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Ce qu'il faut garder à l'esprit, c'est que Trump est totalement acculé, il s'est piégé lui-même avec l'Iran.

Ce n'est pas justement la guerre de cette administration, et là, vous avez tout à fait raison.

Il l'a fait contre l'avis de J.Devins, de Suzy Wills, des généraux du Pentagone, des sénateurs, etc.

Et aujourd'hui, il se retrouve isolé, pris dans ce piège, et il ne sait pas trop comment s'en sortir.

Il mendie quelques miettes aux Iraniens, il est prêt à tous les compromis,

et effectivement, je ne pense pas qu'il retournera en guerre, ou alors il faudrait vraiment qu'il soit provoqué.

Et donc, on a un président acculé, avec, derrière lui, une administration, une coquille vide.

Plus personne ne sait quoi dire, tout le monde a peur, et tout le monde a été vidé de sa substance.

Parce que, je remets ça dans le contexte, hier, l'Iran rouvre le détroit d'Hormuz, on en a parlé,

et nous, on en était hier, dans cette même émission, à se demander si la guerre était finie.

On voyait bien que Donald Trump avait une envie vraiment pressante de tourner la page de cette guerre.

D'ailleurs, ce soir, quand il s'exprime, il dit, enfin, il accorde très peu de mots à la situation iranienne.

Il passe plutôt à la question intérieure des médicaments, et on a entendu sa blague.

Il essaye de passer à autre chose, mais c'est impossible.

– Mais non, parce que d'abord, le prix de l'essence est têtu, et le prix du baril de pétrole aussi.

Il est certes descendu hier à 90 dollars, parce que tout le monde semblait soulagé,

mais enfin, je vous fiche mon billet que d'ici lundi, il sera remonté à 100.

Alors, le prix du baril de pétrole, ça signifie plus de 4 dollars le gallon d'essence

dans les stations-services américaines, en moyenne.

Ce qui signifie qu'il y a des états à 180, grosso modo, le prix français,

et d'autres états aux alentours de 300.

Ça signifie que les américains commencent à voir, et finissent, pas commencent,

mais finissent par voir, parce que ça fait 15 jours, 3 semaines que ça dure,

que cette guerre a des conséquences concrètes sur leur pouvoir d'achat.

Or, je rappelle toujours que ça semble peu, parce que le gallon d'essence,

c'est 3,6, 3,7 litres à 4 dollars.

Les français en rêveraient, sauf que les voitures américaines

consomment deux fois plus en moyenne que les voitures européennes,

et qu'en plus, les américains parcourent deux fois plus de kilomètres en voiture

que les européens.

Donc, ça commence à faire très cher, et ça commence à se voir.

Quand on sait qu'en plus, l'inflation est en train de repartir aux Etats-Unis,

au point d'alarmer la réserve fédérale, je pense qu'il a du souci à se faire.

Et c'est probablement ça qui fait qu'il est pressé, aujourd'hui, d'en finir.

Et puis, il y a une petite chose, quand même.

Vous parliez, effectivement, de désorganisation.

Vous avez tout à fait raison, il s'agit de ça.

Certains parlent d'amateurisme aussi, parce qu'à ce point de désorganisation

et d'avoir vidé d'experts l'entourage du président,

ce qui fait normalement une présidence américaine,

je rappelle, c'est la première puissance économique au monde,

peut se terminer en amateurisme.

Je vous donne un exemple.

Hier, vous avez suivi Donald Trump qui parlait, au fur et à mesure de la journée,

vous y avez fait allusion, des tenants et des aboutissants de la négociation.

Grosso modo, cet homme est en train de livrer au monde entier

ce qui se passe en sous-main entre l'Iran et les États-Unis.

Chose que, vous comprenez, vous êtes un Iranien,

vous êtes en train de négocier avec des Américains,

des choses que vous n'avez pas forcément envie de dire,

parce que vous avez vous-même des comptes à rendre dans votre pays,

je veux dire, auprès des gardiens de la Révolution.

Peut-être des choses que vous avez envie de cacher,

ou que vous avez envie de laisser dans une deuxième partie de négociation.

Et vous avez Donald Trump qui les donne tout de go sur tout social.

C'est à la fois irresponsable et totalement ahurissant.

Et on comprend presque les Iraniens qui, hier pourtant, avaient remporté une belle bataille,

qui était celle, grosso modo, d'avoir réouvert le détroit d'Armour,

c'est-à-dire d'avoir bien signifié au monde que c'était eux qui le contrôlaient.

Vous avez les gardiens de la Révolution et donc le régime iranien

obligés de revenir en arrière, de peur de se faire doubler à nouveau par Trump sur tout social.

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