Youth Engagement in Modern Protests
La jeunesse aujourd'hui, elle est pas sur BFM, elle est plus,
elle est plus sur
CNews. On vient devant le bahut, personne rentre,
tout le monde reste dans la
joie, dans la bonne humeur. Pour moi, c'est les députés de la noblesse qui
rejoignent le tiers, là. Les revendications, elles sont là.
Dix milliards.
On attend des réponses. Ce que ça crée en fait, le manque de,
de financement du
public, c'est que vous avez plein de gens qui
aujourd'hui sont parents, qui eux ont
bénéficié de l'école publique et vont mettre leurs enfants dans le privé parce
qu'ils sont convaincus que l'enseignement dans le privé serait supposé meilleur,
que les profs seraient moins absentéistes.
Et d'ailleurs, je tiens à le dire, un prof c'est jamais absent par choix,
c'est
qu'il est malade ou qu'il peut pas être là.
Et donc en fait, ça, ça crée quelque chose où la-,
c'est là que la casse sociale
elle se crée. C'est qu'en fait, on a abandonné le service public qui est
l'école,
on a arrêté de le financer et les gens ne se rencontrent plus.
Et quand on voit la convergence qu'il y a où même les privilégiés
finalement qui sont dans les lycées où, où ça marche bien,
eux se rendent compte et
nous disent : En fait, on est dans des conditions mille fois
meilleures qu'eux,
c'est pas normal. Ça explique tout.
C'est trop bien ça, non ?
Bah c'est génial. Mais c'est... Des parallèles en fait, avec la Révolution
française, il y en a plein. Bon, c'est un peu tiré par les cheveux,
mais là pour
moi-
Vas-y, régale-moi.
Mais pour moi, c'est les députés de la noblesse qui
rejoignent le tiers, là.
C'est, c'est ce qui est en train de se passer en
fait.
Alors-
Même les privilégiés s'en rendent compte.
Et je pense qu'il y a une vraie détermination et surtout une certaine
insouciance
que moi, je vois, une joie de vivre où vraiment, c'est-,
limite, en fait, c'est des
kermesses. Il y avait distribution de nourriture,
il y a de la musique, il y a de
l'animation, on rigole, on chante, on discute, on est avec les profs.
Je crois qu'on, on a développé un concept, un autre concept que le
blocus, que la manifestation qui est différent.
Alors, je sais pas, on trouvera quel nom.
Un élan populaire qui dépasse en fait le truc, c'est ça.
Ce qui est dingue en fait, c'est, bah on vient devant le bahut,
personne rentre,
tout le monde reste dans la joie, dans la bonne humeur,
on s'amuse et on revendique
ce qu'on défend. Moi, je me souviens d'une époque où quand il y
avait des scènes de
communion entre les gens et la police, que par exemple pendant la finale de la
Champions League, quand il y a cette grand-mère qui,
qui veut éviter le gaz
lacrymo, on disait : Ouais, vous ne verrez pas ces scènes sur CNews,
sur
BFM, etc.
Et ben, le truc qui se passe, c'est que maintenant, on s'en fout,
on les diffuse
nous-mêmes. Et vous allez sur TikTok, vous allez sur Instagram, vous allez sur
Twitter, vous voyez que ça. Quand tu te réveilles à six heures du
mat', que t'arrives devant ton bahut à sept
heures vingt, que toi, tu sais pourquoi
t'es là hein, parce que tu fais cours, que y a des rats qui passent, que y a des
trous dans le plafond et que tu rentres à la maison à dix-huit heures trente-deux,
que y a papa qui est devant la télé, il dit : Oh, t'as vu, il y avait du feu.
Et toi, tu lui dis : Ouais, mais il y a des rats dans ma salle.
Ben en fait, t'éteins la télé, tu vas sur ton téléphone et quand tu vas
sur TikTok,
tu vois les images de communion, de joie populaire, de manifestations, de
revendications. En fait, la jeunesse,
elle est passée à autre chose. Elle a zappé le mainstream.
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