Interview on Racism and Social Issues
Si! Manquer d'oxygène, c'est une liberté.
Madame, vous ne manquez pas d'oxygène.
Si, si.
Vous respirez comme avant.
Non, je suis raciste. Et ben alors, qu'est-ce que vous faites dans un pays qui
est
raciste ? C'est vous qui êtes raciste, pas le pays.
Nous, on n'est pas racistes, nous hein. Non, mais des mots pareils.
Vous n'êtes pas Épinalois parce que vous ne seriez pas là hein.
Bonjour Madame. Est-ce que je vous dérange ?
Je suis journaliste en fait.
Ma carte est là, vous voyez. Je voulais juste savoir ce que vous
reprochiez à ces
gens.
Ouais, journaliste de Mélenchon. Euh avec votre tête, là.
Comment ça, ma tête ?
C'est quoi la tête ?
La tête de double zéro.
Ça veut dire quoi double zéro, madame ?
Qui valent rien.
Mais on se connaît ?
Non, mais je pense que vous ne valez rien
puisque vous êtes avec eux, donc vous ne
valez rien.
Non, madame, moi, je suis journaliste. Je suis en train de couvrir un événement.
Ah bon ?
Je suis là et je vous ai déjà vous posez la question.
Ah ben alors. Je voudrais bien que je passe sur la une,
là.
Dites-moi ce que vous pensez de cet événement.
Rien du tout, parce que c'est de la manipulation.
C'est tout, ça vaut rien.
Avant de s'occuper des-- d'autres pays, on devrait s'occuper de la France.
Moi, je m'occupe de mes enfants avant de
m'occuper de ceux des autres.
Vous voyez ? J'ai soixante-treize ans.
Alors, hein, j'avais quinze ans, moi, quand je suis venue habiter en...
Et ma grand-mère habitait à Saint-Ouen.
Alors, je suis plus ici que vous tous, là.
Vous, vous êtes des pièces rapportées. Et pas des bonnes hein.
Vous jugez sur quoi, allez, en disant ça ?
Parce que si vous étiez bons, vous feriez pas ce genre de
manifestation. Déjà, le maire, il n'est pas capable de s'occuper
des vrais Français, des... J'habite à Saint-Ouen depuis
soixante-six. Et ben, je peux vous dire, ça se dégrade, ça
se dégrade, ça se dégrade.
Déjà, quelle dégradation vous parlez ? De quelle dégradation vous parlez ?
Parce que là, c'est pas la même population.
On n'est pas en liberté.
Vous n'êtes pas en liberté ?
Non, non.
Quelles sont vos libertés qui ont été réduites ?
Ah ben, aussi bien vestimentaires que
manifestations.
Non, mais vos libertés à vous, elles ont été réduites ?
Oui.
Mais sur quoi précisément ?
Ben sur mon oxygène.
Ben l'oxygène de voir des gens comme ça qui manifestent me dérange.
Vous voyez bien que ce n'est pas une liberté, ça.
Si ! Manquer d'oxygène, c'est une liberté.
Madame, vous ne manquez pas d'oxygène.
Si, si.
Vous respirez comme avant.
Non, mais par rapport à eux, si. Quand je me promène sur Saint-Ouen, ça me
dérange de voir ce,
ce cirque-là.
Mais là, vous voyez bien que ces personnes qui
réclament juste une justice, une
humanisme.
Mais ça vaut rien. Vous avez vu ce qu'ils font, là,
les étudiants ?
Vous les manipulez. Au lieu de demander des profs et tout,
ils parlent-
Ben c'est ce qu'ils demandent.
Mais non, ils parlent de la Palestine. On n'en a rien à foutre de la Palestine.
C'est des gens qui sont morts.
Ça vous émeut pas de voir qu'il y a un génocide en cours,
des gens qui meurent pour
rien ?
Et alors ? Il y en a, il y a d'autres pays où ils meurent pour
rien et on
n'en fait pas autant. Alors, c'est bon, là.
Saint-Ouen est devenu la poubelle, la poubelle, la poubelle.
Vous pouvez le dire à...
On va voir si vous avez à-- si vous allez avoir le courage de mettre
ça
sur la une.
J'ai besoin de vous pour soutenir mon travail de journaliste indépendant, pour
financer les prochains tournages.
Tous les détails sont sur Ulule, lien en description ou en commentant Go
Ulule pour
le recevoir en DM. Merci.
End of transcript · 654 words