Poetic Reflection on Home and Departure
Tes billets sur la table,
le passeport qui dépasse un peu,
ton gobelet de café tiède et ce silence qui tourne entre
nous deux.
Par la fenêtre, la ville pâlit, la buée sur le verre
dessine ton profil. Tu souris, les yeux déjà
loin là-bas où ton prénom sonne
bien.
Va où le soleil connaît ton visage, où ta langue
te berce comme un rivage. Dans la foule qui t'appelle par
ton prénom, retrouve ta maison. Retrouve ta maison
là où la chaleur colle aux mains, où l'air
sent le cumin, le pain. Va vers les voix qui t'ont
manqué tant. Je te perds un peu, tu te trouves enfin.
Tu me parles de ruelles étroites, des draps qui sèchent entre
les étages, des vieux qui jouent aux cartes sur le
trottoir, des
rires qui roulent tard le soir.
Tu dis le marché, la foule serrée, les paniers de
mangues, le thé brûlant, les doigts tachés
d'épices rouges, ta grand-mère qui parle en
avançant lentement.
Va où le soleil connaît ton visage, où ta
langue te berce comme un rivage. Dans la foule qui t'appelle
par ton prénom, retrouve ta maison.
Retrouve ta maison là où la chaleur colle aux mains,
où l'air sent le cumin, le pain. Va vers les voix
qui t'ont manqué tant. Je te perds un peu, tu te trouves
enfin.
Je garderai ton bol sur l'étagère, ta tasse
fêlée, ton vieux foulard, les miettes de toi dans
la lumière pour les jours qui piquent un peu trop
tard. Et quand le vent porte une odeur
d'ailleurs, je
fermerai les yeux, j'entendrai ton rire entre deux
bus, deux heures de peur. Je saurai que tu vas
bien quelque
part.
Va où le soleil connaît ton visage, où ta
langue te berce comme un rivage. Dans la foule qui t'appelle
par ton prénom, retrouve ta maison.
Retrouve ta maison là où la chaleur colle aux
mains, où l'air sent le cumin, le pain.
Va vers les voix qui t'ont manqué tant.
Je te perds un peu, tu te trouves enfin.
Tes billets sur la table
et ma main qui lâche la tienne.
Entre nous,
une lumière douce et cette phrase simple :
Va, rentre chez toi.
End of transcript · 370 words