Film review of Une jeunesse indienne
J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps devant ce film.
Mes yeux, c'était deux îles flottantes à la fraise à
la fin.
Une jeunesse indienne de Neeraj Ghaywan, dont j'avais déjà adoré
Masaan. Alors ça, c'est un film, je l'ai pas vu venir. Je vous jure.
Je pense qu'il y en a qui peuvent ne pas trop aimer le côté mélo parce que c'est un
mélo assumé. Mais punaise, comment ça a marché sur moi.
J'étais, mais en PLS à la fin. Il y a tout ce qui me touche à
l'intérieur, même si
ce trop-plein peut en agacer certains.
Moi, j'ai aimé comment le réalisateur, à travers une histoire d'amitié,
a eu envie
d'embrasser l'Inde contemporaine d'aujourd'hui avec une tendresse et une
délicatesse assez folle. On est dans un village dans le nord de
l'Inde, avec
deux amis d'enfance qui jouent des coudes pour trouver une place dans un train qui
les amène vers un concours pour devenir policier d'État.
C'est leur seul moyen de s'affranchir du déterminisme social et de
potentiellement être respectés et avoir un avenir
dans la vie, eux qui se sentent condamnés d'avance par
leur naissance.
Mais rien ne se passe comme prévu et ils vont se heurter à toute la
violence d'un pays qui ne leur fait aucun cadeau.
Comme je le dis, c'est une fresque qui veut à peu près tout
dire de l'Inde
d'aujourd'hui, quitte à trop vouloir dire. Mais moi, ça m'a pas gêné.
J'y trouve une forme de générosité, au contraire.
Ça parle de la réalité sociale, du poids des castes, du racisme
systémique, des problèmes de religion intérieure.
Et tout ça avec deux acteurs qu'on ne regarde jamais avec misérabilisme ou
pitié. C'est ce que j'adore dans ce film.
Et d'ailleurs, le réalisateur cite Rilke comme le mantra
de son film :
Laissez tout vous arriver, la beauté et la terreur.
Continuez à avancer, aucun sentiment n'est vraiment définitif.
Et c'est ce que raconte ce film. Il raconte les épreuves, il raconte les
caps, les éclats, les lumières et les ténèbres.
Il dresse le portrait d'une jeunesse qui se renforce dans les épreuves et qui
ne saurait être réduite à sa souffrance, même si elle souffre.
C'est ça que le film montre. D'ailleurs, c'est pour ça qu'il s'appelle Une jeunesse
indienne. Une jeunesse pleine de désirs, de désirs pluriels, une belle
jeunesse pleine de feu sacré et qui nous enseigne, en fait, comment rester
positif dans un monde qui est totalement négatif et en plus, qui est bientôt
rattrapé par la pandémie du COVID-19.
C'est d'ailleurs inspiré d'une histoire vraie.
Vous allez voir comment cette pandémie va venir percuter de plein fouet le monde
déjà très fragile de ces deux personnages principaux qui, je cite leur
nom, sont campés merveilleusement bien, avec une grâce
inouïe par Ishaan Khatter et Vishal Jetwa.
Ils sont trop trop trop beaux dans ces rôles, vraiment.
Tu l'as compris, c'est un mélo déchirant qui parle de
travail, de famille,
de conditions sociales, mais surtout d'amitié, qui résiste à tout.
Et honnêtement, même si le film est dur, il fait aussi beaucoup de bien.
Il est très lumineux.
Et putain, qu'est-ce que j'ai chialé, les amis, mais je vous jure.
Ouais, je l'ai dit, la métaphore des...
Mais j'avais les yeux comme ça. Comme ça. Ils étaient rouges, ils me regardent.
Même mes yeux, ils me regardaient. Ils étaient comme as.
Bisous.
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