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– Vous voyez, ce lundi, vous convoquer des procureurs généraux,
qu'allez-vous leur dire ?
– D'abord, je vais leur rappeler, ce qu'ils savent déjà,
puisque ce sont des magistrats extrêmement confirmés,
qui sont le chef de leur cour d'appel dans la ligne du parquet,
puisqu'ils gèrent les parquetiers.
Et que là, c'est quelque chose de très différent des autres affaires
dont vous pouvez me parler,
c'est que là, il n'y a pas eu une décision d'un juge indépendant
qu'on pourrait contester, vous et moi, peut-être en tant que citoyen,
dire c'est pas assez dur, c'est pas assez fort,
pourquoi il a été libéré de détention provisoire,
pourquoi on n'a pas choisi de le mettre en détention provisoire.
Là, il n'y a aucun juge qui est rentré dans cette histoire.
Là, il s'agit du parquet, c'est-à-dire ceux qui sont sous l'autorité hiérarchique
du garde des Sceaux directement.
Donc, c'est très important de voir que là,
je vais parler directement à mon bras armé.
Vous savez, le chef des procureurs généraux m'a dit,
quand je suis arrivé à la chancellerie,
nous sommes votre bras armé, Monsieur le ministre, utilisez-nous.
Eh bien, donc, don t'acte, je vais utiliser.
Je vais leur dire demain matin que cette affaire est extrêmement grave
pour la confiance que les Français nous font
et que nous devons être à la hauteur de ce qu'ils attendent.
C'est-à-dire, non seulement prendre en considération
que quelque chose a raté et qu'il faut que nous le disions,
savoir se remettre en cause, c'est très important dans la vie
et de ne pas mettre la poussière sur le tapis.
Mais je sais, pour avoir échangé avec eux aujourd'hui,
qu'ils en ont conscience.
Leur dire qu'ils ont par ailleurs jusqu'au 14 juillet,
c'est-à-dire un mois,
pour reprendre l'intégralité des plaintes qui touchent les enfants.
L'intégralité des plaintes qui touchent les enfants.
Il y en a à peu près 70 000 qui touchent aujourd'hui les enfants,
soit pour des viols, soit pour des attouchements sexuels.
– Vous allez demander, pardon, qu'on revoie d'ici à l'été, 70 000 plaintes ?
– Non, pas d'ici à l'été, d'ici le 14 juillet.
Donc on se donne un mois.
On va, avec le ministre de l'Intérieur qui, demain matin, je l'en remercie,
va donner une dépêche à l'ensemble de ces policiers, de ces gendarmes
pour dire qu'ils doivent être sous l'autorité absolue
des procureurs de la République.
Et j'en remercie Laurent Nunes pour ça.
On va prendre, ressort par ressort, toutes les plaintes.
Et au 14 juillet, je vais les réunir à nouveau.
Et moi, je ne partirai pas en vacances.
Et il n'y a pas un haut magistrat qui va partir en vacances.
Tant que je n'aurai pas vu un par un les procureurs généraux
pour qu'on fasse le bilan de sa cour d'appel, qu'on voit ce qui manque,
s'il y a des difficultés ici ou là,
peut-être des problèmes avec le ministre de l'Intérieur,
peut-être des problèmes d'experts parce qu'il manque des psys
ou des médecins légistes, il peut y avoir ce genre de problème.
Ce n'est pas manifestement le cas dans l'affaire de Liana.
Mais je parle en général.
Et personne ne partira en vacances tant que je n'aurai pas la certitude
que toutes les plaintes pour lesquelles les procureurs de la République
ont ouvert une enquête qui concerne les enfants n'ont pas été correctement…
– Pardon, je vous fais bien préciser parce que l'énormité du chiffre frappe,
c'est-à-dire que les 70 000 plaintes actuellement existantes,
toutes seront examinées dans cet esprit d'ici le 14 juillet.
– Exactement.
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