Political Disqualification Hearing Analysis
Rebonjour.
Rebonjour.
Maître, s'il vous plaît.
Est-ce que vous pouvez nous donner vos, vos impressions sur la, sur l'audience et
euh.
C'est mon, mon impression que c'était prévisible.
On s'attendait à ce que la demande du parquet soit une demande de
disqualification politique et ça n'a pas manqué.
Euh, vous avez aujourd'hui un parquet qui
réclame deux ans d'inhabilité à
l'encontre de madame Rima Hassan.
Euh et nous savions depuis le début que ce qui pose difficulté,
ce sont les idées qui sont défendues par madame Rima Hassan, ce
sont les différentes prises de position qu'elle peut avoir.
Et nous sommes opposés à cette disqualification politique
et à cette instrumentalisation, euh, de la juridiction pénale pour
obtenir que madame Rima Hassan ne puisse plus être députée et ne
puisse plus incarner la voix d'un ensemble de personnes qui aujourd'hui
dénoncent, euh, les crimes commis à Gaza.
Pensez-vous, Maître, qu'on a dépassé les limites durant cette,
cette
audience ? Pensez-vous qu'on a franchi les limites ?
On, on a, on a, on a clairement dépassé les limites, euh,
dans le cadre de cette
audience. Euh, je, je rappelle que nous, nous sommes venus avec les
meilleures intentions, avec une argumentation juridique qui est
extrêmement
fournie, extrêmement détaillée et que j'ai fait
l'objet de menaces par l'un des membres, euh, d'une
partie civile constituée. J'ai été qualifié de
salopard. On m'a menacé, ce qui ne m'est jamais arrivé en
plus de dix ans d'exercice professionnel et parfois dans des dossiers
beaucoup plus durs que celui de madame Rima Hassan.
On a dépassé les bornes avec d'ailleurs une absence d'excuses de la
part de la personne concernée par ces menaces.
Mais en fait, nous, nous ne répondons pas aux intimidations et
ça ne nous dévie
pas de notre voie qui est une voie qui demande et qui implore et
qui réclame une relaxe qui est la seule décision conforme au
droit qui peut être rendue. Et à, à quel point
en sommes-nous arrivés pour que
lors de la pause déjeuner, deux personnes se
dirigent vers nous sans se présenter avec une
simple enveloppe orange en disant prenez-la, prenez-la, prenez-la.
Jusqu'à temps en fait, qu'on comprenne, en découvrant le contenu de l'enveloppe,
que c'était une convocation judiciaire contre Rima Hassan dans le cadre d'une
nouvelle procédure. Est-ce qu'on a déjà vu une personne, un
élu à qui on remet une convocation
judiciaire en sortant du tribunal par deux personnes
en civil qui ne se présentent pas et qui remettent une convocation
dans une pochette cartonnée. Mais je veux dire, où sommes-nous ?
Et c'est pour ça que je l'ai dit et je le redis avec, avec beaucoup de force.
Moi, je ne défends pas Rima Hassan, moi, je défends l'État de droit.
Et à un moment donné, il faut que ces juridictions puissent
l'entendre, comme il-,
elles doivent entendre le fait que les ré-, les récentes révélations de
Mediapart montrent à quel point aujourd'hui, il peut y avoir un objectif
de la part du pouvoir exécutif de discréditer une formation
politique à seulement quelques mois d'une, d'une élection présidentielle.
Et je pense que plus cette formation politique sera haute dans les
sondages et plus on peut imaginer qu'il y aura une
intensité et une aggravation de la répression dont ses
membres font l'objet. Et c'est pour ça que s'il n'y a pas,
eh bien, vous,
la presse, si on ne dénonce pas, nous aussi, en tant, en,
en tant qu'avocats, eh
bien, c'est une entaille, c'est une entorse qui est portée à l'État,
à l'État de
droit. Et j'ai dit aussi au cours de ma
plaidoirie, d'un, d'un point de vue plus
général, l'inquiétude que je peux ressentir par
rapport à ce contexte
et qui pour moi, fait naître des obligations
supplémentaires sur la
justice.
End of transcript · 637 words