Police Violence During Student Protest

Nous étions hier matin présents durant le blocus à partir de sept heures trente du

matin jusqu'à neuf heures quinze.

La manifestation s'est déroulée dans le calme.

Les élèves chantaient, agitaient des drapeaux et tiraient des

pétards en

l'air. Aucun de nous n'a constaté la moindre

dégradation ni la moindre agressivité à l'encontre des

personnels, de la direction ou de la police.

Entre huit heures trente et neuf heures quinze, les policiers présents sur le

parking au pied de la butte du Castella se sont

équipés petit à petit puis mis en mouvement.

Voyant cela, les personnels du lycée se sont

positionnés en cordon

entre l'angle de la cathédrale et la mairie.

Nous pouvons tous attester qu'à aucun moment le

moindre projectile n'est passé au-dessus de nos têtes, ni

pierre, ni feu d'artifice. Toute affirmation contraire

serait mensongère. Vers neuf heures vingt, après une

sommation inaudible, les policiers ont commencé à tirer des

gaz lacrymogènes, d'abord sur le perron, provoquant un mouvement de

foule. Les professeurs, une fois les élèves dispersés, ont

été pris pour cible avec des tirs directement dans leurs pieds.

Les tirs ont été nourris pendant plus d'une heure et demie,

à la fois vers la porte

de Nervio et vers le collège Rambaud.

Pendant ce temps, la communication avec les forces de police

a été

complètement impossible, les seules réponses ayant été des tirs de

gaz

lacrymogène. La police a commencé à interpeller des

élèves sans

aucun motif apparent et parfois de façon très brutale, comme en

attestent les vidéos en notre possession.

Nous affirmons que c'est l'intervention des forces de l'ordre qui a

créé le désordre et qui a mis nos élèves en danger en les faisant

courir dans des rues qui n'avaient pas été fermées à la circulation et donc

sécurisées.

Nous tenons aujourd'hui à témoigner du sentiment de sidération de l'équipe

éducative face à la violence dont nous et nos élèves avons été

victimes.

Nous rappelons que les revendications des élèves sont largement partagées par

l'équipe éducative : classes surchargées à trente-cinq ou

trente-six, manque de personnels enseignants, d'AED,

d'AESH,

d'infirmières, de PSY EN, etc.,

dénonciation du système d'orientation par l'algorithme de

Parcoursup, inadaptation du bâti face à la

canicule l'été, le froid l'hiver.

Les personnels aujourd'hui réunis votent la grève à une très large

majorité pour dénoncer la violence policière et exprimer leur

solidarité avec les élèves.

Lundi, nous les accueillerons pour recueillir

leurs paroles avant de

reprendre les cours. Nous exigeons un démenti de la

préfecture sur le récit des événements d'hier pour distinguer les deux

journées de mobilisation, rétablir la vérité et la

confiance dans la parole de l'institution.

Nous remercions nos élèves pour leur exemplarité et la

solidarité dont ils ont fait preuve envers leurs, leurs enseignants et

entre eux.

La Dépêche.

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