Refugee Crisis in Ma'rib Yemen
Nasser. Nasser.
We, we, we go.
Euh, je suis avec Nasser dans le camp de, de Saïf.
C'est le deuxième plus grand camp de réfugiés de, de Ma'rib.
Euh, il faut savoir qu'il y a à peu près deux
millions de, de réfugiés
de la guerre à Ma'rib. C'est énorme pour une population de deux
virgule
huit millions d'habitants. Donc c'est plus des trois quarts des
habitants qui sont
des réfugiés de la guerre. Et la plupart des familles dans ces camps
ont fui pour
une seule raison. Pas à cause des bombardements, euh,
saoudiens et des conflits avec les rebelles houthis,
mais surtout parce que les
rebelles houthis, euh, pour la plupart des familles, forcent,
euh, les mères et les pères, euh, d'envoyer leurs
enfants dans des camps d'entraînement militaire pour que les, les garçons soient
ensuite envoyés sur les lignes de front pour se battre contre le gouvernement
légitime. Et là, je suis donc avec Nasser qui a quatorze
ans.
Euh, il s'est fait recruter de force par son
oncle.
Son père ne voulait pas hein. Et c'est son oncle qui l'a recruté de
force dans un
camp militaire. Euh, il s'est entraîné pendant un mois à
l'idéologie
houthiste, c'est-à-dire que Abdel Malik al Houthi,
c'est le Dieu.
Euh, il faut combattre Israël, les envahisseurs
américains au Yémen. Le gouvernement légitime, ce sont des
suppôts d'Israël. Donc voilà, c'est, c'est tout ça qu'on leur disait et que--
on
leur disait surtout d'aller combattre sur la ligne de front et devenir un,
un martyr pour la cause, euh, palestinienne.
Et donc,
euh, Nasser a-a-avait seulement treize ans
quand il a été
engagé. On l'a entraîné à se, à, à
manier la kalachnikov. Euh, on lui a donné des entraînements
militaires
et il était supposé être envoyé sur la ligne de front sans l'intervention de
son père qui est avec moi. Euh, son père a déboursé trois cents dollars
pour, euh, payer un, un passeur pour qu'il soit ensuite
exfiltré et qu'il s'enfuie en, en zone gouvernementale où aujourd'hui,
ils vivent dans un camp de réfugiés avec euh, avec très peu de moyens.
Voilà, ça, c'est la réalité des réfugiés de la
plupart des familles
réfugiées à Ma'rib. Et cette histoire-là de, de, de
Nasser est, est malheureusement affreusement banale.
Merci.
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