Student Protest for Educational Resources
Bon alors les revendications, elles sont très simples.
Donc ici, on est à Jacques Decour, euh, donc on manifeste par solidarité
avant toute chose avec tous ces élèves qui, dans la périphérie parisienne, en
banlieue notamment, n'ont pas assez de moyens pour pouvoir se
réchauffer en
hiver et pour ne pas avoir chaud en été et qui n'ont pas non plus assez de moyens
lorsqu'il s'agit des projecteurs, par exemple des tableaux.
Ils ne peuvent pas faire cours normalement finalement, alors même qu'ils sont des
élèves comme nous ici. Euh, nous avons d'autres revendications quant à
notre lycée
que vous voyez en état de ruine totale hein.
C'est-à-dire que l'isolation des toits n'est pas présente.
Donc en été, on se retrouve dans de véritables
bouilloires thermiques.
Sous euh, on est à combien ? On est sur trente-cinq degrés.
Trente-cinq degrés sur les... Sachant que dites-vous que sur ce
lycée-là, la
plupart des gros examens sont faits, euh, sous les toits des lycées parce que
c'est les salles où les tables sont séparées.
Donc ça veut dire qu'en plein examen, vous souffrez de la chaleur comme pas
possible.
Ah oui ?
Oui, oui.
Et en hiver.
Et en hiver, ben, vous avez certains chauffages qui marchent
tout simplement pas.
Donc nos revendications dans le global, c'est plus de moyens pour l'éducation.
On est le futur de ce pays. Ces gens-là se disent être des patriotes.
Alors s'ils sont patriotes, qu'ils aiment la France jusqu'au bout,
jusqu'à son
avenir et donc dans ce cas-là, qu'ils forment la jeunesse.
Parce que finalement, c'est nous la France, c'est nous l'avenir.
Voilà, voilà.
Depuis combien de temps, vous faites le blocage, là ?
Il y en a qui sont là depuis six heures, six heures et demie.
Moi, je suis arrivé vers sept heures.
Vous avez des camarades qui ont commencé à installer des poubelles.
Euh, là, je pense qu'on a terminé le blocage.
Là, maintenant, on va justement faire corps.
On va être là avec les slogans.
Il y a un peu de musique comme ça, ça ambiance un peu et puis euh,
puis voilà,
finalement, oui.
Okay. Mais alors là, je suis obligé de vous poser la question.
Oui.
Les Français sont choqués en fait par les blocages.
Oui.
Parce que les images qu'on voit sur les réseaux sociaux, c'est pas celles-ci.
C'est des blo-- C'est des images quand même qui sont assez
violentes vis-à-vis des
forces de l'ordre, etc. Vous, quelle est votre position ?
Alors ma position, elle est très simple.
Je trouve décevant le rôle des médias aujourd'hui dans cette forme de
visualisation incorrecte du blocus.
Nous ne sommes pas ici en train de brûler des poubelles, vous voyez ?
Non, c'est vrai.
Et c'est-à-dire que là, le blocus, on espère qu'il va durer le plus longtemps
possible. Et nous avons prévenu la police qui est
venue nous voir tout à l'heure.
Euh, on leur a, on leur a dit qu'ils pouvaient compter sur
nous pour éviter toute
forme de violence. Nous sommes un mouvement pacifiste.
Et comme le mouvement est pacifiste et qu'il s'applique pour tous les lycées de
Paris, nous espérons que nos confrères, nos camarades feront de même.
Alors, je n'exclus pas qu'il y ait des violences.
C'est un fait, moi-même, je les ai vues.
Mais encore une fois, ce que je reproche aux médias,
c'est que la seule chose
qu'ils aient à dire aujourd'hui sur ce genre de blocus, c'est qu'il y a des
violences et pas des revendications.
Aujourd'hui, il faut que les médias montrent les
revendications des élèves au lieu
de montrer ces gens-là qui brûlent et qui cassent.
Ces gens-là ne représentent en aucun cas la majorité.
C'est ce que nous, nous avons à dire.
Okay. Vous êtes d'accord ?
Et les, les Français n'ont pas, les Français n'ont donc par conséquent pas
à être
choqués. C'est-à-dire que j'ai entendu tout et
n'importe quoi à longueur de journée
hier soir, entre Marine Le Pen qui a fait son show en
disant LFI contrôle tout et
n'importe quoi. Nous, nous ne sommes pas contrôlés par
Mélenchon.
Nous ne sommes pas non plus contrôlés par ceux qui le suivent.
Nous sommes un mouvement essentiellement composé d'élèves.
Nous sommes donc conscients de notre situation.
On a vu Aymeric Caron quand même ici.
Oui, mais parce qu'il a le droit de venir et
heureusement qu'il vient.
Mais il a une action citoyenne finalement, c'est-à-dire qu'il soutient les élèves
dans leur action au quotidien. Et si vous avez des députés du Parti
socialiste qui veulent se bouger les fesses et qui veulent venir, alors qu'ils
viennent, qu'ils viennent nous donner le soutien.
Et ce n'est pas d'ailleurs normal que seule la France insoumise soit liée à ce
combat-là. Il faut que tous les partis s'unissent
pour les jeunes parce que
encore une fois, et je le redis tout simplement,
ils sont patriotes, donc par
conséquent, ils sont pour un avenir stable de ce pays,
alors, ils se doivent de
changer la situation que nous vivons au quotidien.
Okay, on m'a dit aussi qu'il manquait de profs
dans l'éducation nationale.
Oui, aussi.
Est-ce que c'est le cas ? Concrètement, est-ce que vous avez des cours sans profs
?
Oui, oui, il y a des cours. Euh, c'est, il me semble que c'est euh, c'est, j'ai,
c'est quoi, c'est quarante pour cent des
établissements où il manque au moins un
prof,
il me semble. Euh, d'autant plus que depuis la loi Lecornu,
vous avez en
effet des professeurs qui ont été limogés. Ça aussi, c'est la même chose.
Nous, nous nous plaignons beaucoup pour nous,
mais nous ne nous plaignons pas assez
pour ces professeurs qui sont submergés par le travail.
Et nous aussi, on a une revendication pour ces
professeurs-là qui ont besoin de
notre aide. Et nous sommes ici aussi pour eux.
On m'a parlé de l'infirmerie aussi dans ce, dans ce lycée.
Oui, l'infirmerie. Alors, ben, je vais la citer parce qu'elle a besoin
qu'on la
cite. Elle s'appelle Sylvia. Elle est euh, alors, il me semble qu'il y a une autre
infirmière depuis cette année, mais c'est vrai que ça fait un certain
temps qu'elle
travaille toute seule. Et du coup, en fait,
elle est tout le temps en train de
courir à travers les classes. Parfois, elle est pas là.
Donc, en fait, les élèves qui ont mal au ventre,
les élèves qui se sentent pas
bien, ben, ils se retrouvent face à une infirmerie
qui est fermée parce que Sylvia
n'est pas là. Mais on peut pas lui reprocher ça.
Sylvia, c'est une battante, c'est une héroïne pour nous.
On l'adore tous.
C'est quelqu'un de très gen-
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