Political Commentary on Marine Le Pen
Qu'est-ce que vous pensez du maintien de la candidature de Marine Le Pen à la
présidentielle ?
Je m'en fous.
Je l'abattrai elle ou n'importe qui d'autre.
Là ici, c'est Avignon, je suis venu pour ça.
Je viens pas pour utiliser la situation pour parler d'autre chose que de culture.
Excusez-moi de vous répondre de cette manière-là, mais dites à vos chefs que je
connais, je ferai rien d'autre, c'est pas la peine de m'embêter,
je ne ferai rien
d'autre. On est venu ici pour défendre la vie
elle-même. Alors, qui est candidat des fascistes,
quelle est la
différence ? À la fin, c'est le même coup de marteau à prendre
sur la tête.
On les battra parce que
ce qu'ils font commence déjà à dégoûter les gens avant qu'ils aient eu le temps de
commencer vraiment dans les villes. Ils sont un instrument de normalisation.
Il y a deux
mouvances politiques qui ont une politique culturelle, nous et eux.
Pourquoi ? Parce que eux combattent, ce qui a été dit tout à l'heure.
Ils savent quel instrument extraordinaire de propagation des idées
est l'activité culturelle. Parce que les êtres humains ne sont pas
faits que de
raisonnements, ils sont faits d'affects.
Vous partagez la souffrance de quelqu'un d'autre et dès lors, vous vous interrogez
sur la cause de cette souffrance. Et si ça vous paraît être une cause à
laquelle on
peut mettre fin, vous voulez y mettre fin.
Demandez-vous pourquoi tous ces gens défendent ces malheureux Palestiniens.
C'est parce qu'ils s'identifient à eux.
Donc leur attitude est une attitude qui procède autant de l'affect, de notre
similitude d'être humain, que de nos raisonnements.
Et donc l'extrême droite a compris ça depuis le début.
L'extrême droite-- alors nous, on met la culture comme un moment de
partage,
autrement dit de similitude. Eux, ils mettent la culture comme un
moment de mise en ordre. Quel ordre ? C'est un faux ordre.
Leur ordre, c'est la hiérarchisation.
Il y a ceux qui dominent et ceux qui sont dominés.
Leur propos culturel, c'est ça. Et quand...
Alors, il y a toutes sortes de discours qui vont
avec ça.
Mais la construction, on la connaît. C'est une hiérarchisation.
Alors en haut, les blancs, tous les autres après.
En haut, les hommes, les femmes après.
En haut, les êtres humains, la nature après, et ainsi de suite.
Tout leur discours est une construction de l'évidence de la hiérarchie
entre les êtres humains. Alors que notre expérience de la vie nous
apprend
exactement le contraire. Elle nous apprend que les hiérarchies
sociales ne sont pas forcément les hiérarchies humaines, que des gens
bons peuvent se trouver dans telle ou telle situation, d'être dominés
socialement et d'autres dominés et être abjects par
loin. Voilà.
Voilà pourquoi. Et nous, c'est l'inverse.
C'est pourquoi nous, on est viscéralement attachés à cette
bataille culturelle.
Parce que c'est, c'est dans, ce dans quoi nous évoluons.
C'est, c'est, c'est ce qui nous nourrit.
Si je dis Antigone, il y en a plein qui comprennent et qui se
disent: Ah ouais,
moi, j'ai vu au moins une fois. Je sais qu'il peut y avoir des
circonstances supérieures à toutes les autres,
des lois humaines supérieures à toutes les lois et je me fous de ce
que ça va me coûter, je le fais. C'est ce qu'elle dit, elle, hein.
Elle commence par dire non. Ben non, c'est l'insoumission.
Vous voyez, nous, si-- on vous a pas appris ça à l'école.
Si juste, qu'on vous a appris à l'école ou ailleurs
ou parce que vous avez pas été
au théâtre. C'est juste que vous êtes au fond juste
comme dit l'autre,
juste ce que tu es.
Et parce que tu es ce que je vois ou ce que je crois voir en te regardant,
suivant comment tu es habillé, si tu es un homme ou une femme, comment...
Et ainsi de suite. C'est-à-dire tout ce qu'on nous aura mis
dans le crâne pour
hiérarchiser les êtres humains au lieu d'en apercevoir
ce qui, ce qui va nous. Voilà, c'est ça les deux batailles,
les deux camps et
la bataille, c'est jusqu'au bout.
Quand ils peuvent pas, ils parlent comme l'autre idiot là,
de neutralité. Bon.
Mais sinon, sinon on connaît, on sait ce qu'ils veulent.
On a lu leurs, leurs brochures. Ils ont une pensée culturelle et nous
aussi.
Nous, on dit que plus il y en a, plus il y a de diversité, plus nous,
on va être
fort. Le reste, c'est des gens qui sont là au milieu,
qui bavardent et ne servent à
rien.
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