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On peut nous avoir engueulé dix fois, s'être moqué de nous, nous avoir suspecté d'être amis des tyrans,
mais le résultat, plouf, le voilà, ils l'ont sous le pif.
Ah, t'as voulu envahir le Canada, monsieur Trump, hein, et ben t'as gagné.
Le Canada, il est couru en Chine pour dire aux Chinois,
ah non mais attendez, nous, il y a un truc qu'on veut dire avant tout, hein, c'est qu'il n'y a qu'une seule Chine.
Oui, oui, vous voulez bien signer là ? Parfait, on signe.
Et d'une.
Trump se fâche, il dit, ah ben si vous comptez vous entendre avec les Chinois, ça va chauffer pour vous.
Vous vous imaginez que si c'est moi, Mélenchon, qui rapplique, je dirais, ben moi, moi j'ai rien inventé, je fais comme les Canadiens.
Et puis maintenant, voilà que les Espagnols en ont fait autant.
Les Espagnols, vraiment, super, hein.
Bon, là, les voilà, ils sont en Chine.
Applaudissements
Alors, là, il y est, Sanchez.
Sanchez, pareil, première chose qu'il faut savoir, parler avec les amis,
vous amenez un bouquet de fleurs pour madame, la bouteille de pinard pour monsieur,
et ben vous allez en Chine, vous dites, ben, non mais attendez, à mon avis, il n'y a qu'une seule Chine, hein, voilà.
Nous, c'est pas un problème pour nous, c'est ce qu'on a toujours dit,
en disant, nous, les Français, nous avons été les premiers, en 1964, à reconnaître la Chine.
Sauf si vous décidez que tout ce que vous avez signé, vous vous en foutez et vous le jetez à la poubelle,
ou ça vous intéresse seulement quand c'est pour envoyer le porte-avions à côté de Chypre,
vous ne pouvez pas faire ça, aucun pays du monde ne fait ça,
quel que soit le régime dans lequel vous êtes.
Vous pouvez changer tous vos accords, mais vous ne pouvez pas, en arrivant, décider
que vous avez décidé qu'il y a deux Chines à la place d'une,
parce que ça n'existe pas, des procédés pareils, et le résultat, vous ne le maîtriseriez pas.
Donc, les Espagnols sont là-bas.
Et regardez, regardez comme ils faitent la vie.
Voilà qu'il y a aussi Abu Dhabi qui est là-bas.
Et tiens, les Vietnamiens, qui sont, comme vous le savez, un pays censé être communiste.
Les Vietnamiens et les Russes.
Les Russes, aux références.
Quoi ? Les Russes ? Oui, les Russes.
Et vous avez là une réunion qui se fait,
et puis comme on est en Chine, c'est normal que les Chinois y soient.
Donc vous avez une réunion avec les Chinois, les Russes, les Vietnamiens,
Abu Dhabi et les Espagnols.
Et nous, on est où ? On fait quoi ? On est avec qui ?
Donc, je vous donne ces exemples, parce qu'il faut aller les chercher,
il faut suivre l'actualité.
Mais où est passée la France dans tout ça ?
Qu'est-ce qu'on fait ? Quel est le projet ?
Ils pourraient avoir un projet, dire écoutez, moi je m'en fous de tout ça,
nos amis éternels et de toujours, c'est les États-Unis d'Amérique.
Bon, je le vois bien faire des petits trucs par-ci par-là,
mais à la Macron, c'est tantôt n'importe quoi, il se fâche avec tout le monde,
tantôt il fait un truc et cinq minutes après il dit le contraire,
parce qu'on se moque de Trump, mais le nôtre il est pas mal aussi, hein,
dans l'art de dire des trucs puis le contraire derrière.
Donc, je viens de vous expliquer que déjà au moins deux pays,
et parmi eux un pays européen, appliquent quasiment à la lettre
ce qu'est la ligne des insoumis, du non-alignement
et de la réorganisation des relations internationales.
Donc nous aurons moins de difficultés à dire que s'ils avaient lu mon bouquin en 2010,
au lieu de se moquer de moi, et qu'ils avaient attaché à la phrase qui dit
la France ne peut se déployer que dans une coopération privilégiée avec les Chinois,
c'est juste parce que je m'intéressais à ce qu'ils faisaient.
Et aujourd'hui encore, je vous le dis maintenant, chaque jour,
chaque mois de retard qui est pris dans la relation aux Chinois,
c'est autant de secteurs qu'on perd, c'est autant d'accords qu'on n'a pas la capacité de négocier,
parce qu'il faudra négocier avec eux, et il faudra passer un pacte avec eux pour deux raisons.
La première, c'est que c'est le plus fort techniquement aujourd'hui,
et que c'est là qu'il est le plus fort qu'on s'améliore.
Deuxièmement, parce qu'il constitue un pôle de stabilité aujourd'hui dans le monde.
Demain est un autre jour, il se passera peut-être des choses,
mais pour l'instant, voilà où nous en sommes.
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