Discussion on Violence and Memory
Je crois que ce qui, ce qu'ils mériteraient parce que ils
étaient-- en deux mille
douze, ils avaient quel âge ?
Rien. Quatre ans. Quatre ans. Un truc comme ça.
On ne connaît pas leur âge ouais.
Parce qu'on va pas leur faire grand-chose.
Et, et, et citer Mohamed Merah, c'est épouvantable.
C'est la chose la plus choquante qu'on puisse.
C'est de les placer dans une pièce et qu'on leur montre les photos de ce que
Mohamed Merah a fait. Peut-être quand il a tué les militaires,
ça va peut-être
rien leur faire. On va peut-être montrer, on va peut-être montrer la photo du petit
qui est mort de cinq ans dans sa poussette avec la tétine dans la bouche et Mohamed
Merah qui a attrapé la fille du, du, du directeur de l'école par les
cheveux, la petite de sept ans, Myriam, et qui lui a tiré une balle dans la tête.
On peut peut-être leur montrer ces photos-là.
Peut-être qu'ils réfléchiront deux secondes avant de citer Mohamed Merah.
Peut-être que ça les fera réfléchir de ne pas dire de, des
conneries comme ça, de choses qui sont
de l'ordre de la, de la pire dégueulasserie au monde.
Pour moi, c'est ça qu'il faut faire.
Parce que pour eux, pour eux,
ils étaient petits, ils n'ont pas vécu ça, ils ne savent pas ce que
ça veut dire et pour eux, ce ne sont que des mots.
Peut-être que si on mettait des images sur les mots, peut-être qu'ils
reconnaîtraient peut-être leur petit frère, leur petite sœur dans leur, dans la
poussette. Il faut vraiment se souvenir qu'un des
petits est mort avec sa tétine
dans la bouche. C'est, c'est quelque chose qu'on ne peut pas
oublier.
Ouais, cette chanson, elle existe. Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?
Elle existe. Elle existe, mais eux la répètent comme si c'était,
tu sais, un mode
révolutionnaire. Ils ont... C'est un hymne, c'est quelque chose.
On se sent tellement fort quand on dit ces mots-là.
Mais si tu mets des images sur ce qu'ils sont en train de dire, peut-être que ça
peut chan-- Michel, je parle.
Je suis d'accord avec toi.
Montrez-leur les images de ce qu'il a fait.
C'est intelligent ce que tu dis, Laure.
C'est tout. C'est épouvantable, mais c'est la seule méthode.
C'est, c'est épouvantable. C'est, c'est peut-être nul ce que je dis.
C'est peut-être tellement violent, mais c'est la, c'est la seule image.
Et pour des parents,
je vous assure, des parents qui doivent voir leurs enfants
dire des choses comme
ça, c'est, c'est gravissime. C'est gravissime parce que ça a une
portée incroyable. En deux mille douze, ils avaient quatre ans, donc stop.
Ça, pour moi, c'est pour moi, c'est important.
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