Wildfires in Gironde: A Desperate Battle
Un ogre, un monstre,
un feu apocalyptique.
Là-bas ça brûle, là-bas ça brûle.
Les mots viennent à manquer aux pompiers
pour décrire l'ennemi qu'ils combattent.
C'est l'enfer. De nuit comme de jour,
une lutte souvent inégale.
Il est impuissant, complètement impuissant.
Il va trop vite, il va trop vite.
Et des centaines de milliers de naufragés du feu,
obligés de fuir les flammes et les fumées.
Mais j'ai peur pour ma maison.
Retour sur quatre jours d'enfer avec les pompiers.
Et quatre jours d'angoisse pour les évacuer.
Ça crame violent là.
Mercredi dernier, le scénario estival tant redouté se produit en Gironde.
Un départ de feu à Somos,
une sécheresse extrême, une chaleur intense et des vents capricieux qui font sauter les flammes.
Les ingrédients d'un incendie hors normes et hors de contrôle.
Les flammes menacent la presqu'île du Cap-Ferret.
Pompiers au sol et moyens aériens livrent bataille.
C'est un peu comme une guerre, au canon,
à l'avion, et nous après la baïonnette dans les fossés.
Après les massifs forestiers,
les flammes dévorent désormais les maisons de ce quartier de lèche Cap-Ferret.
Les pompiers ont besoin de renforts en urgence.
On a deux baraques qui vont partir, ça n'arrive pas vite là.
Je suis en face.
Il faut choisir celle-là ou celle-là ?
Non, là on ne va pas choisir, on va sauver les deux.
Mais les maisons un peu plus loin s'embrasent.
Pied à pied, les pompiers tentent tout pour sauver un maximum de pavillons.
Mais ils sont cernés.
On n'est pas assez nombreux, mais on fait comme on peut parce que c'est la guerre.
Des pompiers sur tous les fronts,
car 130 kilomètres plus au sud, à Biscarros,
un deuxième incendie fait rage.
En quatre jours, en Gironde et dans les Landes,
plus de 200 maisons détruites.
Face à ces deux brasiers incontrôlables,
les autorités décident d'une opération d'évacuation sans précédent.
Par la terre, la mer,
220 000 personnes contraintes de fuir.
On a reçu une alerte et on a dégarpillé aussi vite qu'on ne l'est plus.
Certaines évacuations sont délicates, comme celle des EHPAD avec leurs pensionnaires âgés ou celle des personnes malades,
comme cet homme de 94 ans.
On va faire au plus vite pour lui, il y a une cellule médicalisée
à la salle des fêtes de Pontex, donc il sera très bien là-bas.
Tout le monde est à l'abri, c'est l'essentiel.
On dit ça pour se donner du courage, mais c'est épouvantable.
Juste le temps de prendre quelques affaires, papiers, vêtements, nourriture.
Des habitants qui doivent donc quitter au plus vite et de toute urgence.
Et sans se retourner, laisser derrière soi sa maison. C'est
horrible. Bouleversée, cette femme redoute de ne jamais retrouver la maison qu'elle a mis toute une vie à construire.
J'allais gratter la maison.
travailler dur pour avoir quelque chose à nous parce que c'est la maison c'est toute une vie
voilà et on a tout laissé dedans donc on sait pas comment on va se retrouver
et qu'est ce qu'on va devenir le feu et la fumée se rapprochent désormais de Bordeaux
une dizaine de villes de l'agglomération reçoit ordre d'évacuer les habitants se retrouvent ici au parc des expositions
par milliers
Pendant ce temps les feux redoublent de force
les pompiers sont à bout de souffle L'incendie qu'ils affrontent est d'une rare intensité
ils luttent souvent 18 heures d'affilée avant d'arracher trois heures de sommeil même si on est fatigué
on se donne on se donne pour les gens on se donne pour nos copains qui sont tombés mardi
Alors la solidarité s'organise des agriculteurs viennent prêter main-forte en arrosant les lisières
Ou en rechargeant en eau les camions des pompiers parfois des habitants viennent simplement distribuer un peu de réconfort
La solidarité aussi de ces habitants qui tentent de sauver la maison de leurs amis
La grange est déjà perdue,
mais avec quelques tuyaux d'arrosage et l'énergie du désespoir,
ils espèrent bien sauver l'habitation attenante.
On est là depuis ce matin et on fait ce qu'on peut, on a dû sauver au moins 40 maisons, je pense.
Le sud-ouest meurtri et des images à peine croyables,
comme les plages et les terrasses du Cap Ferré vide en plein été.
Des animaux à pleurer, qui fuient,
une planète qui brûle.
Et une nature, martyr,
qui mettra des décennies à renaître.
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