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Veuillez vous asseoir.

Bienvenue à tous.

Je dois m'excuser de vous avoir tous fait venir à une heure aussi inhabituelle, mais d'après ce qu'on m'a

dit, cette affaire doit être traitée d'urgence.

Tellement urgente en fait qu'elle aurait probablement dû être réglée il y a des semaines, mais c'est de l'eau

passée sous le pont.

Alors, quelqu'un peut-il me dire ce qu'il pense qu'il se passe ici ?

Monsieur Tull, comme je l'ai mentionné plus tôt, si vous comparez le chiffre en haut de la page 13...

Jared, c'est un peu tôt pour tout ça.

Parlez-moi en anglais simple.

D'accord.

En fait, j'aimerais parler au type qui a monté tout ça.

M. Sullivan, n'est-ce pas ?

Parle-t-il anglais ?

Monsieur ?

J'aimerais parler à l'analyste qui semble être tombé sur ce gâchis.

Bien sûr.

C'est Peter Sullivan, juste ici.

Ah, Monsieur Sullivan, vous êtes là.

Bonjour.

Peut-être pourriez-vous me dire ce que vous pensez qu'il se passe ici et, s'il vous plaît,

parlez comme si vous vous adressiez à un jeune enfant ou à un golden retriever.

Je vous assure, ce n'est pas grâce à mon intelligence que j'en suis là.

Eh bien, monsieur, comme vous le savez peut-être ou non, je travaille ici pour M. Rogers en tant qu'associé au

Bureau d'évaluation et de gestion des risques chez MBS.

S'il vous plaît, détendez-vous, levez-vous, dites-nous d'une voix claire quelle est la nature du problème.

D'accord, euh, eh bien, comme vous le savez probablement, au cours des 36 à 40 derniers mois, la société a commencé à

structurer de nouveaux produits MBS qui combinent plusieurs tranches de différentes catégories de notation

en un seul titre négociable.

Cela a été extrêmement rentable, comme j'imagine que vous l'avez remarqué.

Je l'ai remarqué.

Eh bien, la société effectue actuellement chaque jour une quantité considérable de ce type d'opérations.

Maintenant, le problème, qui est, je suppose, la raison pour laquelle nous sommes ici ce soir, c'est que cela nous prend,

à nous, la société, environ un mois pour structurer correctement ces produits, posant ainsi un défi du

point de vue de la gestion des risques.

Et, M. Sullivan, en quoi consiste ce défi ?

Eh bien, nous devons garder ces actifs au bilan plus longtemps que ce que nous souhaiterions idéalement.

Oui.

Mais le facteur clé ici est que ce sont essentiellement des prêts hypothécaires, ce qui nous a permis de

pousser l'effet de levier bien au-delà de ce que vous pourriez être disposé ou autorisé à faire dans n'importe quelle

autre circonstance, poussant ainsi le profil de risque sans déclencher de signaux d'alerte.

Maintenant, merci, M. Sullivan, asseyez-vous.

Ce que, j'imagine, dit votre rapport ici — laissez-moi un peu de marge — ce que j'imagine

On dit, c'est-à-dire, qu'en tenant compte, pour ainsi dire, de la route cahoteuse que nous avons connue ces

semaines environ, les chiffres que vos brillants collègues, plus haut que vous dans la hiérarchie, ont

proposés ne sont plus très cohérents, compte tenu de ce qui se passe aujourd'hui.

En fait, pas ce qui se passe aujourd'hui, mais ce qui s'est déjà produit au cours des deux

semaines.

Donc vous dites que cela s'est déjà produit ?

En quelque sorte.

En quelque sorte.

Et, M. Sullivan, qu'est-ce que votre modèle nous dit que cela implique pour nous ici ?

Eh bien, c'est là que cela devient une projection, mais, euh…

C'est à moi que vous parlez, M. Sullivan.

Eh bien, monsieur, si ces actifs diminuaient de seulement 25 % et restaient inscrits à notre bilan, cette perte

serait supérieure à la capitalisation boursière actuelle de l'ensemble de cette société.

Donc, vous me dites que la musique est sur le point de s'arrêter, et que nous allons nous retrouver

avec le plus gros sac d'excréments nauséabonds jamais assemblé dans l'histoire du capitalisme.

