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French → English transcript
We cannot reduce relations between Africans
to 15 minutes of a football match.
I think that would really oversimplify the realities of the continent.
Jocelyne.
Khadija.
I do not remember.
Being afro-optimistic does not mean thinking that everything is fine.
It is not being in denial,
it is not being in that kind of performative positivity.
It is being realistic,
but it also means believing that we can tell our story differently,
outside of our past,
which sometimes has not always been glorious.
We can pull other things out of our histories
than colonization, tales of domination,
or the slave trade.
It is those who have no prospects for the future
who tell themselves that we are limited by our cultural conditioning
and that, in the end, we are condemned to reproduce
continually the same mistakes and the same patterns.
I do not believe in this defeatist discourse.
We cannot reduce relations between Africans
to 15 minutes of a football match.
I think that would really reduce the realities of the continent.
I think it allows us to become aware
that there are problems, that they must be addressed,
that we have to try to talk about them, to dissect them,
to understand them, to integrate them,
but that this is not enough to establish an assessment
of African-to-African relations.
On a personal level, it shattered me a little
from an emotional point of view, because I said to myself,
my God, I feel like we are making
ten steps backward when the road is long and difficult.
So, for me, it is the confirmation
that we need to keep doing this awareness work,
in any case to share information
about who we really are,
far from the fantasies people can sometimes have about the continent.
I briefly commented on it in a story,
but honestly, on a personal level,
it was an event that was far too painful for me.
I did not have the emotional resources
to be able to talk about it in a detached
and objective and calm way.
So I preferred to distance myself from it
and focus on what I usually do,
that is to say focus on our historical narratives,
on exploring art and culture.
I felt that these were themes
that tended to soothe and to connect more.
It is a vital necessity.
I do not think it is a trend.
I think the renewal of stories,
that is actually something very old.
And we have always done it.
It is something inherent to our cultures,
to renew stories.
We might be talking about a trend
because the form, the media, the platforms change
in order to be able to pass on those stories,
those new narratives.
And maybe that is what is unsettling
and gives the impression it is just a passing fad.
It is just that the people now
who have access to these stories
and who also have the ability to pass them on
are changing.
I am not a journalist,
I am not a trained historian,
I am simply self-taught.
And yet now, at my humble level,
I also have the power to pass on stories
with a different perspective as well.
That is a very good question.
Because I myself ask those questions,
especially with Ibrahim Traoré,
for example, who has been a figure
who has really united people across all of Africa
because he brought a spirit of renewal,
of emancipation, of assertion,
that many people liked.
But on the other hand as well,
there are policies carried out toward LGBT people
that have also made those stances open to question.
So it is difficult.
But from a personal point of view,
I feel a bit uncomfortable
taking a position in place of the people
who live in those countries.
In reality, talking about racism is exhausting everywhere.
Because it concerns every society in the world.
We are going to encounter, I would say,
resistance and complications.
and different difficulties depending on the context.
When I have to talk about issues of discrimination
or race, racialization
within Maghrebi communities in France,
I encounter resistance and sometimes reactions
that are very violent,
which I am not necessarily going to encounter in Morocco.
On the contrary, I am not going to get a violent reaction.
I have the feeling that Moroccan society
is more open.
I think that the difficulty, maybe,
that I will encounter in a Moroccan context
is that we do not name these things.
It is as if they did not exist in our realities.
It is difficult to debate something that does not exist.
It is difficult even to start a conversation.
France, right now, is focused on France.
I don't feel that we really are
at the heart of the country's concerns,
and maybe rightly so, maybe not.
There are cooperative initiatives
between France and Africa.
After that, I feel like it still remains political.
I have some reservations about all those initiatives.
But I think it is not necessary to ask ourselves
or to wait and see if France is Afro-optimistic
or if it has particular intentions
toward our continent.
We have to free ourselves from those concerns.
If it decides to be Afro-optimistic, that's great,
but it is not a priority, I think, for us,
for us to build ourselves together.
Subtitling Société Radio-Canada
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Original transcript (French)
On ne peut pas réduire les relations entre Africains à 15 minutes d'un match de football. Je pense que ce serait vraiment réduire les réalités du continent. Jocelyne. Khadija.
Je ne me souviens pas. Être afro-optimiste, ce n'est pas penser que tout va bien. Ce n'est pas être dans le déni, ce n'est pas être dans la positivité un peu performative. C'est être réaliste,
mais c'est penser aussi qu'on peut se raconter différemment, en dehors de notre passé, qui parfois n'a pas toujours été glorieux. On peut extirper de nos histoires d'autres choses que la colonisation, que des récits de domination
ou de traite esclavagiste. C'est ceux qui n'ont pas de perspective d'avenir qui se disent qu'on est limité à nos conditionnements culturels et que finalement, nous sommes condamnés à reproduire continuellement les mêmes erreurs et les mêmes schémas.
