Colonial Violence in Post-War Africa

Au début des années cinquante en Afrique subsaharienne, plusieurs partis ont déjà

réuni leurs forces au sein du Rassemblement Démocratique Africain,

un mouvement proche des communistes.

L'un de ses principaux animateurs, le député ivoirien Félix

Houphouët-Boigny, veut abolir la domination coloniale.

Une revendication inacceptable en ces temps de guerre froide.

Paris décide de briser ces rebelles, un peu trop proche de Moscou à son goût.

En Côte d'Ivoire,

l'armée riposte brutalement.

Le vingt-sept janvier mille neuf cent cinquante, Félix

Houphouët-Boigny échappe de peu à l'incarcération.

Le lendemain, le sénateur Victor Biaka Bodah est

retrouvé

décapité en pleine brousse.

Des milliers de sympathisants sont arrêtés.

Des centaines de villages sont détruits.

Une chape de silence s'abat sur ces agissements.

Silence du côté des bourreaux,

mais aussi du côté des victimes.

Seul un film témoigne de ses exactions.

Afrique cinquante, tourné clandestinement par un jeune

cinéaste,

René Vautier, militant du Parti communiste.

Ici le chef de village Sikali Ouattara a été enfumé et abattu d'une balle dans la

nuque, une balle française.

Ici une enfant de sept mois a été tuée, une balle française lui a fait sauter le

crâne.

Ici du sang sur le mur, une femme enceinte est venue mourir,

deux balles françaises

dans le ventre.

Sous cette terre d'Afrique, quatre cadavres, trois hommes,

une femme assassinés en

notre nom à nous, gens de France.

Tu t'étonnes, les cases brûlées, les habitants massacrés, le bétail abattu

pourrissant au soleil. Ce n'est pas l'image officielle de la

colonisation.

Ami, la colonisation, ici comme passion, ici comme partout,

c'est le règne des vautours.

Afrique cinquante est l'un des premiers films anticolonialistes français.

Il sera interdit durant près de quarante ans.

Son auteur sera arrêté, mais le film circule clandestinement

et indigne les militants de gauche.

En métropole, le parti communiste français réclame la

libération des prisonniers

ivoiriens.

Pour ne pas ouvrir un nouveau front en Afrique, le gouvernement affine sa

stratégie.

Un marché est proposé à Houphouët-Boigny.

En échange de l'abandon des charges qui pèsent contre lui et son parti,

Paris impose la rupture avec le parti communiste.

Pour éviter à son pays les foudres des autorités coloniales,

Houphouët-Boigny accepte et rentre dans le rang.

Il deviendra même ministre quelque temps plus tard.

Et la Côte d'Ivoire connaîtra une période de relations privilégiées

avec la métropole.

Pour inaugurer le nouveau port d'Abidjan en Côte d'Ivoire, monsieur Fourcade,

président de l'Assemblée de l'Union française, monsieur Mitterrand,

ministre de la

France d'outre-mer, s'étaient spécialement déplacés.

Le port d'Abidjan va permettre en effet de donner à la Côte d'Ivoire un nouveau

développement.

La France est parvenue à ses fins en Afrique.

Mais après Madagascar, puis la Côte d'Ivoire.

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