Trial of Ex-Military and Business Leaders
Depuis fin mars deux mille vingt-six se tient un procès à la cour d'assise
spéciale
de Paris contre des ex-militaires, des policiers et des chefs
d'entreprise. Accusés d'assassinat, de tentative de meurtre et de passage à
tabac,
vingt-deux personnes sont mises en cause pour des activités criminelles sur fond
de services secrets. Les faits se situent entre deux mille
douze et deux mille
vingt et les accusés sont notamment soupçonnés d'avoir assassiné le pilote
automobile Laurent Pasquali. Revenons sur ce puzzle complexe
entre réseaux franc-maçons et services de renseignement et de sécurité.
Au sommet de cette affaire, deux têtes pensantes.
Daniel Beaulieu, soixante-douze ans, ancien agent de la DCRI,
devenu la Direction générale de la sécurité intérieure ou DGSI,
et Frédéric Vagliò, cinquante-cinq ans, chef d'entreprise.
Les deux hommes se sont rencontrés au sein de la loge maçonnique des
Hauts-de-Seine, athanor, où leur lien fraternel est devenu
commercial et criminel. Vagliò était chargé de décrocher les
contrats. Il travaillait peu selon l'accusation et
reversait un tiers des sommes
perçues à Daniel Beaulieu, chargé de la partie opérationnelle.
Les contrats étaient adressés à de riches clients de l'officine athanor sous
l'apparence de prestations de services tout à fait légales.
Mais dans les faits, les services proposaient des assassinats,
passages à tabac,
vols, espionnage industriel employant des devis,
facilités de
paiement, relances ou encore déductions de TVA.
Le fonctionnement d'athanor s'apparentait tout de même à celui d'une entreprise
commerciale normalisée dont le premier mobile, selon le ministère public,
était l'argent. Au total, l'officine criminelle a amassé deux cent
dix mille
euros. Beaulieu et Vagliò revendiquaient une
appartenance passée ou
actuelle au service de renseignement, promettant aux exécutants comme aux
clients de l'officine une impunité.
Pour le ministère public, l'officine consistait en une alliance
inattendue et
utilitaire entre policiers, chefs d'entreprise et militaires rattachés
à la
DGSE. L'affaire a été découverte par hasard,
après l'arrestation de
Pierre Bourdin et Karl Hénault, présents au domicile d'une coach en
entreprise en vue de son assassinat, Marie-Hélène Dinny.
Une mission commanditée par l'ancien maître de loge athanor et
ex-président du groupe Linkup Coaching, Jean-Luc Baguer, jugeant la
coach comme sa concurrente alors qu'elle ouvrait des académies de coaching en
France. L'arrestation des deux exécutants de la
loge a ouvert la boîte de Pandore
qui est devenue le procès athanor.
Les deux militaires interpellés ont affirmé avoir été manipulés.
Ils pensaient cibler un agent du Mossad pour le compte de l'État français.
Pour soixante-dix mille euros hors taxes selon l'enquête, Jean-Luc Baguer,
aujourd'hui âgé de soixante-neuf ans, confie la mission d'éliminer sa
concurrente à
un autre frère, Frédéric Vagliò.
Bah, en fait, j'ai d'abord été victime d'une première
agression le vingt-quatre
octobre deux mille dix-neuf en bas de chez moi, à Créteil,
où, euh, ben j'ai été... En fait, je me suis évanouie.
J'ai pris un violent coup sur la tête, je me suis évanouie et ensuite,
quand je me
suis réveillée, je reprenais des coups dans la tête et des
coups dans le ventre.
Voilà. Donc ça, c'était le premier épisode.
Et le deuxième épisode était neuf mois plus tard, jour pour jour, le vingt-quatre
juillet deux mille vingt, où effectivement, là,
je me suis rendue compte de rien.
Je suis juste sortie de chez moi et il y avait des policiers partout.
Et j'ai appris le lendemain que j'avais été victime d'une tentative d'homicide.
Au total, vingt-deux personnes sont accusées,
dont les deux cerveaux de
l'opération, des ex-militaires de la DGSE comme Karl
Hénault et des
anciens policiers. Dix-neuf d'entre eux sont poursuivis pour
leur implication dans
le meurtre du pilote automobile Laurent Pasquali en deux mille dix-huit et de
plusieurs tentatives d'assassinat.
Ils encourent des peines allant de dix-huit mois d'emprisonnement avec sursis
à
trente ans de réclusion criminelle.
La relaxe a été requise pour trois commanditaires présumés de contrats
criminels,
dont Alan et Nancy Marek, riche couple passionné de course
auto, poursuivi pour complicité de meurtre en
bande organisée dans le
dossier de l'assassinat du pilote automobile.
Vagliò avait proposé au couple de les aider à récupérer la dette de cent mille
euros contractée sept ans plus tôt par Laurent Pasquali pour financer sa
carrière. Pierre Bourdin et Karl Hénault encourent
quinze et treize ans de
réclusion criminelle. Trente et vingt-cinq ans de réclusion
criminelle ont
été requis contre Daniel Beaulieu et Frédéric Vagliò.
Une peine de vingt-deux ans a été demandée pour Sébastien Leroy, l'homme de main
qui a admis en garde à vue être l'exécutant de la plupart des agressions,
vols, assassinats et tentatives de meurtre.
Vingt ans de réclusion contre son ancien ami Dylan Billeud,
ex-agent de sécurité de trente-six ans présenté par l'accusation comme l'auteur
du
tir mortel contre Pasquali. Plusieurs exécutants ont nié toute
intention
criminelle, se présentant comme des serviteurs de
l'État, manipulés par
des donneurs d'ordre. Cette affaire embarrassante pour la DGSE a
tout de même mis
en lumière plusieurs manquements qu'elle s'est efforcée de minimiser devant la
cour, renvoyant les militaires à leurs fantasmes
et responsabilités
individuelles. Il faudra attendre le dix-sept juillet
avant le verdict de cette
affaire.
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