Youth Protests and Violence in Paris
De ces violences qu'on voit juste derrière avec vous Mohamed.
Euh Mohamed, alors, vous êtes plus lycéen, mais avant de parler des
revendications, je veux vous entendre sur ces violences.
Euh là, c'est extrêmement violent derrière nous,
on peut le, comme on peut le voir,
euh la violence, elle vient de plusieurs centaines de
jeunes.
Il y a eu des pillages. Est-ce que ça dénature pas le, le
message euh que vous vouliez peut-être faire passer aujourd'hui ?
Bien d'une part si, mais en, si on fait, si on en fait le constat, je prends
l'exemple des gilets jaunes et de la marche des retraités.
Les gilets jaunes quand, quand ils manifestaient et qu'ils
cassaient tout, d'une
part ça marchait. Je dis pas que je cautionne,
mais c'est des moyens qui, qui
marchent et du coup bah les exemples sont repris et,
et refont ce qui se passe.
Vous craignez pas que avec ces images, avec ces, ces, ces images qui vont
sûrement faire le tour du monde, s-- bah on ne parle pas de vos revendications
finalement ?
Bah franchement d'une part je suis, je suis d'accord parce qu'on va toujours
montrer la casse et les pillages, mais on va jamais parler du fait qu'on a
un
manque de pouvoir d'achat et tous nos problèmes de revendications.
Justement, on, on va aussi parler des revendications
parce que sur France Info, on
parle à la fois de la, de la problématique sécuritaire et de ce
qui est en train de
se passer qui est extrêmement grave dans les rues de Paris, mais aussi de vos
revendications. Vous, est-ce que vous avez l'habitude de
manifester ?
Pourquoi vous êtes sortis dans la rue aujourd'hui ?
Alors habituellement, je suis très pacifique,
je manifeste pas souvent, mais là,
c'était un, un cas obligatoire. J'ai dix-huit ans,
j'ai mon bac euh général en
mathématiques et physique chimie et j'ai eu, j'ai mis quatre-vingt vœux en tant que
IFSI, en gros une école d'infirmier pour euh
pour mes études supérieures et j'ai
été affecté nulle part sur quatre-vingt écoles.
Donc là, vous, vous n'avez pas d'a-, d'affectation, vous êtes dans aucun
établissement.
C'est ça, je me retrouve avec aucune école, avec un,
un bon baccalauréat et du coup
bah là franchement, je suis obligé de faire usage de la
manifestation.
Alors je suis, pour l'instant, je suis quelqu'un de très pacifique.
Je me retrouve sans travail non plus parce que la recherche de travail aussi est
compliquée.
Et alors vous me parliez aussi de, de pouvoir d'achat.
Vous concrètement, y a quoi comme problématique autour du
pouvoir d'achat ?
Bah du coup euh je suis permisé, j'ai un véhicule.
Avant avec, avant, je pouvais me permettre de sortir avec mes
amis, boire un verre,
sortir aller manger et sans faire euh attention à l'essence.
Et maintenant chaque euh centime, chaque mètre, chaque kilomètre,
bah j'y fais
attention et je dois réduire ma consommation de mon véhicule.
Dernière question Mohamed, euh vous-- est-ce que ça va continuer ?
Est-ce qu'il y a une volonté de continuer à se mobiliser comme avec les, les gilets
jaunes ou vous pensez que les images aujourd'hui et ce qui s'est passé,
et bien ça
fera que ça va s'arrêter ?
Bah, je pense que ça va continuer tant qu'on
n'a pas été écouté.
Comme là, on prend vraiment exemple sur les gilets
jaunes et que eux ils ont
manifesté sur des semaines et que ça a fonctionné,
je pense qu'on va continuer sans
forcément la casse hein, je parle des manifestations,
on va continuer jusqu'à avoir
euh le résultat de nos revendications.
Merci beaucoup. Merci Mohamed.
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