Fire Management Strategies in Gironde
— Pour revenir un peu sur la bonne perception et compréhension
de l'ensemble des gens qui suivront ce point presse,
c'est que la Gironde est confrontée à un feu avec des phénomènes qui n'ont jamais été connus en France,
avec la formation de nuages massifs de la famille des Pyrocumulus,
des nuages d'orages géants qui se développent de jour comme de nuit.
Donc vous l'avez évoqué, madame la préfète,
ça a été le cas hier soir vers 22 h.
Malgré le fait que des conditions météo n'étaient pas forcément favorables à ce genre d'événement,
on a eu un Pyrocumulus nimbus qui s'est créé à partir du feu
auquel nous sommes confrontés et qui en fait a créé sous ce nuage une activité électrique qui s'est matérialisée par des éclairs.
Et cet éclair a provoqué un départ de feu au sud de la D105
qui a pu être arrêté grâce à l'engagement des troupes au sol mais également à l'amélioration des conditions et de la dynamique qui régissent ce genre de phénomène.
Donc on voit que lorsque le phénomène éclate, c'est comme si vous étiez confronté à un ouragan.
Vous arrêtez pas un ouragan, mais vous protégez la vie humaine, vous protégez au maximum les installations.
Et quand ça se calme,
derrière, vous faites une attaque pour essayer de le fixer.
Dans ce contexte, j'ai commencé un peu à le dire, c'est que les techniques et repères opérationnels traditionnels ne sont plus suffisants.
Donc la priorité qui a été donnée par la directrice des opérations de secours, madame la préfète, c'est de sauvegarder la vie humaine,
la préserver,
protéger les sitaristes stratégiques et également industriels.
Donc l'ensemble de notre action aujourd'hui va se porter sur la déclinaison de ce phénomène.
Parmi les éléments qui vont être de nature,
sinon pas à écarter,
mais on l'espère, de limiter la génération de ce genre de phénomène, c'est le fait de tenter de limiter au maximum la puissance du feu actuel.
Aujourd'hui, le feu, si vous regardez une carte, il a à peu près la forme d'un triangle.
Sur les 3 faces du triangle,
nous portons nos actions.
Côté est,
sur lequel nous engageons les moyens aériens de type retardant sur ce côté-là, sur cette face,
complété par des moyens au sol.
Sur la deuxième face, située un peu plus au sud,
cette fois-ci, c'est les moyens aériens avec de l'eau, avec des troupes au sol qui travaillent.
Et sur la troisième face, plus à l'ouest, nous travaillons avec des moyens au sol.
Ça a été dit également par Mme la préfète, avec un apport des agriculteurs.
J'insiste sur le fait qu'il ne faut pas avoir des agriculteurs qui s'engagent seuls sur le chantier.
On doit avoir connaissance de leur position pour pouvoir être en capacité de les prévenir s'il y a un changement d'orientation du feu.
Nous avons eu une expérience en 2022 sur laquelle nous avons eu des agriculteurs qui se sont retrouvés devant un front de flamme. J'insiste.
L'objectif n'est pas de les écarter.
L'objectif n'est pas de limiter leur concours.
Nous avons besoin d'eux, mais de manière structurée.
Donc il y a un recensement qui est réalisé.
Et derrière, en collaboration avec la DFCI, nous savons exactement où ils sont engagés.
Leur action sur la troisième face du triangle est faite également en action complémentaire avec des hélicoptères.
Pourquoi ? Parce que les hélicoptères,
on peut se permettre d'avoir des troupes au sol ou des agriculteurs sans empêcher l'action des hélicoptères.
En parallèle... Et là, ça fait partie de la stratégie complémentaire d'essayer de limiter la matière qui va permettre d'alimenter le feu.
Vous vous souvenez, en 2022, on travaillait à J1, J2 avec des coupes tactiques.
On est en train de faire la même chose.
Maintenant, la différence avec 2022, c'est qu'on a des difficultés pour évaluer les délais et le phénomène.
