Investigation into Child Abuse Allegations
C'est une affaire douloureuse puisqu'il s'agit d'enfants, d'enfants
handicapés, peut-être mêlés à un circuit organisé de
dépravation sexuelle. C'est aussi une affaire bien trouble.
Les trois responsables du lieu de vie Le Coral, c'est le nom
d'un centre pour handicapés près de Montpellier.
Les trois responsables ont été présentés cet après-midi au juge d'instruction à
Paris. Ils ont été inculpés et écroués pour
attentat à la pudeur sans violence sur mineur de moins de
quinze ans et incitation de mineurs à la débauche.
Dans la région, les réactions sont celles de la
stupéfaction
plus encore que de l'indignation, d'autant plus qu'aucun parent n'a porté
plainte.
Henriette Chardac.
Ce qui paraît certain, c'est que Monsieur Crif un jour a loué une
voiture-- aurait loué une voiture en donnant comme
adresse
Si Le Coral fait couler beaucoup d'encre, il ne délie pas les langues.
Vraies ou fausses accusations ? La presse s'interroge.
Sur place, au Coral, on suit l'affaire dans l'abattement le
plus total.
Tout ce travail qu'on a fait avec les enfants et on a l'impression qu'il est,
qu'il
est réduit maintenant à rien du tout, que ça va être très
difficile de, de pouvoir euh, refaire quelque
chose puisque avec tout ce, toute cette presse à scandale,
bon on est quand même sali euh, éclaboussé.
Euh, on ne comprend pas du tout euh, ce qui a pu se passer et pourquoi
on est mêlé à ça quoi.
Les ragots, les rumeurs, les lourdes accusations ne semblent pas
ébranler les
parents qui avaient confié leurs enfants à Claude Sigala et son équipe.
Je lui fais confiance et je continue à lui faire confiance puisque je suis encore
ici. Et puis, je suis, je serai longtemps à côté de lui.
Mon fils est venu en week-end chez nous.
Je le ra-, je le ramène aujourd'hui et il restera là.
Il y a aucun problème de ce côté-là.
Pour les avocats, les calomnies ne seraient fondées sur
rien.
Ils s'interrogent sur la personnalité du mystérieux monsieur K dont les
révélations ont provoqué cette cascade de gros titres.
Parmi les personnages et autres personnalités qui seraient
mêlés à l'affaire, on cite le nom d'un membre du cabinet du
secrétaire
d'État à madame Dufoix. Dans une conférence de presse aujourd'hui,
Madame Dufoix
estime qu'il s'agit là d'une rumeur absurde.
Cela dit, Marcel Tria, où en est exactement l'enquête dans cette
bizarre
affaire ?
Ce qui est sûr, c'est que le système juridique déclenché
le 6 octobre par le juge
d'instruction Salzman semble devoir poursuivre son cheminement logique.
Le juge Salzman, on le sait, qui est un peu spécialisé dans les
affaires de
pédophilie comme celle de Saint-Ouen et qui est récente.
Les trois personnes, vous l'avez dit, qui avaient été-- fait l'objet d'un mandat
d'amener : le directeur du Coral, Claude Sigala, le docteur Alain Schiapello
et l'éducateur Jean-Noël Bardy viennent d'être inculpés et incarcérés.
Sur la base de quels éléments ? De quels témoignages ?
De quelles preuves ?
La question se pose toujours. Aucune plainte de parents d'enfants.
Des témoignages de soutien à cette expérience originale d'aide à des jeunes
en
difficulté, sans médicalisation qui se multiplient.
Alors il faut revenir au début de l'affaire.
Tout a commencé par les dénonciations de Jean-Claude Krief, qui avait séjourné
quelque temps au Coral. Or, ce jeune homme a lui-même été inculpé en
mars
82 à Clermont-Ferrand pour escroquerie.
Les accusations de ce personnage un peu trouble étaient tellement graves et les
personnalités mises en cause tellement importantes que le juge a voulu crever
l'abcès et faire toute la lumière.
On parlait en effet d'un membre du cabinet de Georgina Dufoix, qui a démenti ce
soir, mais aussi d'un ministre. Pour achever de compliquer les choses, on
apprenait que le frère de Jean-Claude Krief, Michel, tentait de monnayer auprès
des journaux un procès-verbal de police accusant ces deux
personnalités. On sait maintenant qu'il s'agiss-,
qu'il s'agissait d'un faux et on
se pose des questions sur sa provenance.
Que les faits reprochés aux trois inculpés se confirment ou pas, il est possible
qu'on ait voulu, à travers cette affaire, porter atteinte à une expérience qui
dérange. Étant donné l'ampleur et la virulence des
commentaires, on ne peut
exclure tout à fait aussi la possibilité d'arrière-pensées politiques.
Ce qui apparaissait au départ comme une triste et louche affaire de
mœurs dans un centre pour enfants handicapés s'étend
maintenant à tout un milieu parisien.
Même si certaines des personnes nommées ou même entendues par les
policiers ne semblent pas être directement mêlées à l'affaire dite
du Coral, comme l'écrivain Gabriel Matzneff,
entendu ce matin par
les policiers et qui a été mis hors de cause.
En fait, Claude Sérillon, on se trouve une nouvelle fois à poser
maintenant
le problème des rapports entre la justice et certaines
mœurs pour lesquelles certains intellectuels continuent de se
battre.
Oui, Christine. Au commencement, il y avait cette enquête de police, cette
dénonciation trop large pour n'être pas infamante quelque part, ce
juge d'instruction tenace, inculpant et écrouant trois
éducateurs pour attentat à la pudeur et excitation de mineurs à la débauche.
Puis il y a les faits reconnus, revendiqués par l'un d'eux comme thérapie,
comme
acte de tendresse. Enfin, il y eut ces auditions d'écrivains,
d'intellectuels,
hommes connus depuis longtemps pour avoir défendu parfois des adultes coupables de
relations sexuelles, ils disent amoureuses, avec des mineurs.
Et là, il se trouve que l'action judiciaire peut
ressembler à la défense d'un ordre
moral. Mais les faits, pour autant qu'ils soient avérés,
dépassent le seuil actuel de la tolérance populaire au point de
révolter certains. La fellation, la sodomie d'un mineur de moins de quinze
ans
restent en droit punissables. Répression dénoncée par quelques
éducateurs, psychiatres ou philosophes.
"Il faut qu'avant tous les douze autres droits, celui du passionnel soit
d'abord reconnu", écrivait René Scherrer, professeur inculpé hier.
Mais le droit à l'amour, le droit au désir décrit par ces hommes,
qui
sait ce que les enfants, officiellement ici qualifiés de victimes,
peuvent en
dire ?
En tout cas, une affaire à suivre, bien sûr.
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