Discussion on Child Exploitation Cases
Madame, Monsieur, bon soir. Pour entamer sa nouvelle saison,
Faits divers
prolonge une émission de José Tessard et Abder Rahbo, diffusée au mois
d'avril sous le titre : La filière pédo vidéo.
Vous vous rappelez certainement le lien créé entre une cassette à caractère
pédophile tournée à Madère, la découverte du réseau de Thames,
Tamise, et la disparition à Berlin du jeune Manuel
Schadwald.
Une suite à cette émission s'imposait de façon d'autant plus urgente
qu'avec la découverte cet été d'un réseau de pédophilie
sur Internet et avec la mort de son principal
instigateur tué en Italie, tous les noms cités dans la
filière pédo vidéo ont fait la une de l'actualité.
Cet été, le quatorze juillet, l'émission hollandaise Nova
révélait à l'aide de ces photos que l'on aurait voulu innocentes,
l'existence d'un site internet du nom de code Apollo,
capable de diffuser à la demande payante partout dans le monde des milliers de
photos d'enfants violés. C'est dans un luxueux appartement de
Zandvoort,
sur la côte hollandaise non loin d'Amsterdam, qu'ont été retrouvés les
ordinateurs qui servaient ce site.
L'appartement était la propriété d'un homme de quarante-neuf ans
nommé Ulrich, tué en Italie au mois de juin
1998.
La presse internationale fit grand bruit de ces événements, mais certains journaux
réagirent de curieuses manières, dénonçant, critiquant, diffamant, non
pas les violeurs, mais bien le messager, celui qui avait révélé l'existence
de ce site internet. Cet homme est un citoyen belge
d'Herentals, membre d'une ASBL luttant pour la
protection de
l'enfance. D'autres journaux, la majorité, se
préoccupèrent davantage du sort de ces centaines d'enfants qui avaient été violés
pendant qu'on les photographiait.
Parmi ces enfants, des bébés étaient violés par pénétration
de
sexe adulte.
José Tessard bonsoir. Il a été question de disquettes,
disquettes qui étaient
destinées à être diffusées sur Internet.
Évidemment s'est posée pour nous la question de faut-il montrer ou ne pas
montrer
ces photos ? Est-ce qu'il faut les authentifier en les
montrant en public ou
bien faut-il les identifier d'une façon différente ?
Pour des raisons à la fois morales, je dirais déontologiques et aussi légales,
nous
avons décidé de ne pas les montrer.
Mais ce besoin d'authentification qui permet probablement de
lutter contre ces phénomènes, puisqu'on va finir par croire vraiment
qu'ils
existent.
Oui puisque-
Nous l'avons, nous l'avons fait d'une façon, disons,
euh,
détournée.
Oui, il ne faut pas oublier que pendant l'été,
lorsque l'émission Nova a publié
les premières photos sans les montrer, il y a, il y a encore beaucoup
de réactions qui disaient que ça n'existait pas.
Donc, nous voulons pro-procéder à
une authentification de ces photos et j'ai demandé à monsieur
Aillet, Jean-Yves Aillet, pédopsychiatre à l'UCL, de bien
vouloir être à nos côtés pour authentifier ces photos.
Monsieur Aillet bonsoir. Donc, si, si vous le voulez bien, nous allons jeter
un coup d'œil sur des images que, que les téléspectateurs ne verront pas.
Je vous demanderai de les commenter très brièvement et puis, si vous voulez bien,
on débat juste après ou même pendant la vision.
D'accord.
D'accord, merci.
Donc ici, nous voyons simplement des photos-
Un petit garçon-
Qui ressemblent à des photos de-
Un an et demi, deux ans qui-
Oui
...qui marche.
Il est habillé.
Derrière lui, il y a un adulte dont on ne voit pas le
visage, évidemment.
Maintenant, cet enfant ne porte plus que son lange.
Il est couché sur un lit.
Sur le dos.
Sur le dos.
On commence à lui enlever son lange,
semble-t-il. Il est nu,
sur-- toujours couché.
Peut-être comme un petit bébé confiant,
attendant du positif de l'adulte, mais je ne crois pas que c'est du positif
qui va
venir.
On le montre de dos.
À quatre pattes.
Alors, en effet, c'est maintenant une image tout à fait
horrible de, d'un adulte de sexe masculin
occupé à violer ce petit garçon
de façon indubitable.
Alors maintenant, il y a un titre, euh.
On va frapper un enfant de six ans, mais c'est un enfant de six ans, il est,
il est également violé. C'est un film.
