Commemoration of Thomas Sankara's Assassination
Le 15 octobre 1987, le Burkina
Faso perdait Thomas Sankara et douze de ses compagnons
dans des circonstances tragiques.
Mais peut-on tuer une idée par les armes ?
Est-il possible d'enterrer une révolution avec ses martyrs
? Certainement non, car comme le disait Thomas Sankara :
« Le sang des révolutionnaires fertilise le sol de la révolution.
» Il est des dates qui ne passent pas.
Elles s'inscrivent dans la mémoire des peuples comme des blessures
ouvertes, mais aussi comme des appels à la
conscience.
Le jeudi 15 octobre 1987
est de celles-là. Ce jour-là, au Conseil de l'Entente
à Ouagadougou, servant alors de QG du
Conseil national de la Révolution, CNR, le
capitaine Thomas Sankara, président du Faso, était
assassiné avec douze de ses compagnons lors du coup d'État
qui porta au pouvoir Blaise Compaoré, son meilleur
ami. Une tragédie qui allait brutalement
interrompre
l'expérience révolutionnaire fondée sur la
dignité, la souveraineté, la justice sociale et le
refus de la dépendance. Mais derrière les coups de feu, une
question demeure près de quatre décennies plus tard :
comment la révolution libératrice du peuple
peut-elle être fauchée par ceux qui évoluent dans ses propres
rangs ? C'est précisément cette question lourde
d'histoire et
d'enseignement qui résonne fortement dans le discours
du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré.
Lui, par le Premier ministre Ritamba
Jean-Emmanuel
Ouédraogo, lors de la cérémonie d'hommage aux
martyrs,
jeudi dernier, 15 octobre 2026.
Thomas Sankara n'est pas tombé
sous les coups de l'ennemi qu'il combattait à visage
découvert.
Il est tombé sous les coups de ceux qui partageaient sa table,
son uniforme et son serment.
Le message est sans détour. Thomas Sankara
n'est pas tombé sous les coups de l'ennemi qu'il combattait pour la
prospérité du Burkina Faso, mais sous les
balles de ceux qui étaient des siens, eux-mêmes payés et
utilisés par l'ennemi impérialiste.
Voilà la tragédie africaine dans toute sa profondeur.
Certes, l'ennemi extérieur menace la révolution,
mais la trahison intérieure la frappe au cœur.
Et lorsque la confiance se transforme en arme, lorsque
les ambitions personnelles prennent le dessus sur l'idéal
collectif, les plus grandes espérances s'effondrent
de l'intérieur.
D'où cet avertissement qui traverse le discours
présidentiel.
Un révolutionnaire qui sème la division parmi les siens travaille,
qu'il le veuille ou non, pour l'adversaire.
Il est temps que ceux qui travaillent à nous diviser comprennent que le
Burkina Faso de 2026 n'est pas celui de
1987.
La formule qui sonne comme une mise en garde, mais
surtout comme une exigence de responsabilité, car
aucune révolution ne peut durablement avancer si ses
acteurs se combattent entre eux au lieu de se-
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