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Il y a de plus en plus de mineurs non accompagnés qui arrivent en France, comment ça s'explique ?
Ça s'explique d'abord par l'attractivité du statut.
Le statut de mineur non accompagné, ça garantit à la fois une prise en charge intégrale de la vie de ces personnes,
donc l'hébergement, la santé, l'éducation, la nourriture.
C'est une sorte de prise en charge familiale plus plus, parce qu'on parle évidemment de structures collectives.
C'est aussi une garantie contre l'expulsion, on ne peut pas être éloigné du territoire quand on est mineur,
dans quasiment aucune circonstance.
C'est aussi un accès facilité à la nationalité française avant la majorité.
À partir du moment où on est pris en charge pendant trois ans par l'aide sociale à l'enfance,
on a le droit, de plein droit, à la nationalité française.
Donc il y a un phénomène d'attractivité fort,
d'autant plus que la vérification de la minorité de ces personnes, est-ce qu'elles sont vraiment mineurs,
c'est un sujet très complexe que le Conseil constitutionnel encadre très fortement.
On parle beaucoup des tests osseux, alors les tests osseux, le nom fait un peu peur,
en vérité c'est juste une radio du poignet, et l'usage de cette radio du poignet est extrêmement encadré.
Les personnes qui se prétendent mineurs peuvent refuser cette radio du poignet
sans que ça vaille présomption de majorité par exemple.
Ah oui, donc ils ne veulent pas de tests, et donc on continue à les considérer comme mineurs.
C'est ça, il y a cette idée...
Donc ils ont tout intérêt à refuser le test s'ils sont majeurs.
Absolument.
S'ils veulent bénéficier des aides.
Tout à fait, il y a cette idée que le doute doit systématiquement bénéficier aux demandeurs,
et malgré ces conditions très larges, très compréhensives d'appréciation de la minorité,
on a à peine un quart des personnes qui se présentent comme mineurs non accompagnés
qui sont effectivement reconnus comme mineurs.
Un seul mineur non accompagné coûte à la collectivité 50 000 euros par an.
C'est le salaire d'un cadre.
Oui, bien sûr, et c'est 50 000 euros sur le budget de l'aide sociale à l'enfance qui est déjà en crise.
Aujourd'hui, on a un quart des places de l'aide sociale à l'enfance
qui sont occupées par des mineurs étrangers non accompagnés,
avec par ailleurs des phénomènes de difficultés spécifiques à ces MNA,
notamment des phénomènes de délinquance.
Sur les derniers chiffres dont on dispose,
5 à 10 % des MNA prises en charge par l'aide sociale à l'enfance font l'objet de mesures pénales.
Je ne parle même pas des mineurs en errance,
ce qu'on voit dans les rues de Paris ou de Bordeaux,
et qui sont très impliqués dans certains types de délinquances de voie publique,
mais qui ne sont pas pris en charge par l'aide sociale à l'enfance.
C'est un enjeu budgétaire qui pèse sur les départements,
parce qu'on a cette hypocrisie de considérer que la question des mineurs non accompagnés
est une question de politique sociale, comme une autre,
qui revient normalement aux départements.
Or, c'est évidemment une question de politique migratoire.
Il importe que l'État reprenne la main, notamment sur l'évaluation de la minorité.
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