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Je me souviens, j’ai eu un débat avec un porte-parole israélien qui a dit :
« Tu te trompes à propos d’Israël, viens, viens visiter Israël et nous te montrerons la vérité. »
Alors j’ai dit : « D’accord, je verrai la vérité par moi-même. »
J’y suis allé en 2016 et wow, c’était un voyage transformateur, qui a changé ma vie.
Tout ce que je pensais savoir était en réalité bien pire que ce que j’avais imaginé.
J’ai passé quatre semaines à voyager à travers toute la Cisjordanie, dans de petits villages, des camps de réfugiés.
Je suis resté dans le camp de réfugiés de Balata, le camp de réfugiés d’Aida.
Je me souviens être allé à Hébron, qui était l’exemple le plus viscéral de l’apartheid israélien que j’aie jamais
vu. Et puis bien sûr, entrer dans les frontières de 48 était juste l’exact opposé, complètement dichotomique.
Je veux dire, vous savez, passer plusieurs semaines avec des Palestiniens, les entendre ouvrir entièrement leur cœur.
Je veux dire, les gens les plus beaux, les plus accueillants, les plus gracieux que j’aie jamais rencontrés de ma vie.
Et personne n’a jamais rien dit d’aucunement raciste. Personne n’a rien dit d’aucunement antisémite.
Et c’était exactement l’inverse du récit qu’on nous a raconté toute notre vie.
Maintenant, en entrant dans les frontières de quarante-huit, le racisme et la bigoterie étaient viscéraux.
C’était palpable au point que je ne pouvais même pas
supporter d’être là plus que quelques heures. Je veux dire,
je ne voulais même pas dépenser d’argent là-bas parce que j’étais tellement dégoûté.
Il y a une raison pour laquelle on ne montre pas aux Américains ce que la société israélienne pense et croit devant la caméra.
On ne nous montre qu’une version très aseptisée de ce que la société israélienne pense et croit,
parce qu’ils choisissent soigneusement des porte-parole avec des accents américains pour parler aux Américains.
Et, vous savez, j’ai parcouru Jérusalem pendant quelques heures et j’ai interrogé des Israéliens,
et les résultats étaient assez choquants. Je veux dire, le premier jour où j’étais là,
littéralement, dans les vingt minutes après avoir quitté l’aéroport, je me souviens avoir vu
une rangée de gens gravissant une énorme colline avec leurs voitures derrière des barricades en béton.
Et j’ai dit : que se passe-t-il ici ? Et mon amie Nancy Mansour
a dit : oh, c’est ce qu’ils font pour simplement gêner les Palestiniens de façon routinière.
Ils vont juste bloquer, installer des checkpoints de fortune,
et les obliger à marcher trois heures en dehors de leur trajet direct pour rentrer chez eux.
Et dès le départ, j’ai juste dit : oh, mon Dieu.
Quelques minutes plus tard, nous avons vu une ambulance à un checkpoint où ils faisaient sortir
une personne qui était probablement en train de se vider de son sang. Je veux dire, quelqu’un qui avait besoin
d’une aide médicale immédiate. Et ils étaient en train de vérifier l’ambulance. Je veux dire, nous savons ce qu’ils font.
Nous savons qu’ils refusent aux Palestiniens les soins médicaux.
Donc c’est ce que j’ai vu dans les premières heures où j’étais là.
Quelques heures plus tard, nous avons appris qu’un agriculteur avait été abattu dans le dos pour ne pas s’être retourné
assez vite quand un soldat israélien a appelé son nom. Nous sommes allés aux funérailles le lendemain,
et nous avons passé du temps avec la famille. Alors que nous quittions les funérailles,
des soldats israéliens avaient installé une autre barricade de fortune juste devant la maison et avaient commencé
à lancer des gaz lacrymogènes et à tirer des balles en caoutchouc sur les personnes en deuil.