Alors, monsieur Aillet, je disais en introduction que se pose
toujours la question
de faut-il montrer ou ne pas montrer ?
Est-ce qu'on a le choix, d'une certaine façon, entre
prouver l'authenticité de quelque chose et de l'autre côté, en même temps,
susciter une espèce de fascination morbide qui, qui empêcherait le
recul nécessaire pour, pour juger, pour combattre ?
Mais je pense que vous avez fait le double choix de ne pas
exciter une fascination morbide chez une partie des
téléspectateurs et en même temps de protéger
une autre partie des téléspectateurs, je pense notamment aux plus jeunes,
d'images qui sont réellement traumatisantes.
On voit des cœurs gravement malmenés,
violés.
Je pense que la vision des images aurait fait du tort psychologique
à, à bien des gens. J'espère de tout cœur que les gens qui
nous regardent se
contenteront de notre parole pour, pour
savoir que, que ces choses existent.
Et nous avons vraiment vu maintenant des viols d'enfants
très jeunes-
Destinées à la diffusion et à l'échange sur Internet.
Euh,
oui.
Comment est-il possible de, que des hommes puissent jouir de ce
spectacle ?
C'est...
Ce n'est pas facile à comprendre.
Je--
Votre question, ça, ça consiste à se demander pourquoi est-ce
que
des hommes, progressivement, peuvent se laisser habiter par une
perversité infinie Hein, entraînant, mais une
négation totale de la, de la sécurité du cœur,
de l'avenir d'autres. Alors, je crois que...
ça arrive d'abord parce qu'à la différence de, de l'animal, l'être
humain est un être qui est doué de liberté.
Et donc ici, vous voyez des gens qui, euh, en se
servant de la liberté qu'ils ont, euh, ont
choisi, euh,
un jour et probablement de façon prédominante,
de se donner
du plaisir sexuel,
de l'ivresse de puissance, de se donner un peu la
volupté, de se sentir au-dessus de toutes les lois
par le
chemin que nous venons de voir, c'est-à-dire en annihilant, en
anéantissant des petits enfants.
La question que la société, c'est-à-dire nous, se posons,
nous posons face à
cette, à ce qu'on vient de voir là, c'est, euh, comment punir,
comment juger, comment réprimer et éventuellement,
comment éviter ?
Mais comment réprimer ? Euh, je pense
que la première étape de la répression, c'est la
non-naïveté et c'est que nous disposions
d'institutions sociales et d'institutions judiciaires qui croient
que des phénomènes déviants comme ça puissent
exister. Je dirais qu'ils fassent l'effort
psychologique d'y croire, qu'ils
fassent l'effort psychologique un peu de penser l'impensable, de
penser que peuvent exister des différences vraiment atroces dans
le domaine du mal. Des choses comme celles qu'on vient de
voir,
c'est pas des choses isolées. Elles nécessitent quasi
obligatoirement des, des groupements de personnes, des,
des cadres commerciaux. Elles nécessitent d'ailleurs que des
gens
se mettent en petits groupes parce qu'en petits groupes, ils se sentent plus forts
pour nier tout ce qu'il y a d'humain entre eux.
Ils se donnent du courage, ils se donnent du courage dans le mal.
Donc, il faut que nos instances croient
dans des choses comme ça et puis que nos instances
se définissent comme priorité de, de lutter, de lutter
contre et,
euh, et avec une, une persistance sans baisser les
bras. Parce qu'il est évident que des gens comme
ça sont souvent des gens malins
qui ont des doubles vies et qui ne viennent pas facilement
exposer leurs turpitudes sur, euh, la place publique.
Quel âge aurait eu le bébé ?
Ici, il avait, je le situe entre un an et demi et deux
ans.
Et vous vous rendez compte du, du devenir de cet enfant.
Bon d'abord, la première question qu'on peut se poser,
c'est : est-ce qu'il va
vivre ? C'est-à-dire, est-ce que les adultes qui ont été
assez horribles et assez immoraux pour le violer,
c'est-à-dire pour créer des lésions tout à fait caractéristiques
dans son corps, est-ce que ces adultes-là vont aller le
montrer à un
médecin et hein, en expliquant quoi ?
Ben sans trouver d'explication. Donc une première possibilité,
c'est qu'on tue
cet enfant.
Et admettons que ça n'arrive pas et puis qu'il vive quand même, vaille que
vaille. Eh bien, ce bébé est marqué
dans, dans son inconscient, dans son psychisme inconscient, par une
espèce d'ogre, par une espèce de monstre
qui a un jour lui a-
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