Héritage ou droit d’usage : faut-il transmettre ses biens à ses enfants
Mais je suis pour un droit d'usage. C'est quand même très clair un droit
d'usage.
Oui, bien sûr.
Ça veut dire que j'habite un logement.
D'accord.
Le jour où je ne suis plus là.
Oui.
Rien ne justifie-
Oui.
Que mes enfants qui n'ont rien fait
pour euh, pour euh,
pour participer
euh...
Vous avez des enfants ?
Oui, bien sûr.
D'accord. Vous allez, vous allez rien leur léguer.
Ma fille, elle est là au téléphone.
Vous allez les euh... Comment on appelle ça déjà ?
Déshériter.
Les déshériter ouais.
Je vais pas les déshériter.
Bah si.
Rien ne justifie.
Bah pourquoi ? Ah si, vous les déshéritez.
Qu'elles, qu'elles, elles bénéficient-
Ouais.
De ce que moi, j'ai construit.
Ouais. Donc, vous allez les déshériter.
C'est pas du déshérit-- C'est pas la question de déshériter.
Bah si, vous allez faire un papier pour dire :
Ils n'hériteront de rien et je donne
tous mes biens à l'État. C'est ce que vous allez faire.
Mais c'est pas la q--, là, là, je suis pas en train de vous dire ça.
Bah si.
Ce que je suis en train de vous dire...
Vous dites que vous êtes contre l'héritage,
donc vous allez déshériter vos enfants.
Je suis contre le fait que euh, on donne
systématiquement-
Oui, mais si vous êtes...
De génération en génération des biens.
Qu'est-ce que vous allez faire pour empêcher ça dans votre cas précis ?
Si ma fille n'a pas de toit, elle aura peut-être un droit d'usage.
Ah, elle aussi, d'accord. Bon, ça s'appelle la transmission euh...
Elle n'aura pas...
Ça s'appelle l'héritage quoi.
Elle n'aura pas, euh, quinze logements.
Mais vous allez la déshériter. Rassurez-moi,
dites-moi que vous êtes cohérente.
Vous allez la déshériter. Je dis ça, c'est un premier degré.
La,
la cohérence, en fait, elle est dans le fait
que
j'ai, je suis là, j'occupe un espace, quelqu'un d'autre l'occupe
après moi. Si c'est ma fille qui n'a pas d'autre
logement, entendons-nous bien.
D'accord.
Pas d'autres biens.
Et si elle en a un, vous allez euh...
Bah si elle en a un...
Vous allez donner votre logement.
Bah elle en aura pas besoin.
Oui, donc, vous allez donner votre logement à qui ?
À qui ?
Bah euh, je, je lui laisse le choix.
Ah, donc c'est elle qui va en disposer.
Bien sûr.
Ok, d'accord, c'est bon, j'ai compris.
En fait, ça s'appelle l'héritage, mais bon bref.
Non, c'est pas...
Non, mais c'est intéressant, c'est intéressant de, de, de creuser.
De creuser.
Il faut toujours creuser. Il faut toujours creuser les choses.
Pour ça, ça s'appelle l'héritage.
Il faut garder la cohérence. Moi, figurez-vous, cette veste,
elle m'appartient.
Ouais.
Et quand je mourrai, elle appartiendra à mes filles.
Ok.
Voilà. Et il n'y a pas de problème avec ça.
Parce que ce que j'ai construit...
Mais elles ont vos filles.
Parce que ce que j'ai construit, je le construis aussi pour mes
enfants qui sont la chair de ma chair.
Ah.
Voilà le principe éternel.
Donc pas du individualisme.
Pas-- Bah non, pas individualiste, c'est pour mes enfants.
C'est pas le même individu. On parle d'individus différents,
on parle de
générations différentes.
Ah, de générations différentes.
Au contraire, c'est la transmission, c'est ça qui est beau.
Qu'est-ce qui fait, qu'est-ce qui fait que ça, ça,
ça apporte quelque chose à la
collectivité ?
Bah écoutez, ça apporte déjà quelque chose à mes
filles.
Ouais, ça, c'est la-- le principal.
Donc déjà, c'est bien.
Moi,
ma petite sphère.
La famille, c'est important la famille, vous savez.
Ah mais bien sûr, la patrie.
Qu'est-ce qui fait que vous parlez avec-
Quoi d'autre ?
Pourquoi vous avez votre fille au téléphone et pas un, un,
un illustre inconnu ?
Pourquoi ?
Pourquoi j'ai ma fille au téléphone ?
Bah oui, pourquoi pas un autre inconnu ?
On partage.
Ah, vous partagez. Partagez.
Ouais.
Et pourquoi vous partagez donc ? Dites-moi. Pourquoi partager avec elle ?
Partager avec elle ?
Parce que vous...
Elle a une intelligence rare et que si ça n'était pas ma fille, j'aurais
choisi comme amie.
D'accord, ok. Donc c'est le pur hasard. C'est pas parce que c'est votre fille.
Ah non.
C'est pas parce que vous l'avez mise au monde, vous l'avez éduquée.
Plus intelligente que moi.
D'accord, ok. Ok.
Voilà, il y a des gens, on les choisit.
Regardez, regardez, vous avez un ami là-bas qui vous dit ta
gueule.
Oui, venez.
Non, lui, il dit au contraire qu'il faut que je me
taise.
Ah. Ben non, moi, je suis-- Ah non, moi, je suis pour.
Bien sûr.
Je suis pour la confrontation des idées.
Oui, bien sûr. Mais lui, il dit : Ta gueule, le facho.
C'est-à-dire que pour lui...
Vas-y, viens.
Lui, pour lui, il faut que je me taise. Voilà.
Ah, je suis pas sûre.
Ah si, si, il a dit : Ta gueule, le facho.
Non, je pense qu'il,
il, il exprime un point de vue plus radical
que je ne l'ai fait.
Ouais.
Sur des idées qu'il ne partage pas.
Mais là
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