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Religious Conflict in Early 20th Century France
El debate que entonces divide a Francia no es la colonización,
sino una disputa religiosa que va a marcar duraderamente nuestra historia
política.
La República ha decidido que ha llegado el momento de separarse de la Iglesia
católica.
En 1902, el presidente del Consejo, Émile Combes, al frente
de una mayoría de izquierdas que reúne a socialistas radicales y radicales,
emprende una laicización a marchas forzadas.
La primera etapa es la retirada de los crucifijos de todos los edificios
públicos.
La obligación de neutralidad en las escuelas es recordada por una circular,
para gran pesar de muchos pequeños pueblos que se niegan a retirar el símbolo de las
aulas.
Un maestro del Doubs, abatido, escribe a su inspector
«Me subí a una silla para
moverlo, pero soy algo bajo
y encontré resistencia.
También sé que será repuesto en cuanto se lo retire.
Hay que temer una revuelta. Toda la población está exaltada.
Sería prudente aplazar sus órdenes algún tiempo más."
Después de las escuelas, serán los hospitales y los tribunales donde
algunos
jueces dimitirán, testigos se negarán a prestar juramento
sin la presencia de
la cruz.
Retirar los crucifijos de los lugares públicos es una decisión inaceptable para la
jerarquía católica que, en represalia, hace un llamamiento, como
lo hace el obispo de Valencia en una carta pastoral.
Que todos los cristianos exhiban la cruz en su hogar y la lleven con un
santo orgullo y ostensiblemente sobre su pecho.
El signo religioso que se lleva de nuevo ostensiblemente se convierte en un
símbolo político.
Pero la chispa que desencadenará una guerra religiosa es la voluntad del
gobierno de cuestionar, a través de las congregaciones,
la enseñanza católica.
Miles de escuelas confesionales son cerradas por decisión administrativa
y la mayoría de las congregaciones religiosas son prohibidas y deben
abandonar
su monasterio, propiedad del Estado desde la Revolución
francesa.
En las ciudades de provincia, la reacción es intensa,
sobre todo en Bretaña, donde
se manifiestan enérgicamente para defender estas escuelas confesionales.
Pero el gobierno es inflexible y llegará a enviar soldados
armados a la Grande Chartreuse, cerca de Grenoble,
para proceder a la expulsión de los
monjes.
La sociedad francesa está ahora desgarrada por la cuestión religiosa.
En las tierras católicas como Bretaña, el Macizo Central y Saboya,
el País Vasco, el Bearne o el norte agrícola,
las procesiones religiosas reúnen a miles de fieles que aceptan mal las
nuevas normas.
En Orleans o Compiègne, incluso se revive la figura de la
piadosa y heroica
Juana de Arco, para gran alegría de Maurice
Barrès, la figura
literaria y política más destacada de esta derecha nacionalista que pretende
resistir al cambio de paradigma.
En este clima especialmente tenso, la mayoría de izquierdas se lanza
a
un último pulso con la Iglesia.
En 1905 se debate en la Asamblea un proyecto de separación entre las
Iglesias y el Estado.
Gracias al socialista moderado Aristide Briand, la ley intenta alcanzar un compromiso.
A partir de ahora, el Estado ya no pagará ni
subvencionará ningún culto.
Pero, a cambio, garantizará el libre ejercicio de todas
las religiones.
Un compromiso que sigue siendo insoportable para la Iglesia católica.
Entonces, como el canto del cisne de una lucha ya
perdida, se protesta
una última vez alrededor de las iglesias, sobre todo en París, para intentar
impedir el inventario de los bienes que deben ser, como señal de separación
definitiva,
devueltos por el Estado a la nueva Iglesia de Francia.
Último pulso,
última tensión.
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Original transcript (French)
Le débat qui fracture alors la France n'est pas la colonisation, mais une querelle religieuse qui va durablement marquer notre histoire politique. La République a décidé que le temps était venu de se séparer de l'Église catholique.
En 1902, le président du Conseil, Émile Combes, à la tête d'une majorité de gauche rassemblant radicaux socialistes et radicaux, se lance dans une laïcisation à marche forcée. La première étape est le retrait des crucifix de tous les bâtiments publics.
L'obligation de neutralité dans les écoles est rappelée par une circulaire, au grand dam de nombreux petits villages qui refusent d'enlever le symbole des salles de classe. Un instituteur du Doubs, dépité, écrit à son inspecteur : "J'ai monté sur une chaise pour le
déplacer, mais je suis un peu court et j'ai rencontré de la résistance. Je sais aussi qu'il sera replacé aussitôt qu'enlevé. Une émeute est à craindre. Toute la population est surexcitée. Il serait prudent de différer à vos ordres encore quelque temps."
Après les écoles, ce seront les hôpitaux et les tribunaux où des juges démissionneront, des témoins refuseront de prêter serment sans la présence de la croix.
Enlever les crucifix des lieux publics est une décision inacceptable pour la hiérarchie catholique qui, en représailles, lance un appel, comme le fait l'évêque de Valence dans une lettre pastorale. Que tous les chrétiens arborent la croix dans leur demeure et la portent avec un saint orgueil et ostensiblement sur leur poitrine.
Le signe religieux que l'on porte à nouveau de manière ostentatoire devient un symbole politique. Mais l'étincelle qui va déclencher une guerre religieuse, c'est la volonté du gouvernement de remettre en cause, au travers des congrégations, l'enseignement catholique.
Des milliers d'écoles confessionnelles sont fermées sur décision administrative et la plupart des congrégations religieuses sont interdites et doivent abandonner leur monastère, propriété de l'État depuis la Révolution française.
Dans les villes de province, la réaction est vive, notamment en Bretagne, où l'on manifeste avec force pour défendre ces écoles confessionnelles. Mais le gouvernement est intraitable et ira jusqu'à envoyer des soldats en armes à la Grande Chartreuse, près de Grenoble,
pour procéder à l'expulsion des moines. La société française est désormais déchirée par la question religieuse. Dans les terres catholiques comme la Bretagne, le Massif central, la Savoie, le Pays basque, le Béarn ou le nord agricole,
les processions religieuses rassemblent des milliers de fidèles qui vivent mal les nouvelles règles. À Orléans ou à Compiègne, on fait même revivre la figure de la pieuse et héroïque Jeanne d'Arc, pour le plus grand bonheur de Maurice
Barrès, la figure de proue littéraire et politique de cette droite nationaliste qui se veut résistante au changement de paradigme. C'est dans ce climat particulièrement tendu que la majorité de gauche se lance dans
un dernier bras de fer avec l'Église. En 1905 est débattu à l'Assemblée un projet de séparation des Églises et de l'État. Grâce au socialiste modéré Aristide Briand, la loi tente un compromis. Désormais, l'État ne va plus salarier ni
subventionner aucun culte. Mais en échange, il garantira le libre exercice de toutes les religions. Un compromis qui reste insupportable pour l'Église catholique. Alors, comme le chant du cygne d'un combat déjà
perdu, on manifeste une dernière fois autour des églises, notamment à Paris, pour tenter d'empêcher l'inventaire des biens qui doivent être, en signe de séparation définitive, rétrocédés par l'État à la nouvelle Église de France.
Dernier bras de fer, dernière tension.