Transcript · French → Portuguese

Political Interview on Recent Events

Senhor ministro, boa noite. Permita-me situá-lo brevemente

para os

telespectadores que nos estão a ver, é importante.

Foi primeiro ministro do Orçamento, depois ministro da Saúde,

uma breve passagem pelo Interior. Depois disso, foi ministro da

Agricultura.

Ah, não, não, não, da Cultura.

Não, não, da Agricultura.

Ah sim, é possível.

Sim. E, por fim, hoje, ministro de Estado da Habitação Espaçosa e

da

Reinserção Social.

Sim, esqueceu-se da minha breve passagem pelo

Ministério da Juventude e do Desporto.

Ah sim, tem a certeza? Porque aí, eu—

Ah bem, sabe, recebo uma pensão vitalícia,

estou em boa posição para o saber.

Está bem.

Então, a minha primeira pergunta se-será simples : a morte do juiz De Falguières.

Ainda nos fazemos a pergunta. Então, morte natural, suicídio ou homicídio?

Hum…

O juiz de?

De Falguières.

Sim. Sim, não, não, mas eu, lembro-lhe isto porque os

telespectadores se

lembram todos. Trata-se do juiz que investigou

as faturas falsas do

seu partido.

Pois.

Ah, sim, sim, claro. É um caso triste e delicado.

Sim, aliás, o que aconteceu então? A sua opinião.

Então, para si.

Como assim, para mim?

Cabe-lhe a si dizer a verdade.

A verdade.

Ah.

Sim.

Hum, isto, isto, isto, isto—

Sobre a morte do juiz de Falguières.

Quer dizer que, na época, vou dizer-lhe francamente que tinha

posto em prática

tudo o que estava ao meu alcance para, para, para…

Não, não, não, senhor ministro, o público, tal como nós, concorda,

trata-se

da hora da verdade verdadeira, mesmo assim.

É difícil.

Sim, mas mesmo assim.

Eu diria que foi um suicídio.

Suicídio?

Sim, enfim, na medida em que a escolha não lhe tinha

sido deixada.

Não, mas espere, sejamos claros, senhor ministro, mesmo assim.

Entro no jogo. Assassinato.

Assassinato.

Assassinato.

Isso.

É difícil entrar no jogo. É difícil.

Você não faz—

É isso que os franceses esperam, e eu os compreendo.

Mas vocês se entendem muito, muito bem.

Vamos dar uma olhada agora mesmo no seu índice de popularidade, senhor...

Pronto, olhe, vinte e cinco por cento.

Seis por cento a mais do que no início do programa.

Fico muito feliz. Continuamos. Continuamos.

Então, afinal, o senhor estava mesmo ciente desse

assassinato?

Eu sabia. Mas, francamente, e essa é a pura verdade, na época,

o meu

ministério não dependia desse sinistro caso, não é?

Portanto.

Então, então, afinal, responsável mesmo assim.

Responsável, mas não culpado.

Certo.

Bravo. Uma última olhada na pesquisa,

senhor ministro.

Veja, o senhor está com quarenta e sete por cento.

É, é, é muito.

É menos que o senhor Marius.

É menos que o senhor Marius, porque o que agradou aos franceses na

semana

passada foi que, foi quando o senhor Marius reconheceu

mesmo ter

feito vista grossa ao tráfico de armas.

Isso é mesmo—

Escute, senhor Manuellu, então, permita-me dizer-lhe cara a cara que eu

nunca tive nem terei envolvimento com o tráfico de armas.

Ah, então talvez... Tráfico de drogas.

Tráfico de drogas, talvez, mas nunca tráfico de armas.

É uma questão de ética pessoal.

É formidável.

Bravo.

Bravo. Muito bem.

De qualquer forma, desculpe-me, é realmente formidável neste

programa,

o que é formidável é termos um ministro que

reconhece que

é um grande canalha.

Escute, senhor Manuellu, aprecio muito seus talentos de

jornalista.

Obrigado.

Mas certamente não cabe a você manchar minha imagem de marca.

Não, não, não.

Um pouco de decência.

Philippe, Philippe, acho que talvez caiba ao senhor

ministro dizer

isso ele mesmo. Você é um grande canalha.

Sim, é mais... Eu, esse é o objetivo do programa.

Eu sou

um belo filho da puta. Uma bela escória, como se diz no jargão político.

Mas acreditem em mim, não são tantos os que ousam dizê-lo.

Acreditem em mim.

Era isso que queríamos saber.

Chega de lenga-lenga, os franceses estão fartos disso,

eu os compreendo.

Muito bem. Senhor Ministro, o nosso programa terminou agora.

Podemos ver a sondagem final.

A sondagem final é de 52%.

O senhor Marius tinha conseguido?

Cinquenta, 56%. São, ainda assim, quatro quartos,

quatro por cento de

diferença.

Pronto. Então, só uma última palavra quanto às

próximas eleições.

Sabe, só os idiotas—

A votação terminou.

Não, quanto às próximas eleições

eleitorais, claro, bem, eu, eu, eu

conto com a determinação de todos os franceses.

Como veem, tenho cuecas como qualquer pessoa,

porque sou próximo de vocês.

Por favor.

Eu queria dizer—

Muito bem, senhor ministro. Acabou.

Aliás, eu também tenho os meus pequenos

problemas.

Também acontece de eu ir fazer cocô.

Sim.

E, aliás, tenho um bumbum como todo mundo.

Vou mostrar meu bumbum.

Sim, claro.

Não é? É claro

que sim. Podemos ver a pesquisa?

Muito bem. Obrigado, senhor.

