Discussion on Violence and Protest
Par exemple, ça suffit de dire, ça suffit de dire il y a une violence
institutionnelle qui justifie la violence physique.
Mais vous la dénoncez la violence institutionnelle du coup.
Mais là, il y a une violence physique qui est une
violence physique, que y a, y a
un quartier qui est saccagé.
Vous parlez des centaines d'éborgnés de gilets jaunes, c'est ça ?
Vous parlez de cette violence-là ?
Vous parlez des, des centaines de morts au travail depuis
des années à cause du
libéralisme.
Mais vous subissez quoi madame ?
C'est le reflet de la violence de l'État et du néolibéralisme.
Ça, c'est le reflet.
Y a des immeubles privés qui ont été brûlés.
Vous vous rendez compte ce que c'est ?
Mais c'est la propriété privée, c'est pas grave.
C'est pas grave ? Moi, j'étais avec mon, moi, j'étais avec mon nourrisson.
On était avec mon nourrisson
dans un appartement où on a été encerclé parce qu'on nous disait qu'ils allaient me
violer parce que j'étais une sale bourgeoise,
parce que je les empêchais de piller
le petit commerce d'en bas. Franchement, le niveau de violence-
C'est un dommage collatéral.
Ah génial !
Les milit-, le militantisme pacifiste ne marche pas.
Nelson Mandela, il a appelé à prendre les armes à un
moment donné, parce que
l'apartheid, de manière pacifiste, ça n'aura jamais pu être tu,
on est d'accord.
Je vous remercie de clarifier.
Vous n'êtes pas pacifiste.
Non mais, non, mais, non, non, mais attendez. Moi,
j'ai rien fait à la police.
Moi, j'ai rien fait à la police. Hier, j'étais barricadée.
Hier, j'étais barricadée avec mon nourrisson,
avec des mecs qui menaçaient de me
violer. Donc c'est très clair. Mais en fait,
je ne justifie cette violence.
Si, un petit peu, parce que vous dites qu'il n'y a pas de
révolution sans violence.
Voilà où on en est madame. Vous venez là pour nous gueuler,
pour débarrasser.
Moi, je veux juste dire. Moi franchement, j'étais la première, j'étais première...
C'est pas, c'est pas quelque chose de neuf-
De me menacer de me violer, je vois pas comment c'est un geste
politique.
En fait, ce que je dis, c'est qu'en début, en début de manifestation, c'était
pacifiste, c'était calme. Il y avait beaucoup d'appels à la
révolution, mais pas
d'appel à la décapitation.
La révolution, ce n'est pas calme, ce n'est pas dans le calme.
D'accord, donc vous assumez les violences.
Mais je suis pour la révolution, évidemment.
Ah oui, vous assumez les violences, merci de clarifier.
Mais oui.
Merci de clarifier.
Mais oui, mais saccager BNP Paribas, c'est normal, c'est la source de nos
problèmes.
Il y a des petits commerçants qui ne s'en remettra pas.
C'est un dommage collatéral.
Ah d'accord.
C'est un dommage collatéral.
Vous êtes pour saccager les petits commerces et menacer les femmes de viol.
Et donc-
Oui,
merci d'avoir clarifié.
Je fais juste un parallèle.
C'est la réalité claire, en fait.
Mai 68, mai 68, c'était dans le calme ?
Vous vivez dans un monde...
J'ai une question.
Mais ça a amené quoi mai 68 ? Y a été réélu De Gaulle.
Ça a amené quoi mai 68 ?
Euh, le droit de vote, le droit de vote des femmes.
Vous avez le droit de vote, il me semble.
Les suffragettes, elles ont causé des
morts. Les
suffragettes, elles causent des morts.
Mais en fait, je croyais que le droit de vote des
femmes, c'était pas 68.
Mais qu'est-ce que ça a apporté 68 ?
Vous donnez le droit de
vote. En fait, ce que vous appelez le droit de vote.
C'est que les extrêmes vont être élus.
Moi, je pense que c'est l'extrême droite qui va
passer et que du coup, il y aura ce
chaos régulièrement dans la rue. Et c'est ça votre projet politique. Merci.
Non, le projet politique, c'est-
Vous êtes minoritaire.
Les gens qui sa-, qui valident la violence comme ce que vous
venez de faire et ce
que vous venez d'assumer, ils n'empêchent que tous les mouvements de
révolte qui
ont amené à des changements sociaux progressistes.
Vous pouvez finir ma phrase ?
Il y a les mecs qui pillaient chez moi, ils s'en foutaient du mouvement.
Je leur ai dit qu'ils détruisaient le mouvement.
Moi, j'étais, moi, j'étais plutôt, j'étais des progressistes.
Je peux finir ma phrase ?
Mais ben non. Mais non.
Ah bon ?
Vous m'écoutez pas. Écoutez-moi.
Si, je vous écoute.
Les mecs hier qui pillaient et à qui on disait, vous desservez le mouvement, ils
s'en foutaient. Ils s'en foutaient. Ils sont pas de votre côté en fait.
Vous vous rendez pas compte, ils étaient là pour le chaos,
ils étaient déguisés.
C'est pas grave.
Ok, je vous remercie. Je vous remercie d'avoir clarifié votre
position.
Ben oui.
Moi, je trouve que c'est hyper grave.
Mon bébé, il est là, c'était lui qui était menacé.
Mais je comprends que vous avez dit que mon nourrisson menacé, c'était, c'était un
dommage.
C'est pas ça que j'ai dit.
Vous avez dit que c'était un dommage collatéral.
Mais vous, vous êtes pour la révolution. Merci de clarifier.
Être révolutionnaire, c'est comprendre.
La violence, en fait. C'est trop facile d'arriver de dire :
il y a une violence qui
vaut, une violence qui vaut pas. Non, y a, faut condamner toutes les violences.
Ce que vous faites, c'est très dangereux.
La question que je pose, c'est à votre avis pourquoi on en est
arrivé là ?
Pourquoi on en est arrivé justement à ce niveau-là ?
Pourquoi il y a des milliers de personnes qui sont à tout péter dans la rue.
Moi, je suis ravie d'essayer de répondre à la
question avec vous.
Mais en tout cas, je ne justifie pas.
Mais je, mais moi, je suis-
Vous me l'a rappelé tout à l'heure.
Mais moi, je suis pas là pour ça. Je suis juste en train d'expliquer mon
vécu,
parce que c'est hyper grave ce qu'on a vécu hier.
Il ne faut pas minimiser la vraie violence qu'on a vécue, les quartiers qui sont
saccagés, les petits commerçants qui s'en remettront
pas
et les gens qui sont, qui se sont barricadés chez eux qui
avaient peur parce que
les gens sont rentrés dans les immeubles.
Vous vous rendez compte du niveau de violence ?
Oui, j'entends. Et je vous pose une question :
à votre avis, pourquoi on en est
arrivé là ?
En fait, je m'en fous. Moi, je veux juste pas avoir un-
Mais c'est la base de-- qu'on comprenne pourquoi on en est arrivé
là.
Parce que je pense qu'au début de la manif, il y avait beaucoup d'appels à la
révolution.
C'est pas ça. Je vous pose la question.
En fin de manif, les mecs qui ont fait-
C'est pas ça. Ce n'est pas ma question.
Mais quand même.
Ma question, c'est : pourquoi on en est arrivé là, selon vous ?
Moi, moi je ne justifie pas la violence.
Oui, moi j'allais dire-
Mais j'entends.
Est-ce qu'on peut revenir à cette question de base ?
Pourquoi on en est arrivé là, encore une fois ?
End of transcript · 1,171 words