taux de sucre
qu'il y a dans le produit.
S'il y a un taux de sucre élevé, il y a une taxe élevée.
Sur du Sprite, il y a à peu près la moitié de la taxe sucre
de ce qu'il y a sur le Coca-Cola.
Mais il y a aussi de la taxe sucre sur le jus de pomme,
il y a aussi de la taxe sucre sur l'Oasis."
Aussi appelée taxe soda,
cette marque fait partie des plus concernées.
-"Alors là, c'est pas compliqué, vous avez 24 boîtes.
Sur les 24 boîtes, il y a 2,82 euros de taxe."
-"Sur un total de combien ?"
-"Sur un total de globalement 19 euros, si on fait le prix de vente.
Elle a été exponentielle en 2025,
et on s'est retrouvés sur une taxe qui, aujourd'hui,
représente 35 centimes du litre,
ce qui est juste colossal."
Une taxe française qui a tellement augmenté
que certains cherchent à l'éviter.
Alors, ils se tournent vers d'autres pays d'Europe,
car ce soda est mis en bouteille sur tout le continent,
en Pologne, en Espagne ou encore en Tchéquie, par exemple.
En caméra discrète, nous nous rendons
dans une dizaine de fast-food parisiens.
Cinq d'entre eux vendent du Coca-Cola étranger.
La raison, le prix, selon ce restaurateur.
-"C'est le Coca classique français, sans crème verte,
sur le bac, il y a une différence de 3 ou 4 euros."
-"Ah ouais ?"
Celui-ci l'avoue directement.
-"Qu'est-ce que vous prenez, une canette de Coca-Cola ?"
Sur cette canette venue de Tchéquie, il ne paye aucune taxe.
-"Une canette, un sucre."
-"Vous avez le droit d'en mettre, du coup."
-"Bien sûr, moi, je l'ai acheté à la portière de Tchéquie."
-"Allez, c'est bon."
Concrètement, des importateurs achètent un Coca en Tchéquie
ou en Pologne, moins cher en sortie d'usine.
Jusque-là, c'est autorisé.
Ils traversent les frontières.
Une fois arrivés en France,
ils sont censés déclarer aux impôts ces boissons importées,
ce que certains ne font pas,
évitant ainsi de payer parfois plusieurs milliers d'euros de taxes Soda.
Nous nous sommes fait passer pour un grossiste
et avons joint l'un de ces importateurs.
Il reconnaît participer à cette fraude
et a même une technique pour ne pas être soupçonné.
-"Moi, je n'ai qu'une partie pour éviter de la payer.
Je pense que tout le monde fait ça,
parce que si on commence tous à s'amuser à la payer à 100 %,
on n'en verra plus.
Si vous trouvez un meilleur prix, vous achetez directement en Pologne.
Faites ça en montrant.
Moi, c'est mon conseil, déclarez-moi un minimum."
Selon certains experts,
cette fraude représenterait entre 20 et 40 millions d'euros de pertes chaque année.
Bercier assure avoir connaissance des risques
et mener de nombreux contrôles.
Mais pour ce syndicaliste des douanes,
les moyens déployés sont insuffisants.
-"L'administration des impôts, l'administration fiscale
va préférer mettre ses effectifs et ce temps d'enquête
sur des fraudes dites plus importantes
en termes de volumétrie ou de sommes à recouvrer.
On préfère mettre, j'ai caricaturé,
deux agents sur un dossier pendant une semaine
pour récolter 5 millions d'euros que pour en récupérer 50 000."
L'Etat n'est pas le seul perdant dans l'histoire.
Le consommateur aussi,
car tous les pays européens n'ont pas la même recette.
La version tchèque, par exemple, est plus sucrée
et contient un sirop déconseillé,
absent dans les canettes françaises.
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