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Original transcript (French)

Monsieur le ministre, bonsoir. Permettez-moi de vous resituer brièvement pour les téléspectateurs qui nous regardent, c'est important. Vous avez été donc tout d'abord ministre du Budget, ensuite ministre de la Santé, un court passage à l'Intérieur. Après quoi, vous avez été ministre de

l'Agriculture. Ah non, non, non, de la Culture. Non, non, de l'Agriculture. Ah bon, c'est possible. Ouais. Et pour finir aujourd'hui, ministre d'État des Logements spacieux et

de la Réinsertion sociale. Oui, vous avez oublié mon court passage au ministère de la Jeunesse et des Sports. Ah bon, vous en êtes sûr ? Parce que là, je-

Ah ben, vous savez, je touche une pension à vie, je suis bien placé pour le savoir. D'accord. Alors ma première question se-sera simple : la mort du juge De Falguières. On se pose toujours la question. Alors, mort naturelle, suicide ou meurtre ?

Euh... Le juge de ? De Falguières. Oui. Oui, non, non, mais je, je vous le rappelle parce que les téléspectateurs s'en

souviennent tous. Il s'agit du juge qui avait enquêté sur les fausses factures de votre parti. Voilà. Ah oui, oui, tout à fait. C'est une, une affaire triste et délicate.

Oui, d'ailleurs, qu'en est-il alors ? Votre opinion. Alors, pour vous. Comment pour moi ? À vous de, de dire la vérité. La vérité.

Ah. Oui. Euh, ce, ce, ce, ce- Sur la mort du juge de Falguières. C'est-à-dire qu'à l'époque, je vais vous dire franchement que j'avais

mis en œuvre tout ce qui était en mon pouvoir de, de, de... Non, non, non, monsieur le ministre, le public comme nous est d'accord, il s'agit de l'heure de vérité vraie quand même.

C'est difficile. Oui, mais quand même. Je vous dirais que c'était un suicide. Suicide ? Oui, enfin, dans la mesure où le choix ne lui avait

pas été laissé. Non, mais alors, attendez, soyons clairs, monsieur le ministre, quand même. Je prends jeu. Meurtre. Meurtre. Meurtre.

Voilà. C'est difficile de rentrer dans le jeu. C'est difficile. Vous ne faites pas- C'est ce que les Français attendent et je les comprends. Mais vous vous entendez très très bien.

On jette un coup d'œil tout de suite sur votre cote de popularité, monsieur le... Voilà, regardez, vingt-cinq pour cent. Six pour cent de mieux qu'en début d'émission. Vous me voyez ravi. On continue. On continue. Alors, finalement, alors, vous étiez quand même au courant de ce

meurtre ? J'étais au courant. Mais franchement, et ça, c'est la vérité vraie, à l'époque, mon ministère ne dépendait pas de, de cette sinistre affaire n'est-ce pas, donc.

Alors, alors finalement, responsable quand même. Responsable, mais pas coupable. D'accord. Bravo. Un dernier coup d'œil sur le sondage, monsieur le ministre.

Regardez, vous êtes à quarante-sept pour cent. C'est, c'est, c'est beaucoup. C'est moins que monsieur Marius. C'est moins que monsieur Marius, parce que ce qui avait plu aux Français la semaine

dernière, c'est que, c'est quand monsieur Marius avait reconnu quand même avoir fermé les yeux sur le trafic d'armes. Ça, c'est quand même- Écoutez, monsieur Manuellu, alors là, permettez-moi de vous dire en face que je

n'ai jamais touché et ne toucherai jamais au trafic d'armes. Ah. Alors peut-être euh... Trafic de drogue. Trafic de drogue, peut-être, mais jamais au trafic d'armes. C'est une question d'éthique personnelle. C'est formidable.

Bravo. Bravo. C'est bien. C'est quand même euh, excusez-moi, c'est quand même formidable dans cette émission, ce qui est formidable, c'est qu'on a un ministre quand même qui

reconnaît quand même qu'il est un bel enfoiré. Écoutez, monsieur Manuellu, j'apprécie beaucoup vos talents de journaliste. Merci.

Mais ce n'est certainement pas à vous de ternir mon image de marque. Non, non, non. Un petit peu de bienséance. Philippe, Philippe, je crois que c'est peut-être à monsieur le ministre de le dire

lui-même. Vous êtes un bel enfoiré. Oui, c'est plus euh... Moi, c'est le but de l'émission. Je suis un bel enfoiré. Une belle ordure, comme on dit dans le jargon politique. Mais croyez-moi, il n'y en a pas tant qui osent le dire.

Croyez-moi. C'est ce qu'on voulait savoir. Fini la langue de bois, les Français en ont assez, je les comprends. Très bien. Monsieur le ministre, notre émission est maintenant terminée.

On peut regarder le sondage final. Le sondage final, c'est cinquante-deux pour cent. Monsieur Marius avait fait ? Cinquante, cinquante-six. C'est quand même quatre quarts, quatre pour cent de

différence. Voilà. Alors juste un dernier mot quant aux prochaines échéances électorales. Vous savez, il n'y a que les imbéciles- Le vote est terminé.

Non, alors quant aux prochaines élections électorales, bien sûr, bon ben je, je, je compte sur la détermination de tous les Français. Vous voyez, j'ai un slip comme monsieur tout le monde, car je suis proche de vous.

S'il vous plaît. Je tenais à dire- Très bien monsieur le ministre. C'est fini. D'ailleurs, il m'arrive à moi aussi d'avoir mes petits tracas.

Il m'arrive aussi à moi d'aller faire caca. Oui. Et d'ailleurs, j'ai un cucul comme tout le monde. Je vais vous le montrer, mon cucul. Oui, bien sûr.

N'est-ce pas ? Bien sûr. Est-ce qu'on peut regarder le sondage ? C'est bien. Merci monsieur.

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