Mais actuellement, il y a...
Et ça, j'essaierai comment Pierre Massé le décrire.
Mais il y a des coupes tactiques qui sont réalisées.
Il y a également des feux tactiques qui sont réalisés.
Une des principales difficultés, du fait de la taille du chantier et du fait de la présence d'énormément de fumée sur le chantier,
nous avons du mal à savoir non seulement la localisation exacte des feux et des contours,
mais également de leur intensité.
C'est la raison pour laquelle nous avons demandé,
et Mme la Préfète a effectué, elle a validé, et donc le ministère des Armées va nous mettre à disposition un drone Reaper qui ne pourra pas être tout le temps sur le chantier.
C'est la raison pour laquelle, lorsque le drone Reaper devra ravitailler,
il y aura un hélicoptère Caracal qui va nous permettre, si vous voulez, de photographier en temps réel l'intensité du feu et sa
localisation. Donc ces informations seront relayées immédiatement au centre opérationnel départemental et permettent de guider à la fois l'action des moyens aériens et l'action au sol.
Donc ces anticipations, et ça a été déjà précisé par Mme la Préfète,
se font en s'appuyant sur des analystes de Météo France, mais également d'un certain nombre, je dirais, de personnes sachantes dans le milieu universitaire.
Des renforts complémentaires vont être demandés,
notamment des pompes grande capacité pour pouvoir avoir une solution complémentaire
en termes d'alimentation en eau de l'ensemble du dispositif d'attaque.
Parce que vous vous doutez bien que,
du fait de la quantité de moyens qui sont engagés,
nous sollicitons énormément le réseau d'eau.
Donc l'idée, c'est de pouvoir s'appuyer sur des réserves d'eau naturelles,
et on en a beaucoup sur notre département,
pour créer des nourrices d'eau pour aller faciliter l'alimentation en eau
de nos moyens et de préserver le réseau de distribution d'eau.
Enfin, du fait de la taille de commande du chantier,
nous avons fait appel depuis hier au dispositif Phénix,
qui en fait est un dispositif européen de communication
qui sécurise le travail des équipes d'intervention sur le terrain et
permet aux renforts, qu'ils soient français ou étrangers, de travailler facilement.
Donc c'est quelque chose qui va être déployé dans les prochaines heures,
sur lequel on dimensionne vraiment également le dispositif
de communication par rapport à la taille du chantier.
Je voudrais vous dire également que malheureusement,
la situation opérationnelle, puisqu'en fait on reste vigilant sur tout départ de feu,
sur le reste de département, on garde un dispositif de réponse de proximité pour pouvoir répondre.
Et dans le Sud-Gironde, il y a quelques heures,
nous avons été confrontés à un phénomène qui n'a rien à voir avec le feu,
qui en fait est un orage sec,
qui nous a généré notamment deux départs de feu.
Un premier à Préchac, sur lequel nous l'avons déjà fixé, et
un autre qui est en cours au niveau du camp de Cap-Cieux,
sur lequel nous avons engagé des moyens aériens et nous avons engagé les troupes au sol.
Je me permets de compléter par vous demander,
à travers un message de prudence,
ne vous approchez pas des incendies.
Ce n'est pas une zone sur laquelle on va se balader en famille,
ce n'est pas possible. À un moment donné, il faut absolument que vous soyez prudents,
et de même que vous soyez prudents pour éviter,
madame la préfète a évoqué le fait qu'il y a encore des personnes qui faisaient des barbecues en forêt,
ce n'est plus quelque chose qui...
Enfin, c'est tenté que ça ait déjà été possible, mais là, ce n'est pas acceptable.
Je vous rappelle que le massif est en état de sécheresse qu'on n'a jamais connu,
puisqu'on dépasse 2022, on dépasse 1976, et c'est certainement une des raisons pour lesquelles on est confronté à des phénomènes qui n'ont jamais encore été connus en France.
End of transcript · 1,286 words