André Fabre : comment former un cheval d’obstacle
Comment fabrique-t-on un cheval d'obstacle ?
Et bien-
C'est difficile de fabriquer un cheval d'obstacle.
C'est très difficile et nous allons donc écouter les explications d'André Fabre.
André Fabre, qui fut le jockey en 1977 de Corps à
Coeur, qui remporta le Grand Steeple-Chase
d'Auteuil.
Et cette année, André Fabre fut le préparateur de
fondeur, un homme qu'il faut écouter pour savoir
comment on fabrique.
André Fabre, ex-gentleman rider, ex-jockey d'obstacle, abandonne le
métier à l'âge de trente ans et il devient entraîneur. Pourquoi ?
Euh, je pense que j'avais obtenu une sorte de
consécration en gagnant le Grand
Steeple avec Corps à Coeur pour Monsieur Adel.
Et euh, je prenais de l'âge. C'est un métier pour les jeunes.
Il était temps que j'arrête.
Trente ans, c'est vieux pour un jockey d'obstacle ?
Pour un jockey d'obstacle, oui, c'est assez vieux.
Surtout que j'avais eu quand même un certain nombre d'accidents sérieux.
Vous avez remporté deux fois le Grand Steeple, une fois comme jockey, une fois
comme entraîneur. Quelle victoire vous a fait le plus
plaisir ?
En tant qu'entraîneur, c'est plutôt un aboutissement.
On n'a pas l'impression de triompher de l'adversité, comme quand on est jockey.
Puis la victoire en tant qu'entraîneur, c'est surtout la victoire d'un travail
collectif.
Du lac qui fait le cheval, du jockey qui le monte,
du propriétaire qui a eu la
patience d'attendre. Lorsqu'on a un grand gagnant en tant
qu'entraîneur, c'est
plutôt une sorte de soulagement. Ça s'est bien passé.
Comment fabrique-t-on un cheval d'obstacle
?
Avant tout, c'est une question de patience hein.
La carrière d'un cheval d'obstacle s'étale sur plusieurs années et il faut surtout
avoir ça à l'esprit. Il faut voir plus loin que les engagements
immédiats,
que la saison à venir hein. Il faut, il faut se les fabriquer, les chevaux
d'obstacle, selon l'expression qu'employait mon ancien
patron hein.
André Adel.
Et pour, pour se fabriquer des chevaux, il faut donc,
il faut voir plus loin que le
bout de son nez. Il faut penser qu'à cinq ans,
il aura l'aptitude suffisante et le
fond pour faire des, des, des gros parcours d'Auteuil.
Et puis il faut être soigneur également parce qu'un cheval, c'est fragile.
Ah oui.
Surtout en obstacle.
Oui, en obstacle, on a des, on a des accros supplémentaires à,
à ceux du plat
parce qu'on est obligé de préparer les chevaux sur le plat pour leur souffle et
en
plus, on est obligé de les sauter. Donc, c'est une source supplémentaire de travail
pour les chevaux et donc d'accidents.
Est-ce qu'il y a un gros déchet
en obstacle ?
Il y a, il y a un gros déchet, pas plus important que dans le plat.
C'est à peu près la même chose.
Est-ce que vous envisageriez, par exemple, de faire disputer à un cheval le Grand
National de Liverpool ?
C'est un peu une loterie. C'est-- Bon, je dis bravo à ceux qui le montent.
Je dis bravo surtout aux chevaux parce que c'est un parcours où il y a des
pièges hein.
Donc c'est pas un parcours très franc pour les chevaux ou pour les hommes hein.
Oui.
Et je suis pas tellement épaté par-
Et voici Fondeur, vainqueur du Grand Steeple-Chase de Paris.
Son jockey, Marc Legrand, est encore tout émotionné au souvenir de
cette
victoire acquise après six mille cinq cents mètres d'une course où il faut
sauter vingt-huit obstacles. Une victoire dans le Grand Steeple,
tous les jockeys
d'obstacle en rêvent. À quoi pense-t-on quand on arrive sur la
dernière haie ?
Ben,
'fin, on,
on souhaite de tout cœur de pouvoir passer
bien déjà la dernière haie, puis après d'arriver
en tête au poteau.
Il y a quatre ans, Fondeur avait ainsi commencé son
apprentissage à
la dure école de l'obstacle. C'était un bon élève, assurément.
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