Ce discours défectiste, je n'y crois pas. On ne peut pas réduire les relations entre Africains à 15 minutes d'un match de football. Je pense que ce serait vraiment réduire les réalités du continent. Je pense que ça nous permet de prendre conscience
qu'il y a des problèmes, qu'il faut les adresser, qu'il faut essayer d'en parler, de les décortiquer, de les comprendre, de les intégrer, mais que ça ne suffit pas pour établir un bilan des relations africano-africaines.
Sur le plan personnel, ça m'a un petit peu anéantie d'un point de vue émotionnel, parce que je me suis dit, mon Dieu, j'ai l'impression qu'on est en train de faire dix bons en arrière alors que le chemin est long et difficile. Donc, pour moi, c'est la confirmation
qu'il faut continuer à faire ce travail de sensibilisation, transmettre en tout cas des informations sur qui l'on est réellement, loin des fantasmes qu'on peut avoir parfois sur le continent. Je l'ai commenté brièvement en story,
mais honnêtement, sur un plan personnel, c'était un événement qui était bien trop douloureux pour moi. Je n'avais pas les ressources émotionnelles pour pouvoir en parler de manière détachée et objective et sereine.
Donc, j'ai préféré m'en détacher et me concentrer sur ce que je fais habituellement, c'est-à-dire de me concentrer sur nos récits historiques, sur l'exploration de l'art, de la culture. Je trouvais que c'était des thèmes
qui avaient tendance à apaiser et à relier davantage. C'est une nécessité vitale. Je ne pense pas que ce soit une mode. Je pense que le renouvellement des récits, c'est quelque chose de très ancien en réalité.
Et on l'a toujours fait. C'est quelque chose d'inhérent à nos cultures, de renouveler les récits. On parle peut-être de mode parce que la forme, les supports, les plateformes changent
pour pouvoir transmettre ces histoires-là, ces nouveaux récits. Et c'est peut-être ça qui perturbe et qui donne l'impression que c'est une simple mode. C'est juste que les personnes maintenant
qui ont accès à ces histoires et qui ont aussi la capacité de les transmettre, changent. Je ne suis pas une journaliste, je ne suis pas une historienne de formation,
je suis une simple autodidacte. Et pourtant, maintenant, à mon humble niveau, j'ai le pouvoir aussi de transmettre des histoires avec aussi un regard différent. C'est une très bonne question.
Parce que moi, je me pose ces questions-là, notamment avec Ibrahim Traoré, par exemple, qui a été une figure qui a beaucoup fédéré dans toute l'Afrique parce qu'il a apporté un esprit de renouveau,
d'émancipation, d'affirmation, qui a beaucoup plu. Mais de l'autre côté aussi, il y a des politiques menées vis-à-vis des personnes LGBT qui ont fait questionner aussi ces prises de position.
Donc c'est difficile. Mais d'un point de vue personnel, moi, je me sens un peu mal à l'aise de me positionner à la place des personnes qui vivent dans ces pays-là.
En réalité, parler de racisme, c'est éprouvant partout. Parce que ça concerne toutes les sociétés du monde. On va rencontrer, je dirais, des résistances et des complications et des difficultés différentes en fonction du contexte.
Quand je dois parler des problèmes de discrimination ou de racialité, de racialisation au sein des communautés maghrébines en France, je rencontre des résistances et des réactions parfois qui sont très violentes,
que je ne vais pas forcément rencontrer au Maroc. Au contraire, je ne vais pas avoir de réaction violente. J'ai l'impression que la société marocaine est davantage ouverte. Je pense que la difficulté peut-être
que je vais rencontrer dans un contexte marocain, c'est qu'on ne nomme pas ces choses-là. C'est comme si elles n'existaient pas dans nos réalités. C'est difficile de débattre de quelque chose qui n'existe pas. C'est difficile même d'initier une conversation.
La France, en ce moment, elle est centrée sur la France. Je n'ai pas le sentiment qu'on soit vraiment au cœur des préoccupations du pays, et peut-être à raison, peut-être à tort. Il y a des actions qui sont menées de coopération
entre la France et l'Afrique. Après, moi, j'ai le sentiment que ça reste politique. J'ai quelques réserves par rapport à toutes ces actions-là. Mais je pense qu'il n'est pas nécessaire de se demander ou d'attendre si la France est afro-optimiste
ou si elle a des intentions particulières vis-à-vis de notre continent. Il faut qu'on se libère de ces considérations-là. Si elle décide d'être afro-optimiste, c'est génial, mais ce n'est pas une priorité, je pense, pour nous,
pour qu'on se construise ensemble. Sous-titrage Société Radio-Canada