Monsieur, je ne suis pas certain que je l'exprimerais ainsi, mais permettez-moi de clarifier, en reprenant votre analogie,

ce que montre ce modèle, c'est que la musique, pour ainsi dire, se contente de ralentir.

Si la musique devait s'arrêter, comme vous le dites, alors ce modèle ne serait même pas proche de

ce scénario.

Ce serait considérablement pire.

Laissez-moi vous dire une chose, M. Sullivan.

Voulez-vous savoir pourquoi je suis assis dans ce fauteuil avec vous tous ?

Je veux dire, pourquoi je gagne beaucoup d'argent ?

Oui.

Je suis ici pour une seule et unique raison.

Je suis ici pour prévoir ce que la musique pourrait faire dans une semaine, dans un mois, dans un an.

C'est tout.

Rien de plus.

Moi, je suis debout ici ce soir.

J'ai bien peur de ne rien entendre.

Rien que du silence.

Alors, maintenant que nous savons que la musique s'est arrêtée, que pouvons-nous y faire ?

M. Cole, Mme Robertson, je crains que ce soit à vous de reprendre la main.

Dieu sait que nous nous sommes assez appuyés sur M. Sullivan ce soir.

Qu'avez-vous pour nous ?

Que vous ai-je dit depuis le premier jour où vous avez mis les pieds dans mon bureau ?

Il y a trois façons de gagner sa vie dans ce métier.

Être le premier, être plus malin ou tricher.

Moi, je ne triche pas.

Et même si j'aime penser que nous avons des gens plutôt intelligents dans cet immeuble,

c'est beaucoup plus facile d'être simplement le premier.

Vendez tout aujourd'hui.

Est-ce même possible, Sam ?

Oui, mais à quel prix ?

Je devrai payer.

Vraiment ?

Je pense que oui.

Où cela va-t-il nous retomber dessus ?

Partout.

Sam, je ne pense pas que tu aies compris ce que ton gars vient de dire.

Si c'était toi, comment t'y prendrais-tu ?

Bon, tu fais venir les traders pour la réunion habituelle de 6h30, et tu leur dis la vérité,

parce qu'ils sauront de toute façon que c'est fini.

Donc tu vas devoir leur faire une concession, et une plutôt grosse.

Et ensuite tu dois démarrer tambour battant.

Pas de swaps, rien du tout.

40 % exécutés d'ici 10h15.

À 11 heures, toutes tes opérations doivent être clôturées,

parce qu'à midi, tout le monde le saura.

Et à 14 heures, tu vas vendre à 65 cents le dollar, si tu as de la chance.

Et ensuite les fédéraux vont venir ici, te mettre la pression, essayer de te ralentir.

Ramesh.

Ils peuvent te ralentir. Ils ne peuvent pas t'arrêter.

C'est à toi de vendre.

Mais John, même si nous y parvenons, et ça en dit long,

La vraie question, c'est : à qui le vendons-nous ?

Les mêmes personnes à qui nous le vendons depuis les deux dernières années, et quiconque voudra l'acheter.

Mais John, si tu fais ça, tu tueras le marché pour des années. C'est fini.

Et tu vends quelque chose qui, tu le sais, n'a aucune valeur.

Nous vendons à des acheteurs consentants au prix courant du marché,

afin de survivre.

Tu ne vendras plus jamais rien à aucune de ces personnes.

Je comprends.

Et toi, tu comprends ?

Tu comprends ?

C'est fini. Je te le dis, c'est fini.

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Original transcript (English)

Please sit down. Welcome everyone. I must apologize for dragging you all here at such an uncommon hour, but from what I've been told this matter needs to be dealt with urgently. So urgently in fact probably should have been addressed weeks ago, but that is spilt milk

under the bridge. So, why doesn't somebody tell me what they think is going on here? Mr. Tull, as I mentioned earlier, if you compare the figure at the top of page 13... Jared, it's a little early for all that. Just speak to me in plain English.

Okay. In fact, I'd like to speak to the guy who put this together. Mr. Sullivan, is it? Does he speak English? Sir?

I'd like to speak with the analyst who seems to have stumbled across this mess. Certainly. That would be Peter Sullivan, right here. Oh, Mr. Sullivan, you're here. Good morning.

