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Estonia's Cybersecurity Model and Practices
Since the start of the year, over 43 million accounts
online have
been hacked in France. In this field, one country is seen as a
model: Estonia. 18 years after being targeted
by a Russian cyberattack, the Baltic state has become a digital
fortress.
Let's see how with Ariel Camus and Pierre Dehorn.
It might not be obvious, we grant you that.
Little Estonia, 50 times less populated than
France, is a
digital giant. Everyone has a card in their pocket,
much more than an ID card.
With this card, I can get my prescriptions,
I go to the pharmacy.
You can vote. I voted online.
It's very easy.
Gauthier has lived in Estonia for 16 years.
His card, equipped with a secure chip, is essential to him
for everything.
Paying taxes in three minutes. Yes, you heard that right.
Accessing health records, voting. He also used it to get
married to his wife, Aily, or even buy a house.
Encrypted data. The government itself must ask
for access
from its citizens.
It's true that in France, we had the NTS, which had been, um,
which had been hacked. Here, it works better.
It's very secure.
Then again, I don't work in it, I don't know, but
we trust it.
The Baltic nation has become a fortress in cybersecurity.
It made it an absolute priority, an obsession.
When in 2007, Estonia suffered a massive cyberattack
from
Russia. Ministries, media, banks, paralyzed for
three weeks.
Since that trauma, the Ministry of Defense organizes
every 50 days in this top-secret area, cyber
exercises.
Each team has one of its computers to defend, and they are real ones used
all over the world.
The military, businesses, and state services
carry out
training that sometimes spans entire weeks.
We launch attacks against our own systems and we have prepared our
defenses. So what I advise you to do in
France is to get
ready.
Even if you don't see any danger, get ready.
Following the military model, the government also relies on
reservists. The cyber defense unit.
Hundreds of volunteer IT specialists who can be mobilized
at any time in case of an attack.
Every Estonian is an educated internet user, from primary school
all the way to university.
We must train those who are capable of providing us with this security, since we don't
necessarily have the money to buy this security elsewhere.
In other countries, they say, "They're going into IT,"
whereas in Estonia,
many of them say, "I'm going into security."
The Russian neighbor continues its cyberoffensives,
which have tripled over the past six years.
What makes Estonia strong is that it knows exactly what
to do the day one of these attacks succeeds.
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Original transcript (French)
Depuis le début de l'année, plus de quarante-trois millions de comptes en ligne ont été piratés en France. En la matière, un pays fait figure de modèle. Il s'agit de l'Estonie. Dix-huit ans après avoir été la cible d'une cyberattaque russe, le pays balte est devenu une forteresse
numérique. Voyons comment avec Ariel Camus et Pierre Dehorn. Ça ne saute pas aux yeux, on vous l'accorde. La petite Estonie, cinquante fois moins peuplée que la France, est un
géant du numérique. Tous ont dans leur poche une carte, bien plus qu'une pièce d'identité. Avec cette carte, je peux avoir mes ordonnances, je vais à la pharmacie. On peut voter. Moi, je votais en ligne.
C'est très facile. Gauthier réside en Estonie depuis seize ans. Sa carte, équipée d'une puce sécurisée, lui est indispensable pour tout. Payer ses impôts en trois minutes. Oui, vous avez bien entendu.
Accéder au dossier santé, voter. Il a aussi utilisé pour se marier avec sa femme, Aily, ou même acheter une maison. Des données chiffrées. Le gouvernement lui-même doit demander l'accès à ses citoyens.
C'est vrai qu'en France, on avait eu la NTS qui avait été euh, qui avait été hackée. Ici, ça fonctionne mieux. C'est très sécurisé. Après, je ne travaille pas dedans, je ne sais pas, mais on a confiance.
Le pays balte est devenu une forteresse en cybersécurité. Il en a fait une priorité absolue, une obsession. Quand en 2007, l'Estonie subit une cyberattaque massive de la Russie. Ministère, médias, banque, paralysés pendant
trois semaines. Depuis ce traumatisme, le ministère de la Défense organise tous les cinquante jours dans cette zone ultra-secrète des cyberexercices. Chaque équipe a un de ses ordinateurs à défendre et ce sont des vrais utilisés
partout dans le monde. L'armée, les entreprises et les services de l'État réalisent des entraînements qui s'étalent parfois sur des semaines entières. Nous faisons des attaques contre nos propres systèmes et nous avons préparé nos
défenses. Donc, ce que je vous conseille de faire en France, c'est de vous préparer. Même si vous ne voyez pas de danger, préparez-vous. Comme sur le modèle de l'armée, le gouvernement compte aussi sur des
réservistes. L'unité de cyberdéfense. Des centaines d'informaticiens bénévoles mobilisables n'importe quand en cas d'attaque. Chaque Estonien est un internaute sensibilisé, de la primaire jusqu'à l'université.
On doit former ceux qui sont capables de nous donner cette sécurité, vu qu'on n'a pas forcément l'argent pour acheter cette sécurité autre part. Dans d'autres pays, ils disent : Ils vont dans l'informatique, alors qu'en Estonie, c'est beaucoup disent : Je vais dans la sécurité.
Le voisin russe poursuit toujours les cyberoffensives, multipliées par trois ces six dernières années. Ce qui fait la force de l'Estonie, c'est qu'elle sait exactement quoi faire le jour où une de ses attaques réussira.