Et je n’arrivais tout simplement pas à croire ce que j’étais en train de voir de mes propres yeux.
Je veux dire, les histoires sont interminables. Rien que d’être là quelques semaines,
en passant par le checkpoint de Qalandia, il y avait un homme âgé, les bras levés, qui marchait vers
la porte de sécurité, et ils ont juste ouvert le feu, ouvert le feu pour rien, pour rien.
Les balles volaient partout. On se baissait dans la voiture. Et, tu sais, comme on le sait, ils ont
une impunité totale et complète. Ils tueront n’importe qui et le justifieront après coup.
Et donc, à ce moment-là, j’ai juste réalisé que si ils tuaient tout le monde dans cette voiture,
ça ne compterait pas. Mon gouvernement ne ferait rien pour défendre ma vie ni pour demander des comptes
pour ma vie, ni pour celle du pauvre Palestinien sur qui ils étaient en train de tirer.
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Original transcript (English)
I remember I had a debate with an Israeli spokesperson who said, you're wrong about Israel, come, come visit Israel and we'll show you the truth. And so I said, okay, I'll see the truth for myself. I went in 2016 and wow, it was a transformative, life-changing trip. Everything that I thought I knew was actually much worse than I had even thought.
I spent four weeks traveling all across the West Bank, small villages, refugee camps. I stayed in the Balata refugee camp, Aida refugee camp. I remember going to Hebron, which was the most visceral example of Israeli apartheid I'd ever seen. And then of course, going into the borders of 48 was just the absolute dichotomous opposite. I mean, you know, spending several weeks with Palestinians, hearing their hearts poured open.
I mean, the most beautiful, welcoming, gracious people I've ever met in my life. And no one ever said anything remotely racist. No one said anything remotely antisemitic. And it was just the opposite of the narrative that we've been told our whole lives. Now, now going into the borders of 48, the racism and bigotry was visceral. It was palpable to the point where I couldn't even
bear to be there for more than a couple hours. I mean, I didn't even want to spend money there because I was so disgusted. There's a reason why Americans are not shown what Israeli society thinks and believes on camera. We're only shown a very sanitized version of what Israeli society thinks and believes, because they handpick spokespeople with American accents to speak to Americans.
And, you know, I went around Jerusalem for a few hours and interviewed Israelis, and the results were quite shocking. I mean, the first day that I was there, literally within 20 minutes of leaving the airport, I remember seeing a row of people walking up a huge hill with their cars behind concrete barricades. And I said, what is going on here? And my friend Nancy Mansour
said, oh, this is what they do to just inconvenience Palestinians routinely. They'll just blockade, set up makeshift checkpoints, and make them walk three hours outside of where their direct route is to get home. And right out of the gate, I just said, oh, my God. A couple minutes later, we saw an ambulance at a checkpoint where they were pulling out
a person who was probably bleeding out. I mean, someone who needed immediate medical assistance. And they were checking the ambulance. I mean, we know what they do. We know that they deny Palestinians medical care. So that's what I saw within the first couple hours of being there. A couple hours later, we heard that a farmer was shot in the back for not turning around
quickly enough when an Israeli soldier called his name. We went to the funeral the next day, and we spent time with the family. As we were leaving the funeral, Israeli soldiers had set up another makeshift barricade right outside of the house and started tear gassing and shooting rubber bullets at the funeral goers. And I just could not believe what I was witnessing firsthand.
I mean, the stories are endless. Of just being there a few weeks, going through Qalandia checkpoint, there was an elderly man with arms raised walking toward the security gate, and they just opened fire, opened fire for nothing, for nothing. Bullets were flying everywhere. We were ducking in the car. And, you know, as we know, they have complete and total impunity. They will kill anyone and retroactively justify it.
And so at that point, I just realized if they killed everyone in this car, it wouldn't matter. My government would do nothing to fight for my life or accountability for my life, as well as the poor Palestinian man that they were opening fire on.