Media Coverage of Political Violence
L équation LFI égale violence
politique fait désormais partie intégrante du prêt à penser médiatique.
C est ce qu est venue confirmer la séquence Quentin Derenque du nom de ce militant
néo nazi décédé après un affrontement avec des militants antifascistes.
La violence de LFI est instantanément à l agenda puisque très vite,
la presse révèle la présence, au moment des faits,
de membres du collectif dissous de la Jeune Garde et d un assistant parlementaire
d un député LFI.
À partir de là, le naufrage médiatique est total.
Le récit dominant
procède par raccourci et calomnie.
Si l on voit de la violence politique dans la rue, c est parce que LFI brutalise
le débat et prône la violence.
On assiste à la criminalisation générale de l antifascisme et de la gauche en
même temps qu à l effacement et au blanchiment des violences de l extrême droite,
pourtant beaucoup plus fréquentes, en particulier au cours de la dernière décennie.
Le renversement du réel est à nouveau plein et entier. La violence, c est la gauche.
L antifascisme, c est le fascisme. Fachos et antifas, même combat.
La lame de fond qui emporte le débat public à l extrême droite est tellement
puissante qu une nouvelle fois,
les lignes éditoriales ont tendance à se confondre.
On pourrait penser, par exemple, qu un éditorial titré,
je cite, « LFI pro fasciste» » provienne du JD News, de Valeurs Actuelles
ou de n importe quel autre canal de la fachosphère. Eh bien non.
Cet éditorial, on le doit à un grand ponte du monde des médias,
ex directeur de Libération et du Nouvel Obs,
jadis décoré du titre de « journaliste le plus bête de
France» » par le journal PLPL, Laurent Geoffrin.
Pataugeant dans l affaire de Ranck,
embourbé dans ses tribulations antisémites, Mélenchon riposte en s
érigeant soudain en chef autoproclamé de l antifascisme français.
Depuis la dissolution,
LFI n a cessé de tympaniser l opinion avec ses vociférations,
de transformer l Assemblée nationale en un champ de foire.
Ses gesticulations permanentes,
ses insultes lancées à la volée contre le reste de la gauche ont permis aux RN
d apparaître en regard, comme un modèle de modération et de réalisme.
Le leader Maximo a réussi ce tour de force.
Chacun va bientôt comprendre que voter pour lui au premier tour,
c est voter pour la victoire du RN au second.
Dénigrés en leur absence,
les responsables de LFI ont aussi subi d incroyables gardes à vue sur les plateaux.
Un journalisme de meutes, inquisiteurs et policiers.
Le but des interviewers n était pas d organiser équitablement le débat politique.
ni même d en rendre compte, mais de se payer LFI.
Et de France Inter à BFM
TV en passant par France Info, RTL, LCI ou TF1,
les interrogatoires étaient interchangeables.
Tous verrouillés, encadrés par les journalistes les plus en vue.
La manière avec laquelle on essaye de rendre responsable Raphaël Arnault,
qui n est aucunement concerné par l enquête...
Ça veut dire qu il ne va pas être exclu de la France Insoumise?
Certainement pas, madame. Certainement pas?
Pas même suspendu, manuellement pas?
Madame, pardon, vous avez des responsabilités, vous êtes des médias.
Donc il sera ni exclu ni suspendu aujourd hui, Manuel Gondar?
Non, pardon, c est important parce que Maude Bréjon,
la porte parole du gouvernement, vous appelle à l exclure.
La question qui se pose et qu interroge la classe politique,
c est le rapport de LFI à la violence, à la brutalisation,
comme le pointent vos adversaires.
Vous assumez aujourd hui d avoir investi comme député,
le fondateur d un groupe d ultra gauches violents. Vous assumez?
Vous dites sérieusement que les groupes antifas, aujourd hui, ils font vraiment
uniquement de l autodéfense et ils sont là juste pour s organiser?
En à peine 20 minutes,
dans cette interview de France Info,
Manuel Bompard a été coupé pas moins de 64 fois,
c est à dire une fois toutes les 18 secondes en moyenne.
À titre de comparaison, la veille,
les mêmes interviewers ont consacré un temps équivalent à interroger François
Xavier Bellamy sur le sujet Quentin Deranque, environ 18 minutes.
L eurodéputé LR a été interrompu 18 fois,
c est à dire une fois par minute en moyenne, trois fois moins que Manuel Bompard.
Et faut il le préciser,
le ton n était pas du tout le même. C est quoi la suite?
Qu est ce que vous attendez des LFI? Est ce qu il faut interdire LFI?
Ce parti, pour vous, n
est pas digne d exister, n aurait pas le droit de se présenter aux élections?
C est quoi la suite logique, à partir du moment où on constate tout ça sur LFI?
Dans le cas de LFI,
les interviews audiovisuelles sont donc pensées comme des espaces de mise au pas.
Et parce que les députés jouent le jeu médiatique sur la forme,
aller dans ses dispositifs, se plier aux questions réponses,
tout en refusant de jouer le jeu médiatique sur le fond,
consentir aux injonctions et cocher les cases de la respectabilité,
les interviewers se déchaînent.
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