Five Reasons to Reject Trump's Proposal
On a cinq raisons de lui dire non, en fait. Cinq. - Alors ? - Alors.
La première, c'est que il a pas compris s'il veut faire une opération de l'OTAN,
que l'OTAN prend le commandement. Alors il y aura un général américain,
mais c'est une seule opération.
On peut pas avoir une opération américaine qui bombarde à tout va
et en dessous, ou à côté, une opération des Européens qui fait autre chose. Non, non, non, non, non, c'est une seule opération.
Ça veut dire que vous mettez votre opération sous le drapeau de l'OTAN. Je suis pas sûr qu'il l'ait compris pour ça.
La deuxième raison, c'est que pour faire ça, il va falloir que l'OTAN se mette d'accord.
Donc en fait, c'est aux Américains de poser sur la table notre effet final recherché et nos objectifs stratégiques.
- Bah, ouvrir le détroit d'Ormuz, c'est déjà un objectif, on peut pas le nier. - Oui,
mais il faut qu'il le fasse pour toute l'opération.
Parce que nous, on va pas rentrer dans un truc où on nous dit juste ça et puis le reste, c'est pas votre problème.
On peut pas faire une opération sur Ormuz avec des surprises tous les matins
de d'oiseaux noirs qui se promènent. Non, pas comme ça que ça marche une opération de l'OTAN.
- Mais attendez, Général Yakovleff, vous avez travaillé avec les Américains pendant des années,
vous étiez au cœur de l'OTAN, vous êtes le Français qui a été le plus gradé
dans la chaîne opérationnelle de l'OTAN.
Si vos vieux copains généraux américains venaient vous dire : "Écoute, viens, aide-nous, c'est crucial pour le monde de libérer ce détroit maintenant",
qu'est-ce que vous leur dites ?
- Je dirais : "On va se mettre d'accord, mais vous nous dites par écrit
ce pour quoi on s'engage. C'est quoi votre objectif ?"
Là, après on discute. Vous nous dites ce que vous voulez, après on discute.
Et c'est pas des tweets, et c'est pas des trucs qui changent toutes les deux minutes.
Donc déjà là, il va falloir que Trump lui-même sache ce qu'il veut.
Et en fait, s'il voulait l'OTAN maintenant là, c'est il y a deux mois qu'il fallait commencer.
C'était il y a deux mois. Il fallait qu'il nous dise, même dans le secret, l'OTAN est capable de garder le secret :
"Les gars, fin février, je commence un truc gros, hein."
Alors, ça m'arrangerait que l'on prépare parce que vous voyez ce que je veux dire.
Et on se serait mis d'accord en secret, c'est possible.
Bon. La troisième raison d'envoyer péter,
c'est que c'est pas une question de moyens en réalité, le détroit d'Ormuz. C'est qu'il veut partager le risque politique.
Lui-même dit, il est pas à quatre frégates près, il est pas à 1000 soldats près sur le détroit d'Ormuz.
Donc en réalité, il veut partager le risque politique et pas le risque militaire.
- Il y a quand même des moyens, pardon, si j'ai bien compris, que la France a notamment
des dragueurs de mines, etc. Donc il y a quand même des moyens...
- Oui, mais pour l'instant, ils ont pas envoyé de mines et la question c'est pas tellement les mines, c'est les drones, c'est les tirs directs.
Pour faire rapidement, la quatrième question, c'est la question de confiance.
C'est quand même un mec qui a lâché les Afghans, donc il va nous lâcher à la minute
où ça l'arrangera, au moment où nous on est dans une opération.
La cinquième raison, c'est que...
c'est que sur le Titanic, le capitaine, paraît-il, a voulu vendre des billets pas chers
pour le dîner dansant après avoir percuté l'iceberg.
- On en est là d'après vous ? C'est vraiment le Titanic, l'opération ? - Oui, c'est possible. C'est possible.
Donc c'est pas le moment d'acheter un billet en promo pour le Titanic. Et le dernier argument, il est américain :
on ne renforce pas l'échec. Ça, je l'ai appris à l'école de guerre américaine. On ne renforce pas l'échec.
On trouve autre chose, on passe ailleurs, mais on ne renforce pas l'échec.
Donc voilà les cinq raisons de dire non à Trump.
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