Debate on Education and Civil Disobedience
Vous n'avez rien de légitime dans ce mouvement.
Vos revendications, elles n'ont aucun sens et vous avez volé
la parole
de ceux qui sont vraiment dans le besoin.
Alors premièrement, j'aimerais m'excuser.
J'espère que vous comprenez cette passion que j'ai en moi.
C'est une lutte que je porte et à partir du moment où j'entends, c'est vrai,
Louise, toi, dire qu'il faut un retour à l'ordre,
qu'il faut
respecter l'éducation. J'ai un problème avec ça parce que
finalement,
l'éducation nationale elle-même nous donne à lire un certain nombre de livres qui
nous appellent justement à la désobéissance civile.
Bah, il est là le problème. Vous vous êtes cité tout seul,
j'ai pas besoin de le
faire.
Oui, euh tu m'as dit qu'il fallait pas couper.
Je demande à ce que tu coupes pas non plus.
Ma vision de l'éducation, c'est celle de la liberté.
La liberté, c'est aussi dire à tous ceux qui nous
écoutent ici que les élèves
ont la possibilité de devenir des adultes à l'instant même où ils
veulent le devenir. S'ils veulent devenir des adultes,
alors qu'ils lisent comme on
ne leur a demandé de lire des livres, c'est-à-dire Victor Hugo, La Boétie,
Camus, qu'ils leur apprennent justement à
s'émanciper de ce pouvoir-là qui est en
train d'être mis en place par notre gouvernement.
Mais tu as le droit de ne pas être solidaire et d'être égoïste comme tu
sembles
l'être ici maintenant. Je te dis seulement que
nous considérons que parce que nous sommes privilégiés, nous avons la
possibilité de dire que ces gens-là ont besoin d'aide.
Les policiers, ce sont des adversaires, je le dis, je n'ai pas peur de le
dire.
Des adversaires.
Pour moi, ce sont des adversaires dans ce genre de
conditions, en effet.
Et on reviendra d'ailleurs sur les chiffres de l'IGPN qui sont déplorables.
Mais maintenant, il faut aussi rappeler que ces gens-là qui
se font nasser en
manifestation, ces gamins-là qui n'ont absolument rien à
voir avec la violence et
qui sont pris à partie par des collègues policiers de monsieur derrière.
Je considère que c'est une violence et que par conséquent, ces gens-là ne sont pas
là pour nous protéger. Quand il y a une manifestation et qu'elle
se passe
pacifiquement, nous, à Jacques Decour, on a fait un blocus euh jeudi,
ça s'est passé extrêmement bien. Zéro média sur place. Zéro.
Par contre, quand ça a commencé à gazer, quand il y a eu cette véritable image,
incroyable cette image, où on a nos profs qui ont fait une ligne
humaine pour nous
pro-... Oui, vous pouvez lever les yeux en l'air,
mais vous, jamais, vous ne serez
en face parce que vous avez peur. Mais je vais vous dire une autre chose,
c'est-à-dire que ces profs-là qui sont allés devant, ils se sont fait gazer.
Ce sont ces mêmes profs-là que vous défendez au quotidien, à qui vous demandez
finalement de l'ordre. Mais si ces gens-là se font gazer,
qui va nous protéger,
nous ? Qui sont ici pour notre éducation, finalement ?
Parce que c'est leur rôle. On leur doit le respect.
Et là où je pense être d'accord avec toi, c'est que ces gens-là sont là pour notre
apprentissage et qu'ils sont là et qu'il faut les respecter.
Alors leur position aujourd'hui face à la police, ça a été d'être les victimes
justement de cette violence.
Sortez.
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