Hashim Thaçi Sentenced for War Crimes
Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
Vincent, vingt-cinq ans de prison hier pour Hashim
Thaçi, l'ancien chef de la
guérilla du Kosovo, devenu premier ministre puis président du
pays.
Il a été condamné à La Haye hier par un tribunal spécial pour crimes de guerre,
arrestations illégales, tortures, meurtres, traitements cruels
à l'époque où il dirigeait la guérilla.
Et oui, il va falloir rectifier les livres
d'histoire.
Le héros national était un voyou. Il vaut mieux oublier les
journaux parisiens qui dépeignaient le chef de l'UÇK en résistant,
l'incarnation virile du camp du bien, aux prises avec l'armée de
Milošević. Le Jean Moulin des Balkans a été condamné
hier pour le
meurtre de quatre-vingt-seize opposants politiques, des Serbes, des Roms et des
Kosovars, des rivaux ou des pacifistes traités comme
des
traîtres, coupables aussi de l'enlèvement de trois
cent quatre-vingt-cinq
civils, dont les trois quarts ont été sauvagement
torturés.
Et vingt-cinq ans de prison, ce n'est pas cher payé,
surtout si on regarde
les annexes. On y trouve les noms de cinq cents
disparus.
La preuve que du fond de sa cellule, Hashim Thaçi a cherché à faire taire les
témoins, sans oublier tout ce que les enquêtes
précédentes avaient révélé.
Alors là, vous voulez parler du trafic d'organes,
Vincent.
Oui, c'est le rapport au Conseil de l'Europe de
Dick Marty, un conseiller
d'État suisse. En 2010, il mettait
directement en cause Hashim Thaçi, qui était le chef d'un groupe de l'UÇK,
celui de la Drenica, auteur de ce crime épouvantable.
Plusieurs centaines de prisonniers emmenés en Albanie et
dépecés pour être vendus en pièces détachées, la cornée, le
cœur, les poumons, les reins. On peine à y croire,
mais il y a eu un procès à
Pristina et des lampistes ont été condamnés.
Les juges au Kosovo n'avaient pas osé remonter jusqu'au chef
de l'État. Pas de preuves non plus pour les armes
vendues en Europe, le
trafic d'héroïne, pour la liquidation des rivaux et pour la
corruption.
À La-- À La Haye, Hashim Thaçi était jugé avec ses
principaux lieutenants,
Vincent, pour les seuls crimes menés en-- commis en quatre-vingt-dix-huit,
quatre-vingt-dix-neuf,
dans l'immédiate après-guerre.
Oui, il aura donc fallu presque trente ans pour
que la réalité apparaisse en pleine
lumière. Et on peut trouver que c'est bien long,
surtout qu'il a fallu supporter
pendant toutes ces années les dénégations indignées des bien-pensants.
On n'aura pas la cruauté de rappeler ici la dévotion que
Bernard Kouchner, haut représentant de l'ONU au Kosovo,
portait à Hashim
Thaçi. On a juste honte quand on se souvient que
Thaçi
était au premier rang en 2018, place de
l'Étoile, pour célébrer le centenaire du 11
novembre, pile
sur les photos entre Emmanuel Macron et Angela Merkel, alors que
le président de la Serbie, notre meilleur allié en
14-18, était relégué dans une tribune secondaire.
Les seuls témoins de la défense à La Haye étaient des officiels américains et
britanniques, Vincent.
Mais ils soutiennent l'homme qu'ils ont mis au pouvoir.
Plusieurs d'entre eux mériteraient d'être dans le box, car le plus grand crime
de la guerre au Kosovo, c'est l'OTAN qui l'a commis.
D'abord en attaquant la Serbie qui ne l'agressait pas, au mépris de sa charte et
sans mandat de l'ONU. Soixante-dix-huit jours de bombardements
pour appuyer
les hommes d'Hashim Thaçi, pour ensuite retailler la
Yougoslavie en créant un mini-État, un protectorat américain.
C'est la première fois qu'on rectifiait les frontières en Europe depuis la guerre
mondiale. Cela a donné aux Russes un alibi pour
faire la même
chose en s'attaquant hier à la Géorgie et aujourd'hui à l'Ukraine.
Signature Europe un, ainsi va le monde, Vincent Hervouet.
Merci Vincent. Il est-
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