Economic Models and Public Funding Debate

Ici, donc à HEC, on nous apprend qu'une entreprise qui perd

durablement de

l'argent doit convaincre ses financeurs ou revoir son modèle.

Donc c'est juste pour dire que c'est là où votre discours ne me convainc pas.

Faisons-nous la grâce des formules un peu caricaturales, mais

s'il le faut, je suis prêt à renvoyer les balles.

Parce qu'il paraît qu'on vous enseigne que quoi ?

Qu'une entreprise doit être en équilibre avec ou sans les subventions de l'État.

C'est juste pour savoir. Vous me dites que vous êtes d'accord pour

que je prenne le

pouvoir et vous n'aurez plus rien.

Les sans

le crédit impôt recherche

parce que je préfère mettre l'argent dans la recherche publique que de l'affiler

aux banques et aux entreprises de la grande distribution qui aujourd'hui

monopolisent le crédit impôt recherche.

Je prends cet exemple pour ne pas en prendre d'autres,

mais je pourrais aussi par

exemple, quoi, l'argent des autres ? Oui, c'est toujours l'argent des autres.

L'argent qui n'est pas pris là où il-- on peut en trouver, il est pris ailleurs.

Quand Total dit qu'il augmente tous les ans les cinq prochaines années de cinq

pour

cent les dividendes, par contre, il n'augmente pas de cinq pour cent les

salaires

de son entreprise. L'argent qu'on donne aux uns,

c'est celui qu'on ne donnera pas

aux autres. Donc faisons-nous entre nous au moins la

grâce de penser qu'on

parle bien d'une richesse produite et de sa répartition et qu'alors, on

discute de la répartition et de son mode de répartition.

Vous me dites : la politique que je propose ne réduira pas

le

déficit. Alors à mon tour de vous dire : comment comptez-vous rembourser la dette ?

C'est pas à vous madame que je pose la question, je la pose à mes--

à, à ceux qui-- avec qui je suis en, en compétition. Comment ?

Comment vous comptez faire ? Comment vous comptez rembourser trois

mille cinq

cent milliards ? Je, je-- mes oreilles s'étendent pour entendre.

C'est quoi la réponse

? Une dette pareille, personne ne la paiera. Jamais.

Vous m'entendez ? Monsieur Bruno Le Maire, à qui j'ai dit une fois, il faut

transformer les titres de dette en titres de dette perpétuelle.

Je parlais des dettes que la France a auprès de la BCE,

c'est-à-dire d'elle-même.

Il m'a répondu, mais monsieur Mélenchon, la dette est perpétuelle.

On ne la rembourse jamais, on emprunte pour la rembourser.

Autrement dit, si vous regardez le mécanisme de la dette,

il s'appuie sur le

déficit. Il faut qu'il y a un déficit.

Qui a créé le déficit depuis 1974

? Des insoumis, des communistes, des socialistes.

La part des gouvernements de l'union de la gauche sur la dette publique, c'est

que dalle.

Par contre, la part des gouvernements de droite dans

l'explosion de la dette

publique, c'est mouse. Le dernier étant à mille deux cent

milliards.

Alors si vous voulez, il y a des leçons de bonne gestion qui

sont difficiles à

supporter pour un homme de gauche. Je vous le dis.

Quand on voit que l'emprunt Giscard a remboursé presque cinquante fois ce qu'il

avait emprunté avant, je reçois pas de leçons des libéraux sur

la manière de

construire un budget en équilibre.

Les déséquilibres ont été créés volontairement

parce que c'est en déstabilisant l'État qu'on oblige à faire des coupes dans les

budgets publics. Et quand on fait des coupes dans les

budgets publics, on aide la

marchandisation à se répandre parce qu'on vient dire : la mar-- c'est plus simple,

c'est plus efficace, l'État est trop lourd. Voilà où on en est.

C'est eux la source de la crise. Et par entraînement.

Donc, je veux bien qu'on me-- alors quelles sont les méthodes ? Un :

rembourser.

Je viens de vous le dire. Deux : la guerre. La guerre, c'est pas mal.

On a souvent fait la guerre et ça annule les dettes.

Et après, on reconstruit et l'économie repart.

Il y a ensuite l'inflation.

L'inflation qui dévore la dette de l'intérieur. Et sinon quoi ? Rien.

Une modification de la méthode de production qui permette une

soudaine et immense développement permettant des rendements qu'on n'avait

pas

vus jusque-là. C'est pas le cas dans l'agriculture,

c'est l'inverse.

Les rendements sont décroissants.

C'est pas le, le cas dans le travail manufacturé,

la productivité est bloquée.

Alors, c'est où ? Ça n'existe pas. Vous ne l'avez pas.

Alors, il faut arrêter de répéter le catéchisme

en espérant que ça finisse par

marcher. Parce que ça, c'est de la magie.

C'est le pendant côté libéral de ce que faisaient les Soviétiques.

Moins ça marchait, plus il fallait en faire. Et ben là,

c'est pareil.

Moins ça marche, plus les pays sont endettés,

plus il y a de la misère de tous les

côtés, plus il faudrait encore libérer

l'initiative.

Bla bla bla bla bla bla. Les entreprises françaises, les grandes,

n'investissent pas. L'investissement baisse.

Et s'il y avait pas l'État pour le faire, il y aurait personne.

Alors ça suffit de dénoncer l'État. Ça suffit de dénoncer.

La seule chose qui dans ce pays fait tourner la boîte.

S'il y avait pas l'État, il y a pas les très grandes entreprises de

notre pays qui

reposent pour une bonne part sur ce qui arrive par ce biais-là.

Et si nous sommes tombés à neuf pour cent d'industrie dans le PIB,

qui a réduit les choses jusque-là ?

Si c'est pas un des grands champions du Medef, monsieur Sturug, qui disait qu'il

fallait faire des entreprises sans murs et sans machines.

C'était le modèle euh, de Nike. Nike disait : moi,

je produis pas de chaussures.

J'ai une licence, j'ai des dollars et un carnet de chèques.

Et ben allez, continuez, mettez un paquet de dollars d'un côté,

un paquet de tôle

de l'autre et faites des prières pour qu'il surgisse des bagnoles au milieu.

Parce que tant que vous aurez besoin de gens pour faire le travail, vous aurez

besoin qu'ils soient en bonne santé, donc vous aurez besoin qu'ils se soignent,

donc vous aurez besoin de la sécurité sociale.

C'est du baratin de raconter autre chose, comme ceux qui prétendent rapprocher le

salaire brut du salaire net. C'est une escroquerie.

Prenez tout le salaire brut et mettez-le dans le sal- dans le salaire net.

Qu'est-ce que vous serez ? Des Américains obligés de mettre à

l'épargne pour vous

payer vos retraites. Et vous serez dépouillés chaque fois qu'il

y aura une crise.

Vous serez obligés de vous payer votre système de santé et vous arriverez à la

fin

quand vous aurez un gros clash dans votre vie de famille, comme j'en ai vu chez des

paquets de copains en Amérique latine.

Papa ou maman a le cancer. On le met à l'hosto quand il en peut plus.

Il y reste une semaine, il ne reste plus rien,

il faut vendre la maison pour payer

la semaine suivante. Et après, on vous dit : qu'est-ce qu'on fait

? C'est vous qui êtes confronté à la

décision. On arrête ou on continue.

Voilà la vraie vie. Le reste, c'est du baratin.

C'est un monde idéal dans lequel on raconte des formules toutes faites qui

n'existent pas.

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