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Pascale Blanchard, qu'est-ce qui a changé ? Qu'est-ce qui se joue sous nos yeux ?
Est-ce que c'est en effet, le MEDEF parle à une force politique très importante,
on le rappelle, le Rassemblement National, sondage après sondage,
est le parti qui est donné au second tour de l'élection présidentielle,
quasiment le seul à être garanti d'y être et à 35% des intentions de vote.
Donc que le MEDEF aille parler avec le Rassemblement National,
finalement, est-ce si surprenant ?
Ou alors, ils font le jeu du Rassemblement National et le normalisent ?
Qui de l'œuf et de la poule ?
Les deux. Les deux, parce qu'aujourd'hui, il s'est passé aussi autre chose,
c'est que le MEDEF, comme le patronat, a bien conscience que la droite n'existe plus beaucoup.
Et que la droite sera soit mangée par l'extrême-droite,
soit que l'extrême-droite et la droite, en tout cas, formeront quelque part dans les années qui viennent,
et peut-être dans un an, une alliance qui leur permettra d'arriver au pouvoir.
Personne ne connaît le résultat de ce qui va se passer dans un an,
mais en tout cas, tous pensent que l'extrême-droite va faire partie du jeu,
va faire partie de l'équation. Pourquoi ? Parce qu'il commence à y avoir une non des droites.
Parce qu'il s'est passé depuis quelque temps des alliances avec des résultats
et des victoires, nice. Parce que, d'une certaine manière, la droite, aujourd'hui,
n'a plus le poids pour empêcher l'extrême-droite d'arriver au pouvoir.
Parce que le contexte politique a changé. Parce que, aussi, le RN a fait le travail,
quelque part, de se dédiaboliser, on l'appelle comme on veut. En tout cas, ça a plutôt fonctionné.
Parce que le RN, aussi, écoutait le discours de Jordan Bardella,
c'était pas du tout le discours de Jean-Marie Le Pen sur le monde de l'entreprise,
même s'il y a eu les époques Reagan. Là, on a quand même eu affaire à...
– Jean-Marie Le Pen, lui-même, a varié dans son rapport à l'entreprise et aux libéraux.
Il a changé 15 fois. Mais donc, on ne pouvait pas savoir où il allait.
Là, Jordan Bardella tient un discours capitaliste.
Bon, il va y avoir quelques petites choses à remettre à plat.
L'affaire des retraites à 60 ans, c'est quand même pas très sérieux.
Voilà. Il va y avoir le besoin de lui dire que, notamment pour les actions,
il va falloir laisser passer les petites choses. En même temps, le patronat pense...
– Pour les actions, le RN a fait quand même passer, dans le budget, cette année,
une taxe sur les rachats d'actions. – Exactement. Donc, il y a des choses,
il va falloir raboter. – Je crois que la finance n'est pas très en voie.
– Voilà. Ils sont en train d'essayer de raboter à leur...
– En même temps, ne soyons pas surpris. Dans l'histoire du XXe siècle,
les accords entre le grand capital et l'extrême droite ont à peu près été la règle,
et non pas l'exception. Et c'est vrai que, généralement,
il peut y avoir quelques personnalités issues du monde de l'entreprise
qui s'y opposent. Mais il y a un moment, quand le vent commence à basculer
vers la possibilité d'une victoire...
– Le monde bancaire, c'est...
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