Discussion on Current Global Political Risks
Ce qui a rendu finalement la Shoah possible, euh, c'est qu'on
n'a pas pu l'imaginer. Et actuellement, on est dans
des circonstances comme ça. Chaque jour, on découvre que le président
de la première puissance mondiale est un être, je, on
ne sait même plus comment le définir.
Il ment, il change d'avis. Je pense que son état cérébral,
d'ailleurs, se dégrade de jour en jour quand je
l'observe.
Mais je ne pense pas que, euh, les
journalistes qui commentent soient capables-- les gens étaient capables,
étaient capables de dire Hitler est méchant.
Oui.
Le vrai risque, c'est un manque d'imagination,
euh, que je veux dire, je veux dire, qui, qui nous interdit
de nous projeter dans quelque chose d'encore plus
horrible que moi-même, je suis incapable d'imaginer.
Le problème qui se pose pour l'Amérique est le même qui s'est posé pour
l'Allemagne. On n'a pas compris pour l'Allemagne parce
que l'Allemagne
d'avant le nazisme était le pays le plus
avancé du monde. Ses universités étaient les
meilleures du monde. Sa contribution à la science,
y compris en histoire, dans mon
domaine, était tout à fait extraordinaire.
Les États-Unis, il n'y a pas si longtemps, étaient ça.
On m'accuse,
euh,
de, de, de, d'être pro Poutine, euh.
Comme on dit : La Russie va attaquer l'Europe.
On dit que la Russie est la menace.
Moi, moi, ce que je dis-
Aujourd'hui, on l'entend le président de la République
le dit.
Moi, moi je dis exactement le contraire.
Je dis que le nombre de provocations antirusses est tel que
la paix subsiste en Europe parce que les Russes
sont calmes et ont un self control d'un type
particulier. J'ose dire ça. Il faut entendre les Allemands
actuellement.
Merz,
il parle
des Russes comme de barbares. Euh, alors c'est quand
même la Wehrmacht qui a tué vingt-cinq à vingt-sept millions de Soviétiques.
Il y a pour moi une possibilité que les
Russes perdent leur calme. C'est ça le vrai risque.
Je, je vais dire quelque chose de rassurant.
Euh, la supériorité russe dans le domaine des
missiles hypersoniques
est telle qu'ils n'auraient sans doute pas besoin de l'arme
nucléaire pour arrêter l'Europe si elle faisait des
choses stupides. Il faut écouter les Russes.
Lavrov a dit : Mais faites attention, nous ne voulons pas la guerre.
Mais si vous mettez des troupes en Ukraine aux Européens,
et ben ça sera considéré comme une entrée en guerre.
Et je vous dis que cette guerre-là sera d'une nature
très différente de ce qui se passe en Ukraine.
Ça sera une guerre très courte. Une partie des élites européennes
rêvent d'une guerre avec la Russie pour échapper à leurs responsabilités.
Mais c'est une, ce serait une déflagration.
Ça fait partie des choses qu'il faut être capable d'imaginer pour les
éviter. Si vous écoutez Macron, si vous écoutez Merz,
si vous écoutez, je n'ai même pas en tête le nom du nouveau
premier ministre anglais. Je veux dire, on, on nous-- c'est comme si on nous
préparait à la guerre avec la Russie.
Imaginons tous les possibles pour éviter que ça se passe.
Donc c'est quoi une guerre courte ?
Et ben, les Russes sont embêtés par tous les
efforts industriels
et la militarisation de l'Europe.
Ils balancent des missiles hypersoniques sur toutes les industries militaires
de l'Europe occidentale et la guerre est terminée en dix jours.
Le discours des dirigeants anglais,
allemands, français sur une volonté
russe de menacer l'Europe occidentale est un
discours délirant qui doit avoir une cause.
Et cette cause, pour moi, n'a rien à voir avec
les attitudes russes. Ça a quelque chose avec la
désintégration interne des sociétés
occidentales et notamment européennes.
Si la guerre d'Ukraine se termine, je veux dire, les guerres les
plus horribles ont, ont une fin. Et quand, euh,
cette fin sera arrivée, nos dirigeants devront
rendre des comptes
à nous
et aux Ukrainiens qu'ils ont encouragés à se battre
jusqu'à la mort et jusqu'à la destruction complète de leur
État. La signature d'une paix avec la Russie,
pour eux, c'est-- mais on va
leur demander des comptes, on va leur demander ce qu'ils ont fait.
Mais c'est très grave ce que vous dites, Emmanuel Todd. C'est très grave.
Mais, mais je-
Et, et...
Mais c'est, c'est, c'est vous qui m'avez amené là.
Maintenant, le, le, le débat se focalise avec des
incidents extrêmement bizarres et grotesques sur des
bases de la Royal Air Force en Angleterre, sur des
drones qui devraient attaquer des aéroports à
Leipzig avec notre président qui nous
explique qu'on doit être prêt à je ne sais quoi concernant
la Russie. Comment, comment est-ce qu'on peut être
calmes, nous, Français, quand on a un président qui, qui nous
met en confrontation avec la Russie et dont le dernier acte politique
majeur a été une dissolution folle ?
Mais.
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