Maybe you could tell me what you think is going on here, and please, speak as you might to a young child or a golden retriever. It wasn't brains that got me here, I can assure you of that. Well, sir, as you may or may not know, I work here for Mr. Rogers as an associate in the Risk Assessment and Management Office at MBS.

Please, just relax, stand up, tell us in a clear voice what is the nature of the problem. Okay, uh, well, as you probably know, over the last 36 to 40 months, the firm has begun packaging new MBS products that combine several different tranches of rating classification in one tradable security. This has been enormously profitable, as I imagine you noticed.

I have. Well, the firm is currently doing a considerable amount of this business every day. Now, the problem, which is, I guess, why we are here tonight, is that it takes us, the firm, about a month to layer these products correctly, thereby posing a challenge from a risk management standpoint.

And, Mr. Sullivan, that challenge is? Well, we have to hold these assets on our books longer than we might ideally like to. Yes. But the key factor here is these are essentially just mortgages, so that has allowed us to push the leverage considerably beyond what you might be willing or allowed to do in any

other circumstance, thereby pushing the risk profile without raising any red flags. Now, thank you, Mr. Sullivan, sit down. What I'm guessing your report here says, and give me some rope here, what I'm guessing it says, is that, considering the, shall we say, bumpy road we've been on the last week or so, that the figures your brilliant co-workers up the line ahead of you have come

up with don't make much sense anymore, considering what's taking place today. Actually not what's taking place today, but what's already taken place over the last two weeks. So you are saying this has already happened? Sort of.

Sort of. And, Mr. Sullivan, what does your model say that that means for us here? Well, that's where it becomes a projection, but, um... You're speaking with me, Mr. Sullivan. Well, sir, if those assets decrease by just 25 percent and remain on our books, that loss

would be greater than the current market capitalization of this entire company. So, what you're telling me is that the music is about to stop, and we're going to be left holding the biggest bag of odorous excrement ever assembled in the history of capitalism. Sir, I'm not sure that I would put it that way, but let me clarify, using your analogy, what this model shows is the music, so to speak, just slowing.

If the music were to stop, as you put it, then this model wouldn't be even close to that scenario. It would be considerably worse. Let me tell you something, Mr. Sullivan. Do you care to know why I'm in this chair with you all?

I mean, why I earn the big bucks? Yes. I'm here for one reason and one reason alone. I'm here to guess what the music might do a week, a month, a year from now. That's it.

Nothing more. I'm standing here tonight. I'm afraid that I don't hear a thing. Just silence. So, now that we know the music has stopped, what can we do about it?

Mr. Cole, Ms. Robertson, I'm afraid I think this is where you are supposed to step back in. Lord knows we've relied enough on Mr. Sullivan tonight. What do you have for us? What have I told you since the first day you stepped into my office? There are three ways to make a living in this business.

Be first, be smarter, or cheat. Now, I don't cheat. And although I like to think we have some pretty smart people in this building, it sure is a hell of a lot easier to just be first. Sell it all today.

Is that even possible, Sam? Yes, but at what cost? I'll have to pay. Really? I think so.

Where is this going to come back to us? Everywhere. Sam, I don't think you seem to understand what your boy here has just said. If I made you, how would you do this? Well, you call the traders in for the normal 6.30 meeting and you be honest with them,

because they're going to know it's the end either way. So you're going to have to throw them a bone and a pretty big one. And then you've got to come out of the gate storming. No swaps, no nothing. 40% done by 10.15.

By 11 o'clock, all your trades have to be gone, because by lunchtime, word's going to be out. And by 2 o'clock, you're going to be selling at 65 cents on the dollar, if you're lucky. And then the feds are going to be in here, up your ass, trying to slow you down. Ramesh.

They can slow you down. They can't stop you. It's yours to sell. But, John, even if we manage to pull that off, and that's saying something, the real question is, who are we selling this to? Same people we've been selling it to for the last two years, and whoever else will buy it.

But, John, if you do this, you will kill the market for years. It's over. And you're selling something that you know has no value. We are selling to willing buyers at the current fair market price, so that we may survive. You will never sell anything to any of those people ever again.

I understand. Do you? Do you? This is it. I'm telling you, this is it.

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